D’abord un très grand merci à tous d’être là ce soir, à Saint-Sulpice pour la 1ère Nuit des Témoins, organisée par l’Aide à l’Eglise en Détresse. Un petit mot sur l’Aide à l’Eglise en Détresse, pour ceux qui ne connaissent pas cette œuvre. D’abord, que signifie cette « détresse » que nous voulons soulager ? La détresse c’est d’abord un manque de moyens : moyens humains et moyens matériels dans d’innombrables églises locales. C’est la raison pour laquelle nous soutenons l’Eglise dans 145 pays dans le monde. Parmi eux, les pays que nous aidons le plus : le Brésil, l’Ukraine et l’Inde. Mais la détresse c’est aussi la persécution. Car, oui, l’Eglise est encore persécutée aujourd’hui. Elle l’a toujours été, et le XXe siècle a été le grand siècle des martyrs, à tel point qu’il y a eu plus de martyrs au XXe siècle que durant les dix-neuf siècles précédents. Aujourd’hui, au XXIe siècle, les persécutions continuent, on pourrait même dire qu’on en parle de plus en plus. C’est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Bonne, car il y a un début de prise de conscience, et on voit ce sujet être évoqué ici ou là. Mais c’est aussi une mauvaise nouvelle, car cela reflète la réalité, à savoir que la persécution augmente. Je voudrais également vous dire un mot des trois missions de l’AED : l’information sur ce que l’Eglise vit dans le monde aujourd’hui, notamment là où l’Eglise est persécutée. La prière : c’est bien sûr l’objectif de cette soirée : inviter à prier pour les chrétiens du monde, en particulier ceux qui souffrent pour leur foi. Et le partage : nous collections de l’argent pour soutenir l’Eglise dans tous ces pays dont je viens de parler. Au-delà de ces trois missions de l’AED, ce soir, nous sommes réunis pour rendre hommage aux martyrs de 2008. Jusqu’à aujourd’hui, nous proposions une minute de silence, le mardi saint, à midi. Pourquoi le 24 mars ? C’est la date anniversaire de l’assassinat de Mgr Romero, tué en 1980 pendant qu’il célébrait l’Eucharistie. Nous voulons donc retenir cette date pour commémorer, avec l’Eglise tout entière, les témoins de notre temps. Ce soir, c’est la 1ère Nuit des Témoins, je vous donne déjà rendez-vous l’année prochaine. Quel est l’enjeu de la mémoire des martyrs ? D’abord, l’Eglise a toujours rendu hommage à ses martyrs. La basilique St Pierre de Rome est construite sur le tombeau des Apôtres. Ensuite, c’est l’actualité : j’en ai déjà dit un mot, on le voit aujourd’hui en Inde, dans les pays musulmans, un peu partout dans le monde : l’Eglise est persécutée. Et je voudrais à ce propos faire une dédicace : je voudrais dédier cette soirée à quelqu’un qui souffre la persécution, quelqu’un qui est tout particulièrement témoin de notre temps, quelqu’un qui aujourd’hui souffre sans doute énormément à cause de sa fidélité au Christ et à l’Eglise : vous l’aurez compris, c’est notre Saint-Père, le pape Benoît XVI. Enfin, nous devons aussi nous laisser questionner : qu’en est-il de notre propre fidélité au Christ, nous qui en France sommes libres de pratiquer notre foi ? Comment témoignons-nous du Christ, là où nous sommes ? Enfin, je voudrais adresser des remerciements à ceux qui ont accepté de venir témoigner de leur foi, et nous accompagner tout au long de cette veillée : Mgr Raphael Cheenath, évêque d’Orissa (Inde), Mgr de Moulin-Beaufort, Christine Boutin, Robert Hossein , Steven Gunnel, Raphaël Delpard, Mickaël Lonsdale et Samuel Pruvost. Merci et très belle soirée à tous.
