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> Martyrologe 2009


37 prêtres, religieuses, laïcs ont été assassinés dans le monde en 2009, soit deux fois plus que l’an dernier.

L’agence Fides a communiqué ce triste record, non égalé depuis 10 ans, en publiant la liste des prêtres, religieuses et volontaires laïcs ayant perdu la vie de manière violente en 2009.

Avec 22 victimes, l’Amérique latine est le continent qui paye cette année le plus lourd tribut, suivi par l’Afrique, qui déplore 11 victimes. Ce chiffre ne fait évidement référence qu’aux cas officiels qui ont été portés à connaissance du grand public. Au cours de son message de Noël, le pape Benoit XVI n’a pas hésité à  rappeler que « l’Église annonce partout l’Évangile du Christ, malgré les persécutions, les discriminations, les attaques et l’indifférence parfois hostile [...]. »

 

PANORAMA PAR CONTINENTS

AMÉRIQUE

C’est le continent le plus touché, avec 23 missionnaires assassinés, dont 18 prêtres, 2 séminaristes, 1 sœur et 2 laïcs.

 

Au Brésil, 6 prêtres ont été tués: le Conseil de la pastorale de la Conférence épiscopale brésilienne, au terme de sa dernière réunion de l’année n’a pas manqué de faire part de son inquiétude à propos de la vague croissante de violence à l’encontre des prêtres du pays: “L’Église catholique au Brésil se sent profondément touchée et indignée devant la violence contre ses enfants dont la vie est arrachée. Nous réaffirmons que rien ne justifie la violence !”.

Le prêtre espagnol Ramiro Ludeña, âgé de 64 ans, a été tué le 20 mars 2009, à Recife, au nord-est du Brésil, où il travaillait depuis 34 ans dans une association de soutien aux enfants de la rue. Selon les informations de la police, le père Ludeña a été tué d’un coup de fusil alors qu’il sortait d’un parking avec son véhicule. Le coup l’a atteint au bras et lui a perforé le thorax. La police brésilienne a arrêté un jeune de 15 ans qui a avoué le crime perpétré à l’aide d’un fusil. L’adolescent a expliqué qu’il voulait voler le prêtre qui était alors au volant. Selon les amis du religieux, le père Ludeña était très affectueux et apprécié de tous. Il n’avait jamais reçu de menace. Tous le décrivent comme un homme tranquille, mais “énergique et déterminé, doué d’une grande sensibilité sociale”.

Le père Gisley Azevedo Gomes,  31 ans, assesseur national de la Section Jeunes de la Conférence épiscopale brésilienne (CNBB) a été tué le 15 juin 2009. Le cadavre du prêtre a été trouvé le jour suivant, à proximité de Brazlândia, non loin de Brasillia, à l’intérieur de sa voiture : il présentait un coup au visage et deux à la tête. La police a arrêté certains des auteurs du crime. Originaire de Morrinhos, le père Gisley était entré dans la Congrégation des  Saints-Stigmates de Notre Seigneur Jésus-Christ et avait été ordonné prêtre en mai 2005. Il organisait avec la Pastorale des Jeunes du Brésil une campagne nationale sur le thème “Jeunes en marche contre la violence”.  Il a été victime de cette violence même qu’il désirait combattre.

- Le père Evaldo Martiol, prêtre de 33 ans du diocèse de Cacador,  a été assassiné à Sainte Catherine, le soir du 26 décembre 2009, par deux jeunes de 21 et 25 ans, que le prêtre avait pris en stop. La police a identifié les criminels, qui avaient encore avec eux la voiture, le téléphone portable et les papiers du prêtre. Après avoir avoué, les deux jeunes ont indiqué le lieu où se trouvait le corps du prêtre. Ce dernier a été tué de 4 coups de feu. Le père Evaldo, originaire de Timbò Grande, avait été ordonné le 26 avril 2003. “Sa méthode d’évangélisation était l’amitié” a rappelé ému l’évêque diocésain, Mgr Luiz Carlos Eccell, durant les funérailles célébrées dans la cathédrale dans laquelle le prêtre travaillait.

