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> CHINE : pressions sur le clergé « clandestin » pour le contraindre à rejoindre les « officiels »

22/10/2009

Dans la province du Hebei, trois prêtres « clandestins » du diocèse catholique de Xuanhua ont disparu de la circulation depuis plusieurs mois. Détenus par la police, celle-ci les maintient au secret dans le but, très certainement, de les convaincre de rejoindre les rangs du clergé « officiel ».
Selon les informations de l’agence Ucanews, les trois prêtres en question, les Pères Liu Jianzhong, Zhang Cunhui et Zhong Mingchang, ont été interpellés, respectivement, le 8 juin, le 14 juin et le 16 septembre dernier, par des policiers en civil. Lorsque les proches des prêtres se sont enquis du sort des trois hommes, ils ont trouvé porte close, les autorités niant leur détention et refusant de les aider à les localiser.
Il semble que les trois prêtres aient été « retiré de la circulation » afin de les contraindre à rejoindre les rangs du clergé « officiel ». C’est en tout cas ce qui est arrivé au Père Simon Zhang Jianlin, prêtre « clandestin » du même diocèse de Xuanhua, détenu dans une maison d’hôtes de la police depuis le mois de juillet dernier. Selon des sources catholiques locales, il a subi un « lavage de cerveau » pour le persuader de s’inscrire à l’Association patriotique des catholiques chinois, l’organisation chargée d’appliquer la politique religieuse du gouvernement chinois envers l’Eglise catholique.
Ces mêmes sources indiquent qu’à ce jour, environ la moitié des quelque 40 prêtres « clandestins » du diocèse de Xuanhua ont accepté de faire connaître leur état de prêtre aux autorités pour s’enregistrer auprès d’elles et obtenir ainsi « une carte d’identité sacerdotale ». Ce document leur permet de remplir leur ministère au grand jour, dans le cadre des règlements officiels. Ces prêtres, expliquent encore ces sources, continuent toutefois d’obéir à Mgr Thomas Zhao Kexun, l’évêque « clandestin » du diocèse, qui, à plus de 80 ans, poursuit sa mission dans une réelle clandestinité.
L’avantage dont jouissent les prêtres enregistrés auprès des autorités est que « leur liberté de mouvement est plus grande, notamment pour mener des activités religieuses », mais la contrepartie est qu’ils doivent prendre part à des « sessions d’études politiques » et obtenir la permission des autorités locales pour les activités religieuses qu’ils veulent mettre en place. Ces cartes d’identité sont conjointement émises par les branches provinciales de l’Association patriotique et des Affaires religieuses.

Ayant particulièrement à cœur l’unité de l’Eglise locale, Mgr Zhao Zhendong avait multiplié les gestes visant à rassembler les deux communautés, « clandestine » et « officielle », de son diocèse. Ainsi, en 2000, il avait admis trois prêtres « officiels », formés dans les séminaires « officiels », à travailler sous ses ordres. De la même façon, il avait demandé à ses prêtres de cesser de célébrer l’eucharistie dans des lieux privés, appelant ses diocésains à pratiquer le culte dans les églises enregistrées comme telles par le gouvernement. Ses initiatives en faveur de l’unité de l’Eglise rencontrèrent toutefois un succès mitigé, une partie de ses prêtres et des fidèles estimant que le temps n’était pas encore venu pour une réconciliation pleine et entière. Du côté « officiel », les choses sont compliquées par le fait que le siège épiscopal du diocèse de Zhangjiakou, né d’une fusion en 1980 des diocèses de Xuanhua et de Xiwanzi, est aujourd’hui vacant.
(Source : Eglise d’Asie)

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