> « Le peuple irakien a soif de paix »
Les Irakiens « ne sont plus disposés à mourir, ils
souhaitent la paix et la réconciliation » a affirmé Mgr Louis
Sako, archevêque de Kirkuk, alors que débute le retrait des troupes
américaines des villes irakiennes, 6 ans après le début de ce conflit qui a
provoqué la chute de Saddam Hussein.
Malgré l’« espoir » de voir l’Irak « uni et en
paix », Mgr Sako se dit préoccupé de ne pas avoir « la
certitude d’un avenir sans tensions et sans affrontements »,
selon L’Osservatore Romano daté du 3 juillet.
Notre pays ne connaît pas la démocratie
« Musulmans et chrétiens, nous devrons continuer à dialoguer
et à nous respecter avec un objectif unique : la reconstruction
d’un pays qui, ces dernières années, a été contraint d’assister à
toute forme de violence », a-t-il affirmé. « Le retrait
des troupes américaines, s’il est fait graduellement, ne devrait
pas provoquer d’énormes problèmes dans le pays ».
« Le peuple irakien a soif de paix et un désir de
sérénité », a poursuivi Mgr Sako. « Les gens ne sont plus
disposés à mourir alors qu’ils font leurs courses au marché ou se
promènent le long des routes de la ville ou participent à une
célébration liturgique ».
Pour l’archevêque irakien, « les médias internationaux parlent
de parcourir la route de la démocratie en Irak, mais notre pays ne
connait pas la démocratie, notamment parce qu’il ne l’a jamais
eu ». « Ce n’est qu’avec l’aide de la communauté
internationale que le pays pourra acquérir les fondements et les
notions pour atteindre la démocratie », a-t-il
expliqué.
Fragmentations ethniques et religieuses
Le prélat a souligné combien « la population attend la
réconciliation entre les factions politiques, la stabilité, la
reconstruction, des projets et des infrastructures et le retour des
réfugiés ».
Il s’est aussi exprimé sur le sort des « milliers de
chrétiens » qui « ont trouvé refuge dans des pays proches
comme la Syrie, le Liban et la Jordanie ». « Il est vrai
que beaucoup se sont adaptés et ont aussi trouvé un travail, mais
ils se sentent presque étrangers et leur seul objectif est celui de
revenir vivre dans leur Irak bien aimé ». « Les chrétiens
en Irak ont une histoire millénaire qui ne peut être effacée ou
éliminée à cause d’affrontements ethniques ou religieux »,
a-t-il insisté.
Mgr Sako a aussi souhaité que les forces de sécurité prennent au
plus tôt la situation en main et garantissent la paix dans le pays
: « Nombreux sont ceux qui cherchent à faire obstacle au
processus de paix en Irak parce qu’ils ne le souhaitent pas ».
Mais « il est naturel que notre désir soit de voir un Irak qui
se gouverne lui-même avec ses forces politiques, militaires et
économiques au détriment des divisions internes ». « Les
fragmentations ethniques et religieuses ne doivent pas avoir le
dessus sur le processus de paix », a ajouté l’archevêque
irakien. « La communauté chrétienne, en particulier, doit être
un exemple pour les autres et collaborer à la reconstruction du
pays, sous le signe de l’unité et du respect réciproque ».







