> Le Pape en République Tchèque : analyse
Interview du prieur du couvent des Carmélites de l’Enfant-Jésus
de Prague
L’Enfant-Jésus de Prague est un « espoir » pour un pays
athée comme la République tchèque, a
affirmé le Père Sleich, prieur du couvent des Carmélites de
l’Enfant-Jésus de Prague.
A quelques semaines de la visite de Benoît XVI en République
tchèque, du 26 au 28 septembre, le père carme a répondu à une
interview de l’ Aide à l’Eglise en Détresse » (AED).
Pour son 13e voyage apostolique sur le thème « L’amour du
Christ est notre force », le pape fera étape à Prague, Brno et
Stara Boleslav.
Durant sa première étape à Prague, le 26 septembre, Benoît XVI
visitera l’église Notre-Dame des Victoires et y vénérera
l’Enfant-Jésus. Cette statue, selon le père Sleich, est vénérée par
les croyants du monde entier. On lui attribue aussi de nombreux
miracles.
La République tchèque : un pays athée
Le père carme a évoqué l’Enfant-Jésus de Prague comme un
« espoir » pour ce pays où près de 40% de la population
serait athée. La pratique religieuse dominicale y est parmi la plus
faible au monde. Un peu plus de 39% des 10.270.000 habitants de la
République tchèque sont catholiques.
Mais le père Sleich reste optimiste. « Tout peut très vite
changer, c’est ce que nous avons tous vu de nos yeux, il y a vingt
ans, quand le rideau de fer est tombé ».
« Tous ne sont pas certains qu’il s’agisse de Dieu, mais je ne
dirais pas qu’ils n’ont pas la foi. D’ailleurs, de nombreux
Tchèques qui se qualifient d’incroyants aiment beaucoup l’Enfant
Jésus de Prague », a-t-il ajouté.
Un Christ enfant et roi
« Le cœur humain est sensible à la représentation du Christ
enfant », a expliqué le prieur du couvent des carmélites en
décrivant la statue de ce Christ représenté à la fois comme un
enfant et comme un roi.
Un enfant qui attire les hommes à lui. Et ces hommes qui
« voient Dieu comme un enfant » n’ont donc « aucune
crainte de Lui ». Au contraire, devant cette représentation,
l’homme se rend compte que cet enfant « a besoin de notre
amour, de nos cœurs, de nos mains, de notre aide ».
Mais en même temps, l’Enfant Jésus est représenté comme un roi. Le
globe dans sa main gauche symbolise tout l’univers qui se trouve
sous le signe de la croix et repose dans la main de l’Enfant
Jésus.
Une représentation qui fait directement référence à l’Evangile :
« Après sa naissance, des hommes viennent de loin pour rendre
hommage au roi nouveau-né », a affirmé le père Sleich. Puis à
la fin de sa vie terrestre, lorsque Jésus rentre dans la ville de
Jérusalem, il est proclamé et acclamé roi par la foule et c’est
également en tant que roi qu’il est crucifié » (Jésus de
Nazareth, Roi des Juifs).
Un destin mouvementé au cours des siècles
La statue miraculeuse de l’Enfant Jésus de Prague, que l’on trouve
dans l’église Sainte Marie de la victoire, dans le quartier du
Petit Côté de la capitale tchèque, est visitée chaque année par
près d’un million de pèlerins du monde entier. Le sanctuaire est
dirigé par cinq pères Carmes : deux Tchèques, deux Indiens, et un
Italien.
Le petit Jésus de Prague a eu un destin mouvementé au cours des
siècles : on rapporte que c’est un cadeau qui a été fait par sainte
Thérèse d’Avila à un aristocrate espagnol, puis qu’il est arrivé à
Prague comme cadeau de mariage pour la fille de ce dernier. Il est
vénéré depuis 1628 dans l’église des pères Carmes.
Au cours de la guerre de trente ans, il a été profané par les
soldats protestants saxons qui lui ont coupé les mains et qui ont
jeté la statue sur un tas de ruines derrière l’autel. La statue a
été miraculeusement retrouvée par un père carme du Luxembourg,
avant que la vénération de l’enfant se répande dans le monde
entier.
Sainte Thérèse de Lisieux et sainte Edith Stein ont beaucoup vénéré
l’Enfant Jésus de Prague. Le célèbre poète français Paul Claudel a
consacré un poème connu au gracieux petit Jésus







