Les terroristes frappent encore.
Au moins trois personnes sont mortes – six selon certaines sources – et 26 autres ont été blessées dans plusieurs attaques à Bagdad qui ont eu lieu dans la nuit du 9 au 10 novembre.
Les attaques simultanées visant les chrétiens ont commencé mardi soir dans la capitale irakienne, dans le quartier de Mansour, où trois maisons de chrétiens ont été bombardées. Trois personnes ont alors été blessées.
La violence s’est poursuivie le matin vers 7 h, avec des tirs d’obus de mortier dans Dora (sud de la capitale), le quartier où se trouvaient la majorité des chrétiens de la ville. Le quartier de Baladiyat et un marché largement administré par des chrétiens dans Kamp Sara ont également été visés par les violences.
« L’État islamique d’Irak », un groupe associé à Al Qaïda, a de nouveau revendiqué les attaques. C’est le même groupe qui s’est déclaré responsable du carnage à la cathédrale catholique-syriaque Notre-Dame du Perpétuel Secours, le dimanche 31 octobre dernier, faisant 58 morts et plus d’une soixantaine de blessés.
Une campagne pour se débarrasser des chrétiens d’Irak
Mgr Bashar Warda, archevêque chaldéen d’Erbil, a indiqué à l’AED : « Al-Qaïda a déclaré que les églises et les chrétiens seraient des cibles. Cela est une preuve qu’ils sont sérieux et qu’ils pensent ce qu’ils disent. »
Par ailleurs, il semblerait que la famille de l’une des victimes des attaques de la cathédrale ait été visée aujourd’hui. Selon l’Agence d’information chrétienne irakienne Ankawa, les terroristes ont identifié la famille grâce aux signes funéraires qui se trouvaient encore sur la maison.
Mgr Warda a été joint au téléphone par la famille et des amis des victimes des atrocités. « Les gens souffrent tellement de la peur. Il y a de la rage et de la détresse, et ils ne savent pas où se tourner. Je n’ai qu’un message et c’est : s’il vous plaît, priez pour nous. C’est un temps vraiment très difficile. C’est le chaos. »
« Il faut mettre de la pression sur le gouvernement pour qu’il fournisse une protection adéquate aux chrétiens », estime Mgr Warda. « Ce à quoi nous faisons face n’est pas seulement une faille dans la sécurité, mais un ciblage délibéré. » Selon l’archevêque, ces nouvelles attaques vont provoquer un autre exode massif des chrétiens de Bagdad. Jusqu’en 2003, il y avait plus de 40 000 familles chrétiennes qui vivaient à Bagdad, mais maintenant, il n’y en aurait plus qu’à peine une cinquantaine.
Jusqu’à l’attaque du 31 octobre dernier, les chrétiens commençaient à revenir à Bagdad, spécialement dans le district de Dora, où se trouve un grand nombre d’églises et de couvents, ce qui lui vaut d’ailleurs le surnom de « Vatican d’Irak ».
Les attaques contre les chrétiens à Bagdad ont connu un sommet en 2004 et en 2006, mais après 2008, le calme était revenu.
Lire la dépêche sur l’attentat du 31 octobre