> RDC : soutenir la culture de vie
La population touchée par les combats dans l’est de la
République démocratique du Congo a besoin que l’on favorise le
respect de la vie humaine et l’instruction. Elle a aussi besoin de soutien pour favoriser
l’estime de soi, l’accompagnement et l’espérance.
C’est ce qu’a affirmé la responsable de la section africaine de
l’Aide à l’Eglise en Détresse, Christine du Coudray, rappelant que
dans la région, seule l’Eglise offre une aide engagée dans une
authentique « culture de vie ».
« Beaucoup d’ONG croient aider les femmes en leur offrant
l’avortement, la pilule du lendemain et des contraceptifs
artificiels, mais les Africains considèrent cela comme des choses
étrangères », a-t-elle déclaré.
« Pour eux, ce n’est pas une culture de vie mais une culture
de mort », a-t-elle ajouté.
Selon l’AED, la dignité humaine a été méprisée pendant des dizaines
d’années dans l’est de la République démocratique du Congo. C’est
pourquoi il faut aujourd’hui « aider les gens à trouver un
remède pour leur âme et à récupérer le sens de l’estime de soi et
de la dignité intérieure ».
Les rebelles ont cherché à détruire le peuple non seulement
physiquement mais aussi en dévastant son âme. Des dizaines de
femmes ont été violées, certaines devant leurs maris et leurs
enfants ; de nombreuses jeunes filles ont été séquestrées et
transformées en esclaves sexuelles, les enfants ont été utilisés
comme soldats dans les forêts…
« Quand des femmes, des hommes et des enfants ont été victimes
de ces horreurs inimaginables, la guérison de la personne est
nécessaire », reconnaît l’AED. « Les familles
traumatisées ont besoin d’être soutenues et aidées pour pouvoir
construire ensemble un avenir meilleur, avec plus de paix et plus
d’amour ».
Une organisation travaille dans cet objectif : la Fédération
africaine d’Action familiale, où des médecins, des théologiens, des
prêtres et des responsables de la pastorale des laïcs oeuvrent pour
construire des familles saines et pour la défense de la vie
humaine.
Ils s’efforcent d’offrir des solutions pour rappeler l’importance
de la vie et de la famille, qui reflètent une perspective
culturelle africaine et évitent des modèles occidentaux que
beaucoup d’Africains considèrent comme propre à une « culture
de mort ».
Un des programmes de la Fédération est porté par l’archidiocèse de
Bukavu pour aider les familles à vivre ensemble dans l’amour, à
améliorer l’assistance médicale, surtout des femmes enceintes et à
fournir un soutien spirituel.
Les ordres religieux aident les victimes de la violence au Congo,
mettant aussi en danger leur vie, comme l’explique la supérieure
des sœurs ursulines, sœur Espérance Hamuli.
« Nous souhaitons délivrer les jeunes qui risquent de
disparaître et nous voulons crier encore plus fort au nom de ceux
qui n’ont plus de voix - souligne-t-elle, pour que nos populations
puissent savoir qu’il y a une vie au-delà de la
violence ».