-  Le père Ruggero Ruvoletto, missionnaire Fidei donum italien de 52 ans, a été tué le 19 septembre 2009, dans sa paroisse dédiée au Sacré Cœur de Marie, dans le quartier de Manaus. Aux alentours de 7h du matin (heure locale), le diacre de la paroisse a entendu des coups de feu,  s’est précipité et a trouvé le corps du père Ruggero, agenouillé près de son lit, la tête inclinée, une balle dans la nuque. Selon les témoignages recueillis sur place, il semblerait  qu’une cinquantaine de Reals (environ 19 euros) aient été volés dans sa maison. Le Père Ruggero Ruvoletto est né à Galta di Vigonovo, le 23 mars 1957, dans la province de Venise. Il avait été ordonné prêtre en 1982.  Arrivé au Brésil  en  juillet 2003 pour le diocèse d’Itaguaì, à Mangaratiba, il participait à un projet de présence missionnaire dans la banlieue de Manaus, soutenu par les diocèses locaux. Il s’agissait d’un poste frontière entre la ville et la forêt, où la criminalité est particulièrement élevée. Le père Ruggero en personne avait participé à une manifestation pour demander une plus grande sécurité.

-  Le Père Hidalberto Henrique Guimaraes, 48 ans, curé de l’église Notre Dame des Grâces, dans la banlieue de Maceió, a été tué le 7 novembre 2009, deux jours après avoir été enlevé. Le samedi 7 novembre, il devait célébrer la messe dans la ville de Branquinha. Un des paroissien, inquiet de son absence, est entré chez lui, et a trouvé le corps ensanglanté du prêtre sur le sol de la cuisine, présentant de nombreuses traces de coups. Le Père Hidalberto avait été ordonné dans l’église de Saint Joseph, dans le quartier de Trapiche, à Maceió, le 14 décembre 1992. Il venait d’être diplômé dans le journalisme. Le prêtre était très aimé de ses paroissiens.

- Le père Alvino Broering, prêtre brésilien de 46 ans, a été frappé à l’arme blanche à l’aube du 14 décembre dernier dans la partie sud de Santa Catarina. Son assassin lui a ensuite volé sa voiture, selon les informations diffusées par la police. Le prêtre, frappé de plusieurs coups de couteau à la nuque, à l’abdomen et au visage, a été transporté à l’hôpital Marieta Konder Bornhausen, où il a succombé à ses blessures peu après. Le père Alvino était aumônier de l’Université de Vale do Itajai et directeur-administrateur de la Radio Communautaire Conceição FM dont il s’apprêtait à fêter le 10° anniversaire. Il était  aussi membre de l’Académie des Lettres de Itajai. C’était un prêtre très actif dans la ville et dans la région, apprécié pour son charisme et sa jovialité.

 

En Colombie :

- Le Père Gabriel Fernando Montoya Tamayo (40 ans) et le père Jesús Ariel Jiménez (45 ans), tous deux prêtres rédemptoristes, ont été tués dans la nuit du 16 mars 2009, dans la mairie de La Primavera (Vichada), à quelques 500 km de Bogota. Le double crime a été commis par un homme qui s’est introduit dans le logement des  prêtres, probablement à la recherche d’argent. Ils ont été tués par balle alors qu’ils étaient travaillaient. Le P. Gabriel Fernando Montova était depuis 7 ans directeur du collège et il allait passer cette charge au P. Jesús Ariel Jiménez, arrivé depuis peu comme nouveau responsable.

