> Martyrologe 2010

« Notre monde continue à être marqué par la violence, en particulier contre les disciples du Christ »

Benoît XVI, Angélus du 26 décembre 2010


23 prêtres, séminariste et volontaires laïcs ont été tués au cours de l’année 2010.

L’Agence Fides publie la liste des missionnaires tués au cours de l’année 2010 dans le cadre de leur mission. En 2010, ils sont 23 à avoir payé de leur vie la fidélité à leur mission d’Eglise. Parmi eux, un évêque (Mgr Padovese), 16 prêtres, 2 séminaristes et 3 laïcs.

Cette année encore, c’est l’Amérique latine qui a payé le plus lourd tribut à la violence, avec 17 missionnaires assassinés, dont 12 prêtres, deux volontaires laïcs et un séminariste.

Puis vient l’Asie avec quatre prêtres tués, dont Mgr Padovese, évêque, assassiné « en haine de la foi. »

Ont-ils vraiment été tués pour des raisons religieuses ?

En 2010, nombreux sont ceux qui ont été tués dans le cadre de tentatives de vol ou d’enlèvement ayant eu une issue tragique, surpris dans leurs habitations par des bandits à la recherche de trésors imaginaires, ou tués pour quelques pièces de monnaie. Soulignons ici qu’ils sont morts parce qu’ils ont voulu répondre à leur mission, acceptant pour elle de s’exposer et de prendre des risques. Nous ne savons pas quels sont les ressorts profonds de ces assassinats. Mais notons également que l’Eglise dérange souvent lorsqu’elle se range du côté des plus faibles, lorsqu’elle s’oppose au trafic de drogue ou au trafic d’organes d’êtres humains. Rappelons qu’en Amérique latine de nombreux évêques sont obligés de vivre sous escorte policière pour les protéger.

D’autres encore ont été éliminés pour la seule raison qu’ils opposaient, au nom du Christ, l’amour à la haine, l’espérance au désespoir, le dialogue à la violence et le droit à l’injustice.

Et les autres ?

Nous ne saurions omettre ici de mentionner les victimes des attentats de Bagdad et d’Alexandrie, ainsi que tous les chrétiens morts pour leur foi tout au long de cette année. A cette liste provisoire établie annuellement par l’Agence Fides, il faut par ailleurs toujours ajouter la longue liste de tous ceux qui ne seront jamais connus, qui dans tous les coins de la planète souffrent et paient de leur vie leur foi au Christ. Cette « nuée de soldats inconnus de la grande cause de Dieu » – selon l’expression du Pape Jean Paul II – vers lesquels nous nous tournons avec reconnaissance et vénération, et sans lesquels l’Église et le monde seraient terriblement appauvris.

PANORAMA PAR CONTINENTS

AMERIQUE

Sur le continent américain, 15 missionnaires ont été tués : douze prêtres, un séminariste et trois laïcs.

Au Brésil :

Le Père Dejair Gonçalves de Almeida, 32 ans, et Epaminondas Marques da Silva, 26 ans, ont été assassinés le 16 mars 2010, victimes d’une agression crapuleuse dans la maison paroissiale à Volta Ridonda.

Le Père Rubens Almeida Gonçalves, 35 ans, assassiné le 21 mai 2010, probablement à la suite d’une altercation avec une personne à laquelle il aurait refusé de louer la salle paroissiale à Camp Belos.

Le séminariste Mario Dayvit Pinheiro Reis, 31 ans, tué par balles le 4 juillet 2010 par les voleurs de sa voiture à Rio de Janeiro.

Le Père Bernardo Muniz Rabelo Amaral, 28 ans, agressé par un auto-stoppeur est mort des suites de ses blessures le 20 novembre 2010, à Humberto de Campos.

Le père Josenir Morais Santana, 48 ans, a été tué par balle, le 25 octobre 2010 à Fortaleza, au volent de sa voiture.

En Colombie :

Luis Enrique Pineda, coopérateur salésien, 57 ans a été agressé puis poignardé à Bogota le 20 mars 2010.

