Nigeria : Nuits sanglantes pour les chrétiens de Kano et Bauchi

« Le Nigeria est en proie à une véritable guerre civile, a affirmé aujourd’hui une source locale proche de l’AED. Boko Haram a officiellement déclaré la guerre au gouvernement et aux chrétiens. Ses « adeptes » sont plus et mieux organisés que l’armée officielle. Plus de 35 000 personnes ont déjà quitté le Nord pour se rendre vers le Sud. Il est extrêmement difficile de décrire ce qui se passe ici, les gens ne pensent qu’à se défendre ou à fuir ».

Au moins 178 personnes ont été tuées, vendredi 20 janvier, dans une série d’attentats et de fusillades qui ont eu lieu à Kano, la deuxième ville du pays. Huit sites de la ville ont été visés par des assauts « coordonnés », selon la police. Une vingtaine d’explosions auraient été entendues en l’espace de quelques minutes. Le bilan reste provisoire car des corps continuent à être apportés à la morgue. Les attaques ont été revendiquées par le groupe islamiste Boko Haram, sous forme d’un tract affirmant que ces actes sont « un message pour tous les habitants de Kano et tous ceux qui s’attaquent à [eux], en particulier la CAN (Christian Association of Nigeria) ». Après les attaques, un couvre-feu de 24 heures a été imposé par les autorités de l’Etat de Kano, dont la ville du même nom est la capitale.
Boko Haram aurait agi ainsi, en représailles, après le refus du gouvernement de libérer plusieurs de ses membres actuellement emprisonnés. En décembre dernier, ce même groupe avait reconnu être à l’origine d’attentats meurtriers contre les chrétiens le jour de Noël. Le plus meurtrier avait fait 44 morts dans une église catholique près d’Abuja, la capitale.

Dans la nuit du 21 au 22 janvier 2012, à Tafawa Balewa, dans l’Etat de Bauchi (nord du Nigeria), au moins neuf personnes ont été tuées et douze blessées lors d’une attaque visant des chrétiens, ainsi que l’a indiqué à l’AFP un responsable communautaire local. La communauté chrétienne visée, l’ethnie sayawa, accuse les Fulani, une ethnie musulmane, d’être responsable de l’attentat. Le nouvel incident s’est produit moins de 48 heures après la série d’attaques coordonnées à Kano.

Le dimanche 22 janvier au matin, deux églises de Bauchi (une catholique et une évangélique), ont été l’objet d’attaques à l’explosif. Ces attaques n’ont fait aucune victime, mais les toits des deux édifices, ainsi que ceux de maisons voisines ont été touchés. Les attentats n’ont pas encore été revendiqués.

Sources: AED, AFP, APIC, Libération

Cette entrée a été publiée dans Actualité, Homepage, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.