- Le père Oscar Danilo Cardozo Ossa a été retrouvé mort dans l’après-midi du 27 septembre 2009, dans son presbytère de la paroisse de Saint Louis Marie de Montfort à Villavicencio , dont il était curé depuis 2003. Quelques fidèles, voyant que le prêtre n’arrivait pas pour célébrer la messe du soir, sont allés le chercher et on découvert son corps inerte. Selon ce qu’ont communiqué les autorités de la police,  aucun signe de cambriolage ou d’effraction n’a été signalé. Ce qui laisse penser que les assassins étaient connus du prêtre. Sur place, on a retrouvé un bâillon et des cordes. Le Père Oscar Danilo Cardozo était né le 7 avril 1952 à Toro (Valle). Il avait  été ordonné prêtre le 10 juin 1983. Vice-recteur du petit séminaire Saint Pie X de Restrepo, vicaire coopérateur de S. Joseph Travailleur, il fut le fondateur et curé de la paroisse Marie Auxiliatrice, mais aussi aumônier du bagne d’Acacias, curé de Notre Dame du Perpétuel Secours du district de Grass et délégué archiépiscopal pour la radio et le journal “Eco Llanero”.

- Le père colombien Emiro Jaramillo Cardenas, a été tué le 20 décembre 2009, chez lui, à Santa Rosa de Osos, à 74 km de la ville de Medellin. Selon des proches, le père Jaramillo n’avait pourtant reçu aucune menace. Son corps, présentant de nombreux coups de couteau, a été retrouvé par un membre de la famille qui, étonné de son absence à la chapelle, était parti à sa recherche. Le père Emiro Jaramillo était né en 1936, et avait été ordonné prêtre en 1966.

-  Le père Juan Gonzalo Aristizabal Isaza, prêtre colombien, de 62 ans, a été assassiné le 22 février 2009 : son cadavre a été trouvé dans sa voiture, sur un bas côté de l’autoroute régionale, près de l’Université d’Antioche. Le prêtre était curé de la paroisse “Saint Jean Apôtre” et aumônier de l’Hôtel Intercontinental de Medellin. Il se distinguait pour son esprit de charité, son dévouement pastoral et sa serviabilité. Né à Medellin, en 1946, le père Juan Gonzalo Aristizabal Isaza avait été ordonné prêtre le 10 juin 1973. Educateur de formation, il avait aussi obtenu le titre de psychologue et de docteur en psychologie de l’orientation. Après son ordination, il avait exercé différentes charges pastorales dans différentes paroisses et dans des instituts scolaires.

- Jorge Humberto Echeverri Garro, 40 ans, professeur et enseignant pour la pastorale, a été retrouvé mort le 11 juin 2009. Il se trouvait à Colonos pour participer à une réunion de pastorale sociale en collaboration avec la branche allemande de Caritas. Au cours de la rencontre, un groupe de guérilléros a envahi le lieu de la réunion où, sans donner aucune explication, ils ont frappé à mort le professeur.

 

Au Mexique, un prêtre et deux séminaristes ont étés tués.

- Le prêtre mexicain Habacuc Hernández Benítez, 39 ans, et les jeunes séminaristes Eduardo Oregón Benítez, 19 ans, et Silvestre González Cambrón, 21 ans, tous originaires de Ajuchitlán (Guerrero), ont été assassinés alors qu’ils se rendaient à une réunion organisée par la pastorale des vocations, le  samedi 13 juin 2009, dans la municipalité de Arcelia, à Tierra Caliente. D’après la reconstitution de la police, leur véhicule a été rattrapé par un autre, ils ont été forcés de descendre puis ont été abattus avec des armes à feu. L’Archevêque d’Acapulco, Mgr Felipe Aguirre Franco, a fait remarquer que les forces armées manquaient de moyens pour rétablir l’ordre dans cette région du globe où la logique de la violence prévalait sur le reste.

 

A Cuba, une émotion particulière a été suscitée par la mort violente de deux prêtres espagnols.

