> Pakistan : Cinq autres chrétiens assassinés
Cinq chrétiens ont été tués à coups d’armes à feu dans le centre
ville de Quetta, au Balouchistan, le 28 août. C’est ce qu’a
confirmé Radio Vatican, citant des sources locales. Un nouvel épisode qui arrive après le massacre
du Punjab, où 11 chrétiens sont morts et où plus de 100 maisons ont
été saccagées.
Selon Stefano Vecchia, expert cité par Radio Vatican, « il est
très probable qu’il s’agisse des mêmes extrémistes qui ont déjà
attaqué la ville de Gojra, le 1er août », des personnes
d’« influence talibane ».
« Au Pakistan, de nombreuses sources sont certaines d’un
changement de stratégie des talibans : plus d’attentats suicides
contre des objectifs sensibles - ou parfois aussi contre des
objectifs civils -, mais une stratégie visant à faire grandir les
tensions entre les communautés. Une stratégie qui touche en
particulier les minorités », a expliqué Stefano Vecchia.
Pour lui, la majorité islamique est pacifique, et vit souvent dans
les grandes villes avec les minorités.
Loi anti-blasphème
Pour Stefano Vecchia, au-delà des tensions politiques que le
pays vit actuellement, le problème des chrétiens est la loi
anti-blasphème, qui les transforme souvent en victimes de la
discrimination et en cible facile des personnes violentes : des
délits difficiles à poursuivre.
Les évêques catholiques pakistanais ont récemment exprimé leur
déception après l’absence d’un procès légal contre les attaques
anti-chrétiennes dans la province du Punjab.
S’adressant à l’agence catholique asiatique UCANews, le président
de la conférence épiscopale pakistanaise, Mgr Lawrence J. Saldanha,
archevêque de Lahore, a exprimé sa préoccupation car, « un
mois après le massacre, aucun des accusés n’a été
puni ».
La loi anti-blasphème prévoit la prison à vie ou la peine de mort
en cas d’insultes contre le Coran ou le prophète Mahomet. Le
problème, affirment les évêques, est que l’on abuse souvent de cela
pour des raisons et des intérêts personnels.
Selon certaines données de la Commission nationale Justice et Paix
de la Conférence épiscopale pakistanaise, depuis l’entrée en
vigueur de la loi, 964 personnes ont été jugées dont 479 musulmans,
119 chrétiens, 340 ahmadis (une secte musulmane considérée comme
hérétique) et 14 hindous.
Nombreux ont été ceux qui ont demandé la suppression ou au moins la
révision de la loi. L’Eglise a lancé une campagne de souscription
en ce sens, et on pense que près de 200.000 signatures pourraient
être recueillies. Les chrétiens représentent 1,6% de la population
du Pakistan, qui comprend 160 millions d’habitants. (Zenit,
04/09/09)







