> Pakistan : mobilisation des Eglises
Les Eglises du Pakistan annoncent une journée de manifestation
le 11 août pour protester contre les attaques meurtrières qui ont
récemment visé des chrétiens dans la
province du Penjab, et contre les menaces faites à l´encontre de
leurs membres dans ce pays à majorité musulmane.
“Nous devons élever la voix dès maintenant”, a déclaré Victor
Azariah, secrétaire général du Conseil national des Eglises du
Pakistan, cité par l´Agence oecuménique ENI.
Cette “Journée des minorités” du 11 août date marque l´anniversaire
d´un discours prononcé en 1947 par le fondateur du pays, Muhammad
Ali Jinnah, qui souhaitait un gouvernement impartial, la liberté
religieuse, l´Etat de droit et la liberté pour tous.
Plus de 75 responsables et représentants d´Eglise du Pakistan, y
compris de l´Eglise catholique, ont assisté à une réunion le 4
août, convoquée par le Conseil chrétien, qui a décidé d´observer
une journée de protestation.
Cette décision intervient à la suite à la mort d´au moins sept
chrétiens dans la ville de Gojra, dans le centre du Penjab, au
cours d´une attaque lancée par une foule constituée de
musulmans.
Le Premier ministre pakistanais Yousuf Raza Gilani s´est rendu le 6
août dans la ville et s´est engagé à traduire devant la justice les
auteurs des attaques. “Les chrétiens sont des citoyens égaux du
Pakistan et l´Etat a la responsabilité de les protéger”, a-t-il
déclaré, selon la Deutsche Presse-Agentur citée par ENI.
Les attaques ont été unanimement condamnées par les leaders
chrétiens du monde entier. “De tels agissements ne sont pas
l´oeuvre d´authentiques musulmans. Il s´agit d´un abus de la vraie
foi et d´une atteinte à sa réputation, ainsi que d´un outrage à
l´humanité commune. Ces actes méritent une condamnation sans
détour”, a déclaré l´archevêque de Cantorbéry Rowan Williams,
leader spirituel de la Communion anglicane mondiale.
Auparavant, le pape Benoît XVI avait condamné les attaques
meurtrières, les qualifiant d´”actes gratuits” de violence.
Le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du Conseil oecuménique
des Eglises, a quant à lui déclaré que “le carnage de Gojra
confirme une nouvelle fois la crainte que le gouvernement échoue
constamment dans sa mission de protection des citoyens, qui sont
fréquemment confrontés à des attaques de groupes islamistes
militants”. (apic)