- Le père Mariano Arroyo Merino, âgé de 74 ans, a été tué dans sa paroisse le 13 juillet 2009. Son corps a été découvert par des pompiers vers 6h10 du matin après que la garde nocturne ait vu de la fumée sortir du presbytère. Les assassins ont frappé le prêtre puis lui ont infligé des brûlures. Son corps a été retrouvé ligoté et bâillonné. Le prêtre était en service à Cuba depuis les 12 dernières années, dans la zone résidentielle de la Havane, accomplissant un travail pastoral soutenu. Il était né le 20 février 1935, à Cabezón de la Sal, en Espagne, et avait été ordonné prêtre le 17 avril 1960. Peu après, en 1962, il était parti comme missionnaire pour Santiago du Chili, où il était resté jusqu’en 1968. Puis, après 10 années en Espagne, le père Arroyo était retourné en Amérique Latine. Recteur et curé du Sanctuaire national de Notre-Dame de la Règle, le père Arroyo appartenait à l’Œuvre de Coopération Sacerdotale Hispano-américain (OCSHA).

- Le prêtre espagnol Eduardo de la Fuente Serrano, a été retrouvé sans vie le matin du 14 février 2009, dans la zone nord-ouest de la Havane. Selon les enquêtes qui ont été faites, le prêtre aurait été tué à coups de couteau, frappé sur une route dans la banlieue de la capitale. Son automobile a été retrouvée dans la commune de Bauta, à environ 20 km du lieu où a été abandonné le corps. Le prêtre, âgé de 61 ans, était natif de Guadalix, dans la province de Madrid, et travaillait depuis trois ans à Cuba, comme curé de l’église Sainte Claire d’Assise, où il s’était engagé dans des œuvres humanitaires. A travers un travail pastoral intense et concret, il avait réussi à redonner vie à une communauté qui pâtissait du manque de prêtre depuis quelques années.

 

Au Salvador, il y a eu deux victimes, un prêtre et un jeune laïc

-  Le père Leopoldo Cruz Chávez, prêtre rédemptoriste de 56 ans, a été retrouvé sans vie le 24 août 2009, sur les bords canal d’une zone rurale. Il avait reçu à la tête de violents coups, donnés pas un objet en métal. Il a été difficile d’établir avec exactitude les causes de la mort. Un jeune homme a été arrêté alors qu’il conduisait la voiture du père Cruz.

- Le jeune William Quijano, 21 ans, de la communauté de Sant’Egidio, a été tué à coup d’arme à feu, tandis qu’il rentrait chez lui, le soir du 28 septembre 2009. Les assassins faisaient partie d’un des nombreux gangs de violence organisée qui font des ravages dans toute l’Amérique Centrale. Depuis 5 ans, William était engagé dans l’École de la Paix pour les enfants pauvres du quartier d’Apopa, dans les faubourgs de San Salvador. Il était un modèle de vie au service des jeunes et des plus pauvres.

 

Aux Etats-Unis, on déplore la mort d’une religieuse et d’un prêtre.

- Sœur Marguerite Bartz, âgée de 64 ans, de la Congrégation des Sœurs du Très Saint Sacrement pour les Indiens et les gens de couleur (SBS), a été tuée dans  son couvent de Saint Bernard le dimanche 1er novembre 2009. Inquiété par son absence à la messe dominicale, un collaborateur est parti à sa recherche et a découvert  son corps. La religieuse était connue pour être une femme passionnée depuis toujours par la recherche de la justice et de la paix. Née à Plymouth, dans le Wisconsin, en 1945, sœur Marguerite était entrée chez les sœurs du Très Saint Sacrement (SBS), en 1966, à Beaumont, dans le Texas ; elle avait fait ses vœux perpétuels en 1974. Après s’être diplômée en littérature, et après un master en éducation religieuse, Sœur Marguerite a été pendant plus de 40 ans en mission dans différents lieux.

- le père Ed Hinds, curé de l’église Saint Patrice à Chatham, dans le New Jersey (USA), a été retrouvé sans vie, à une quinzaine de kilomètres de Newark, le 24 octobre 2009, dans la cuisine du presbytère. Son corps était couvert de nombreux coups et blessures provoqués par une arme de taille. Le prêtre, âgé de 61 ans, avait été vu pour la dernière fois le soir précédent, vers 23h, durant une rencontre communautaire, dans les locaux de son presbytère, et il allait bien. Très engagé dans le soutien aux opprimés, il était considéré comme l’âme et le cœur de la communauté de Saint Patrice, où il était curé depuis 7 ans.

