> Nigeria:violences entre chrétiens et musulmans
Les affrontements meurtriers qui se sont produits ces
derniers jours au Nigeria entre chrétiens et musulmans suscitent
“la préoccupation” du Vatican, a affirmé, le 8 mars 2010, le
directeur du Bureau de presse du Saint-Siège. Mais le Père Federico
Lombardi a ajouté que leur interprétation n’était “pas tant de
nature strictement religieuse qu’économique et sociale”.
Ces propos interviennent alors que plus de 500 habitants de
villages chrétiens ont été massacrés au cours d’attaques menées par
des éleveurs musulmans les 2 jours précédents. Mgr Augustine
Kasujja, nommé nonce apostolique au Nigeria le 2 février dernier,
n’a pas encore rejoint le pays, a en outre confié le Père
Lombardi.
La cause des massacres n’est pas religieuse, mais économique et
sociale
Interrogé par Radio Vatican, Mgr John Olorunfemi Onaiyekan, évêque
d’Abuja, a lui aussi voulu minimiser les faits, indiquant qu’”il
s’agit du conflit classique entre bergers et agriculteurs” et que,
dans le cas présent, les premiers sont tous musulmans et les autres
tous chrétiens. Conscient que “la presse internationale est
facilement amenée à dire que les chrétiens et les musulmans
s’entretuent”, le prélat a cependant soutenu que ces massacres
n’avaient pas eu lieu “à cause de la religion, mais comme
revendications sociales, économiques, tribales et
culturelles”.
Mgr Onaiyekan a toutefois vivement regretté que “le gouvernement,
qui devrait garantir la sécurité de tous les citoyens, ne soit pas
en mesure de le faire”. En janvier dernier, près de 300 chrétiens
avaient déjà été tués. Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique
avec plus de 140 millions d’habitants, se situe dans la zone de
transition africaine entre l’islam et le christianisme. Il compte
50 % de musulmans et 40 % de chrétiens, le reste de la population
pratiquant la religion traditionnelle africaine.
(apic/imedia/cp/be)







