> Malaisie : neuf édifices chrétiens pris pour cible
Lundi 11 janvier, la porte du temple Sidang Injil Borneo, situé
dans l’état de Negri Sembilan, a été incendiée. C’est le
9e lieu de culte faisant l’objet de dégradation ou de
tentative de dégradation depuis le vendredi précédent. A plusieurs reprises déjà, aux alentours de
Kuala Lumpur, des objets incendiaires, principalement des cocktails
Molotov, avaient visés des édifices religieux : l’église catholique
de l’Assomption, à Petaling Jaya, l’Eglise évangélique de la
Brethren Church, la Metro Tabernacle Church, de l’Eglise des
Assemblées de Dieu, l’église All Saint…
La querelle remonte au 30 décembre dernier, date à laquelle la
Haute Cour de Kuala Lumpur a autorisé les non-musulmans à utiliser
le mot « Allah » dans leurs écrits, répondant ainsi à la
demande du journal catholique «The Herald». Pour ce dernier, le mot
« Allah » est en effet celui qui correspond le mieux à la
traduction du mot « Dieu » en malais. Des musulmans en
colère ont aussi piraté des sites internet de différentes Eglises
de Malaisie, les rendant inaccessibles, certains ne laissant
apparaître que les mots : « Allah est réservé aux seuls
musulmans ».
Sur Facebook, un groupe intitulé « les opposants à
l’utilisation du mot « Allah » par les
non-musulmans » a enregistré quelques 119 000 adhésions, alors
que le groupe opposé en comptait environ 11 000 en date du 8
janvier dernier.
Face à l’ampleur des protestations musulmanes, la décision de la
Haute Cour de Kuala Lumpur a été suspendue, dans l’attente d’un
jugement en appel. L’évêque du lieu, Mgr Murphy Pakiam a accepté de
ne pas appliquer la décision du 30 décembre 2009 jusqu’à ce que le
jugement en appel soit prononcé.
La Malaisie compte 27 millions d’habitants dont 60% de musulmans et
10% de chrétien parmi lesquels on dénombre 850 000 catholiques.