 

Au Guatemala :

- Le prêtre américain Lorenzo Rosebaugh, âgé de 74 ans, des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée (OMI), a été tué au Guatemala le 18 mai 2009, à la suite d’une attaque qui s’est produite dans le Parc National Laguna Lachuá. Deux hommes armés de fusil et le visage couvert ont arrêté la voiture conduite par le P. Rosebaugh,  dans laquelle voyageaient aussi quatre autres prêtres de sa communauté. Après avoir leur avoir volé ce qu’ils possédaient, les délinquants ont tiré sur les religieux, tuant le P. Rosebaugh et blessant gravement le P. Jean Claude Nowama, originaire de la République Démocratique du Congo. Le père  Rosebaugh était au Guatemala depuis 1993. Il a été curé à Chicaman, une paroisse de montagne peuplée de Maya, puis, jusqu’en 2000, dans la communauté d’Ixcán, une région au nord du pays, connue pour sa haute concentration de criminalité. Après être rentré dans sa patrie pour assister sa mère, il était revenu au Guatemala en 2005 pour s’occuper des malades, des pauvres et des prisonniers.

 

Au Honduras :

- Le prêtre capucin guatémaltèque Miguel Angel Hernandez, âgé de 45 ans, a été tué à l’est du Guatemala le 8 novembre 2009. Il était responsable depuis 4 ans de la paroisse d’Ocotepeque et avait disparu depuis quelques jours. Le corps du prêtre a été retrouvé à environ 220 km à l’est de la capitale, frappé de plusieurs coups de couteau. Les capucins travaillaient depuis de nombreuses années dans la zone frontière entre le Honduras et le Guatemala. Le père Miguel était président d’une école catholique et était très ami avec les jeunes. Il était vu comme un homme très engagé dans son travail, prêchant de manière claire, toujours très sincère et cohérent.

 

AFRIQUE

En Afrique, 9 prêtres, 1 religieuses et 1 laïc, ont perdu la vie de manière violente.

 

En République Démocratique du Congo :

-  Le père  Jean-Gaston Buli a été tué dans la nuit du 9 au 10 novembre 2009, par des bandits armés qui se sont introduits dans le presbytère de sa paroisse de Nyakasanza, à Bunia, dans l’Ituri. Vers 2h30 du matin, ils ont forcé la porte du bureau et ont blessé mortellement le prêtre qui, transporté dans l’hôpital voisin, est décédé peu après d’une forte hémorragie. Le père  Jean-Gaston, prêtre depuis 24 ans, avait été depuis peu nommé vicaire-économe de la paroisse de Nyakasanza.

- Le père Daniel Cizimya Nakamaga, âgé de 51 ans, a été tué dans sa paroisse de Kabare, le dimanche 6 décembre 2009, vers 2h du matin. Des inconnus se sont introduits dans la maison paroissiale, et après avoir arraché les barreaux d’une fenêtre, sont entrés dans la maison. Le père Daniel a tenté de se réfugier dans sa chambre mais il a été rattrapé par les malfaiteurs qui l’ont abattu.

- Soeur Denise Kahambu Muhayirwa, 44 ans, moniale trappiste, a été tuée le soir du 7 décembre 2009, par des hommes armés, en uniforme, qui sont entrés dans le monastère Notre Dame de la Clarté à Murhesa. La religieuse, responsable de l’accueil et de la porterie du monastère, a été tuée aux environs de 20h, alors qu’elle s’apprêtait à débarrasser les tables où avaient dîné quelques hôtes. S’apercevant de la présence d’invités non désirés, la sœur s’est mise à courir, voulant avertir les autres sœurs. Les malfaiteurs l’ont alors abattue de sang froid.

