
Alors que tous les yeux étaient tournés vers la catastrophe haïtienne, une autre situation tragique prévalait au Pakistan. Une jeune fille chrétienne âgée de 12 ans mourait suite au viol et aux actes de torture de son employeur, à Lahore.
L’AED dénonce « l’épouvantable » souffrance des chrétiens du Pakistan à la suite du viol, suivi du meurtre, de Shazia Bashir, petite fille chrétienne de 12 ans. Employée de maison dans une famille aisée de Lahore, le corps de la fillette présentait des signes de violence et de torture quand elle a été amenée à l’hôpital de Lahore le vendredi 22 janvier dernier. Les médecins n’ont pas pu la sauver. Les parents de la fillette indiquent que, durant plusieurs jours avant son décès, ils ont été empêchés de la voir par les employeurs.
Les évêques catholiques du Pakistan ont condamné ce crime dans une déclaration, soulignant que « ce n’était pas un acte de violence isolée, mais que cette employée de maison a souffert de manière habituelle d’une extrême violence. De multiples rapports indiquent d’ailleurs que les filles chrétiennes provenant des familles les plus pauvres sont plus sujettes à êtres abusées physiquement ou sexuellement par leurs employeurs musulmans.
« Les chrétiens dans la société, spécialement les familles les plus pauvres, souffrent de toutes les formes de violence et de brutalité, indique Francis Sada, directeur du Centre d’Étude chrétienne de Rawalpindi. Nous avons enquêté sur une série de cas similaires, tous appuyés par des témoins », a déclaré Francis Sada. « La police et le gouvernement n’en font pas trop pour nous protéger, et plusieurs cas finissent dans l’impunité ».
L’an dernier, l’AED avait mis en lumière les terribles conditions endurées par les chrétiens pakistanais – particulièrement la menace créée par les lois sur le blasphème. L’organisme avait alors exprimé son soutien continu pour les chrétiens du pays. « Les droits humains et la dignité des chrétiens du Pakistan sont constamment bafoués », estime Marc Fromager, directeur de l’AED en France. « Ce cas terrible montre le besoin de l’Aide à l’Église en Détresse pour intensifier notre soutien aux communautés chrétiennes du Pakistan et pour mettre de la pression sur le gouvernement », conclut-il.
Après avoir refusé d’accepter le dépôt d’une plainte concernant la mort de Shazia Bashir, la police a finalement accepté, sous la pression de manifestations rassemblant chrétiens et musulmans devant l’Assemblée du Punjab, le 23 janvier.
Des milliers de personnes ont assisté aux funérailles de la fillette le lundi 25 janvier à Lahore, incluant des évêques appartenant à d’autres confessions chrétiennes. Le lendemain, son ancien employeur, « un puissant et fortuné avocat musulman de Lahore » Chandry Naeem, a comparu en Cour en lien avec la mort de la fillette. Le juge a ajourné l’audience jusqu’au mercredi 3 février.
Par John Newton, AED Royaume-Uni et Mario Bard, AED Canada