Libye : une attentat à la grenade dans une église copte fait deux morts

Une explosion a fait deux morts et deux blessés samedi 29 décembre dans l’église copte orthodoxe Mar Gerguis de Dafniya, à deux cent kilomètres à l’est de Tripoli.

« Deux hommes égyptiens ont été tués et deux autres blessés », a déclaré, à l’AFP [1], un diplomate de l’ambassade d’Egypte à Tripoli, sous le couvert de l’anonymat. Celui-ci a expliqué que l’explosion s’était produite samedi 29 décembre à 23h30 dans l’église de Mar Gerguis (Saint Georges) à Dafniya, dans la province de Misrata.

Selon l’agence de presse libyenne officielle LANA (Libyan News Agency), « des assaillants inconnus ont pris pour cible une église à Dafniya, causant la mort de deux citoyens égyptiens et blessant deux autres personnes. L’explosion a eu lieu après la fin de la messe ». « Nous étions en train de prier [dans] une pièce attenante à l’église. (…) Je suis très attristé par cet acte lâche et criminel et par la mort de deux fidèles» a déclaré, lundi 31 décembre, à l’AFP, le Père Markos Zaghloul Boulos, responsable depuis 2004 de cette église. Il semblerait, selon le témoignage du Père Timothy Beshara Adly, prêtre de l’Église orthodoxe égyptienne de Libye, que ces deux assaillants aient « lancé une grenade » dans l’église.

Les deux victimes ont été enterrées dimanche 31 décembre 2012 et lundi 1er janvier 2013. «Dimanche soir, nous avons prié pour l’âme de Wajdi Mlak Abd Hana et aujourd’hui nous l’avons fait pour le martyr Achraf Sami Adly», a déclaré le Père Markos Boulos[2]. A cette occasion, le Père Dominique Rezeau, de l’église catholique Saint-François à Tripoli, a confié au correspondant local de l’AFP : «C’est la première fois que nous sommes la cible d’une telle attaque. Les chrétiens n’avaient jamais eu de problèmes particuliers avant ou après la révolution».

Dans la ville de Dafniya, à trente kilomètres à l’ouest de Misrata, des brigades d’anciens combattants rebelles ont établi un important barrage. L’insécurité est une source d’inquiétude grandissante en Libye, où les nouvelles forces policières et militaires, en pleine restructuration, peinent à faire face aux milices fortement armées créées pendant le conflit de 2011. D’ailleurs, en août, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a cessé ses opérations à Misrata après une attaque contre la résidence de son personnel. Les chrétiens, toutes confessions confondues, représentaient moins de 3% des 6,3 millions d’habitants à grande majorité musulmans en Libye avant la révolution qui a provoqué la chute et la mort de l’ex-dirigeant Mouammar Kadhafi en octobre 2011. La plupart d’entre eux sont étrangers, dont une grande partie sont des coptes venue d’Égypte.

Source: [1] AFP ; [2] AFP


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