> CHINE : pressions sur le clergé « clandestin » pour le contraindre à rejoindre les « officiels »
Dans la province du Hebei, trois prêtres
« clandestins » du diocèse catholique de Xuanhua ont
disparu de la circulation depuis plusieurs mois. Détenus par la
police, celle-ci les maintient au secret dans le but, très
certainement, de les convaincre de rejoindre les rangs du clergé
« officiel ».
Selon les informations de l’agence Ucanews, les trois prêtres en
question, les Pères Liu Jianzhong, Zhang Cunhui et Zhong Mingchang,
ont été interpellés, respectivement, le 8 juin, le 14 juin et le 16
septembre dernier, par des policiers en civil. Lorsque les proches
des prêtres se sont enquis du sort des trois hommes, ils ont trouvé
porte close, les autorités niant leur détention et refusant de les
aider à les localiser.
Il semble que les trois prêtres aient été « retiré de la
circulation » afin de les contraindre à rejoindre les rangs du
clergé « officiel ». C’est en tout cas ce qui est arrivé
au Père Simon Zhang Jianlin, prêtre « clandestin » du
même diocèse de Xuanhua, détenu dans une maison d’hôtes de la
police depuis le mois de juillet dernier. Selon des sources
catholiques locales, il a subi un « lavage de cerveau »
pour le persuader de s’inscrire à l’Association patriotique des
catholiques chinois, l’organisation chargée d’appliquer la
politique religieuse du gouvernement chinois envers l’Eglise
catholique.
Ces mêmes sources indiquent qu’à ce jour, environ la moitié des
quelque 40 prêtres « clandestins » du diocèse de Xuanhua
ont accepté de faire connaître leur état de prêtre aux autorités
pour s’enregistrer auprès d’elles et obtenir ainsi « une carte
d’identité sacerdotale ». Ce document leur permet de remplir
leur ministère au grand jour, dans le cadre des règlements
officiels. Ces prêtres, expliquent encore ces sources, continuent
toutefois d’obéir à Mgr Thomas Zhao Kexun, l’évêque
« clandestin » du diocèse, qui, à plus de 80 ans,
poursuit sa mission dans une réelle clandestinité.
L’avantage dont jouissent les prêtres enregistrés auprès des
autorités est que « leur liberté de mouvement est plus grande,
notamment pour mener des activités religieuses », mais la
contrepartie est qu’ils doivent prendre part à des « sessions
d’études politiques » et obtenir la permission des autorités
locales pour les activités religieuses qu’ils veulent mettre en
place. Ces cartes d’identité sont conjointement émises par les
branches provinciales de l’Association patriotique et des Affaires
religieuses.
Ayant particulièrement à cœur l’unité de l’Eglise locale, Mgr
Zhao Zhendong avait multiplié les gestes visant à rassembler les
deux communautés, « clandestine » et
« officielle », de son diocèse. Ainsi, en 2000, il avait
admis trois prêtres « officiels », formés dans les
séminaires « officiels », à travailler sous ses ordres.
De la même façon, il avait demandé à ses prêtres de cesser de
célébrer l’eucharistie dans des lieux privés, appelant ses
diocésains à pratiquer le culte dans les églises enregistrées comme
telles par le gouvernement. Ses initiatives en faveur de l’unité de
l’Eglise rencontrèrent toutefois un succès mitigé, une partie de
ses prêtres et des fidèles estimant que le temps n’était pas encore
venu pour une réconciliation pleine et entière. Du côté
« officiel », les choses sont compliquées par le fait que
le siège épiscopal du diocèse de Zhangjiakou, né d’une fusion en
1980 des diocèses de Xuanhua et de Xiwanzi, est aujourd’hui
vacant.
(Source : Eglise d’Asie)