- Ricky Agusa Sukaka, jeune congolais de 27 ans, ouvrier de la Caritas, a été tué le 15 juillet, à Musezero, dans le nord du Kivu. Selon une reconstitution de l’homicide, le jeune homme, qui travaillait depuis une année en tant qu’ingénieur agricole dans un projet du Secours Catholique-Caritas France, a été abordé par deux hommes qui portaient des uniformes de l’armée alors qu’il rentrait chez lui. On a retrouvé son corps, duquel on avait retiré la chemise du Secours catholique. La Caritas a condamné “l’homicide brutal d’un jeune qui travaillait courageusement dans une zone de guerre pour aider les autres à construire leur propre vie”.

 

En Afrique du Sud 4 prêtres ont été tués.

- Le père Daniel Matsela Mahula, du diocèse de Klerksdorp a été tué le 27 février 2009 par quatre bandits de la route, tandis qu’il conduisait sa voiture, près de Bloemhof. Né le 6 juin, il avait été ordonné prêtre le 22 décembre 2002. Il exerçait son service à la Peter’s Catholic Church de Jouberton.

- Le père Lionel Sham, 66 ans, curé de Mohlakeng (archidiocèse de Johannesburg), a été tué le 7 mars 2009, après avoir été enlevé de sa maison à Mohlakeng. Son corps a été retrouvé par la police quelques heures après sa disparition de la paroisse. Le père Lionel Sham était connu pour être ouvert à tous et généreux avec les personnes dans le besoin.

-  Le père Ernst Plöchl, autrichien âgé de 78 ans, appartenant à la Congrégation des Missionnaires de Mriannhill, a été tué dans la province sud-africaine du Cap. Le corps du missionnaire, présent en Afrique du Sud depuis plus de 40 ans, a été trouvé au matin du dimanche 31 mai 2009, dans la station missionnaire isolée de Maria Zell. Les autorités locales ont affirmé que le missionnaire avait été tué par arme à feu. Ils ont ensuite annoncé qu’il avait été étranglé. Le père Plöchl dirigeait une école de 400 élèves à Matatiele, une ville du sud du pays. Il était né à Neumarkt dans le district autrichien de Freistadt, avec lequel il avait conservé des liens forts.

- Le père Louis Blondel, des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs), a été tué dans la nuit du 6 au 7 décembre, à Diepsloot,  une communes de Pretoria. Au cours de la nuit, trois jeunes ont pénétré dans la maison des missionnaires. Après avoir réveillé un confrère du père Louis et une autre personne qui dormait dans la maison, ils ont volé les téléphones portables puis ont demandé qu’on leur ouvre la porte principale. Ils se sont dirigés ensuite vers la chambre du père Blondel, qui a ouvert la porte et a été aussitôt tué par balle. Le père Louis Blondel avait 70 ans et était originaire du nord de la France. Il avait enseigné la philosophie en Tanzanie pendant 15 ans. Depuis 1987, il était installé en Afrique du Sud. En juin 2009, il avait terminé son second mandat en tant que supérieur de la Province d’Afrique australe (Malawi, Mozambique, Afrique du Sud) des Pères Blancs. Après avoir fondé “Cordis”, un centre Emmaüs, et avoir travaillé au développement d’Orange Farm, une immense township de Johannesburg, le père Blondel s’était installé à Diepsloot en 2008, une autre township d’environ 300 000 personnes, entre Johannesburg et Pretoria. Il y avait ouvert une nouvelle paroisse.

 

Au Kenya, 2 prêtres ont été tués.

- Le P. Giuseppe Bertaina, italien, Missionnaire de la Consolation, a été tué le 16 janvier 2009, dans son bureau de l’Institut de philosophie de sa congrégation, à Nairobi. Le père Bertaina était recteur et administrateur de l’Institut. Quelques personnes sont entrées par effraction dans l’institut alors que les étudiants et les enseignants étaient dans les salles de cours. Les malfaiteurs ont surpris le père Giuseppe, l’ont frappé, ligoté et bâillonné, provocant sa mort par insuffisance respiratoire. Le prêtre avait été ordonné en 1951 et se trouvait  au Kenya depuis les années 60.