Le Père Román de Jesús Zapata, 51 ans, a été assassiné le 24 mars 2010. Son corps ligoté a été retrouvé dans son presbytère, à Turbo.

Le Père Herminio Calero Alumia, 36 ans, a été assassiné dans des circonstances troubles à un barrage de police, entre Bogota et Soacha, le 20 aout 2010.

Le Père Carlos González, 47 ans, a été assassiné à l’arme blanche à Manizales, le 6 mai 2010, par deux jeunes de 19 et 20 ans, qui ont tenté de lui voler sa voiture. Devant le refus du prêtre, ils l’ont sauvagement agressé de 20 coups de couteau avant de l’abandonner sur la route.

Au Mexique

Le Père José Luis Parra Puerto, 50 ans, assassiné le 17 février 2010, après s’être fait voler le fourgon à bord duquel il voyageait, à Mexico.

Le Père Carlos Salvador Wotto, 83 ans, retrouvé le 4 juillet 2010, dans sa paroisse bâillonné et ligoté, le corps portant de nombreuses traces de brulures et de coups, à Oaxaca.

Au Pérou

Le Père Linán Ruiz Morales, 80 ans, et son collaborateur Ananias Aquila, 26 ans, ont été retrouvés morts le 27 aout 2010, au couvent Saint-François, où ils résidaient, à Lima. Ils ont été torturés puis tués par des cambrioleurs.

Au Venezuela

Le Père Esteban Robert Wood, 68 ans, canadien, a été assassiné le 28 avril 2010 à Puerto Ordaz. Son homicide a été attribué à un voleur qui l’aurait tué après l’avoir cambriolé.

En Equateur,

Le corps du Père Miroslaw Karczewski, 45 ans, missionnaire polonais, a été retrouvé dans la cure de sa paroisse, à Santo Domingo de los Colorados, le 6 décembre 2010, portant des blessures sur le cou et sur d’autres parties du corps.

En Haïti

Julien Kénord, 27 ans, volontaire à la Caritas, a été tué par balle à la sortie de la banque de Port-au-Prince, où il venait d’encaisser un chèque, le 8 octobre 2010.

ASIE

En 2010, quatre missionnaires ont été tués, dont un évêque et deux prêtres.

En Turquie

Mgr Luigi Padovese, 63 ans, Vicaire apostolique de l’Anatolie et Président de la Conférence épiscopale turque a été assassiné à coups de couteau par son chauffeur chez lui, à Iskenderun, le 3 juin 2010 ;

En Iraq

Le Père Wasim Sabieh et le Père Thaier Saad Abdal ont été tués au cours de l’attentat perpétré contre la Cathédrale syro-catholique de Bagddad qui a couté la vie à 58 personnes rassemblés pour la Messe dominicale, le 31 octobre 2010.

En Inde

Le Père Peter Bombacha, 74 ans, a été assassiné le 28 avril 2010, dans l’ashram qu’il avait fondé à Baboola, à un kilomètre environ de la résidence de l’Evêque de Vasai, non loin de Mumbai (Inde). Son corps gisait dans une mare de sang avec une corde au cou et une paire de ciseaux plantée dans la gorge.

AFRIQUE

Un prêtre et un séminariste ont été tués en RDC en 2010.

En République Démocratique du Congo

Le Père Christian Bakulene, 42 ans, a été assassiné le 8 novembre 2010, à quelques kilomètres de sa paroisse (Kanyabayonga, Nord-Kivu), par deux militaires des FARDC qui attendaient le prêtre sur la route, arrêtant toutes les voitures pour demander «Es tu le prêtre ? ». Quand le Père Christian Bakulene est arrivé, il a été criblé de balles après avoir répondu qu’il était, en effet, prêtre.

Le séminariste Nicolas Eklou Komla, 25 ans, a été tué le 5 décembre 2010, dans la banlieue de Kinshasa, alors qu’il rentrait à pied au collège jésuite dans lequel il faisait ses études. Un homme armé et masqué les a arrêté, une altercation qui lui a couté la vie s’en est suivie.