> Sri-Lanka : la tragédie humaine
L’évêque de Jaffna, Mgr Thomas Savundaranayagam, dénonce la
tragédie que vivent les populations civiles victimes de la guerre
civile « terminée » dans le sang le 18 mai
dernier.
Le sort des civils touchés par la guerre a été évoqué par l’évêque
dans un entretien avec l’association internationale Aide à l’Eglise
en détresse (AED), ce dernier rappelant qu’un prêtre, le père
Mariampillai Sarathjeevan, est mort d’épuisement le dernier jour
des combats, pour ne pas avoir voulu abandonner ses fidèles pris au
piège dans la zone de conflit.
Mgr Savundaranayagam, qui s’est rendu dans la zone de conflit
en janvier dernier pour apporter des secours, affirme que la
bataille finale a fait 20.000 morts et 40.000 blessés.
Il critique le président du Sri Lanka, Mahinde Rajapakse, d’avoir
déclenché un assaut final qui a « porté tant de
souffrance ».
« Le plus terrible c’est que les Tigres tamouls ont utilisé
les civils comme boucliers humains », déplore l’évêque.
« Je les ai priés d’autoriser les civils à aller dans un
endroit sûr, dans une zone contrôlée par le gouvernement, mais ils
ne m’ont pas écouté ». Actuellement on compte plus de 200.000
réfugiés, et 18 paroisses à Kilinochy et Mullaitivu sont
« entièrement détruites », a fait savoir Mgr
Savundaranayagam.
« J’ai vu les paroisses tomber l’une après l’autre,
ajoute-t-il. Pour le moment je n’y ai pas accès ».
« Quelques uns de mes prêtres sont restés avec les civils
jusqu’à la fin et ont été sauvés par l’armée. Ils se trouvent
encore dans les camps de réfugiés ».
Ces prêtres, conclut-il, organisent la messe le dimanche dans les
camps, visitent les familles et fournissent de la nourriture
à la population anéantie par les affrontements.
L’AED vient d’envoyer une aide d’urgence, qui sera distribuée par
les prêtres. Des produits alimentaires de première nécessité,
médicaments, vêtements pour enfant, eau en bouteille ont été
envoyés en urgence pour faire face à la crise humanitaire que
traverse le pays.