- Le père Jeremiah Roche, irlandais, membre de la société St Patrice pour les Missions Extérieures, a été assassiné dans la nuit du 10 au 11 décembre 2009, par des inconnus qui sont entrés dans sa maison, à Kericho, à 250 km de Nairobi. Le corps du missionnaire, qui vivait seul, a été découvert par des paroissiens alarmés par le fait qu’il n’était pas venu célébrer la messe de 6h du matin. Le missionnaire avait les mains liées et avait reçu des coups de machette sur la tête. Le père Roche était en service au Kenya depuis 1968, et avait achevé depuis peu une nouvelle église. Il avait soutenu divers projets de développement grâce à ses récoltes de fonds. Selon les dires du commandant de la police locale, des jeunes du coin auraient pensé trouver une grosse somme d’argent chez le missionnaire et se seraient introduits dans la maison pour le voler.

 

Au Burundi :

-  le père Révocat Gahimbare, curé de la paroisse de Karuzi, a été tué le dimanche 8 mars par 4 bandits, déguisés en policiers, qui venaient de cambrioler le monastère des Sœurs “Bene Maria”. Ayant été averti de l’attaque, le père Gahimbare s’est précipité au secours des religieuses, mais s’est retrouvé pris dans un guet-apens  tendus par les malfaiteurs. Le prêtre a été tué par balles.

 

ASIE

Deux prêtres ont été tués en Asie en 2009.

 

En Inde :

- Le père James Mukalel, âgé de 39 ans, a été retrouvé mort dans les environs de Mangalore, dans le Karnataka, au sud du pays. Son cadavre a été découvert dans la campagne par quelques paroissiens, le 30 juillet 2009, alors qu’il n’était pas revenu dans sa paroisse du diocèse syro-malabare de Belthangady.  Le 29 juillet, peu avant le drame, le prêtre avait rendu visite à quelques familles, déjeuné dans un couvent puis célébré un enterrement. Le jeune prêtre était bien vu de tous, était toujours souriant et zélé dans son travail pastoral. Le contexte reste inconnu, mais il pourrait s’agit d’un cas de violence antichrétienne, cette même zone ayant été l’année précédente la cible d’attaques de la part d’intégristes.

 

Aux Philippines :

le Père Cecilio Lucero, philippin de 48 ans, a été tué par un groupe d’hommes armés, le 6 septembre 2009, dans la province du Nord Samar, au sud de Manille. Selon la police locale, le prêtre se déplaçait en voiture, lorsqu’il a été arrêté par plus de 30 personnes qui ont ouvert le feu sur lui. Il est mort sur le coup. Deux autres personnes qui étaient à bord du véhicule avec lui ont été grièvement blessées. Le père Lucero, curé de Catubig, était considéré par tous comme un défenseur des plus faibles. Il était responsable de la Commission pour les Droits de l’Homme du diocèse de Catarman, auquel il appartenait, et il avait lancé différentes initiatives et projets pour défendre les pauvres et dénoncer les abus de pouvoir. Les enquêteurs pensent qu’il s’agit d’un avertissement politique.

 

EUROPE

En France :

- Le père Louis Jousseaume, prêtre originaire de Luçon, a été agressé et assassiné le 26 octobre 2009, dans son presbytère d’Égletons (diocèse de Tulle), où il était curé depuis 1981. IL était notamment aumônier du mouvement “Chrétien en monde rural” (CMR), et responsable de la pastorale liturgique et sacramentelle. Le prêtre, âgé de 70 ans, travaillait pour la pastorale depuis plus de 40 ans, dans le diocèse de Tulle, où il avait été entre autre aumônier du lycée de Brive et engagé dans le monde du handicap. Selon ceux qui l’ont connu, c’était un homme affectueux, ouvert, qui avait mis toute sa vie sous le signe de l’Évangile, en s’occupant de manière particulière des plus pauvres et des plus faibles, notamment  des personnes handicapées. C’est justement un de ces marginaux déséquilibré qui l’a agressé et tué de plus de 40 coups de couteau.

 

 

 

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