Péninsule arabique : détruire les lieux de culte chrétiens?

Le grand mufti, Sheikh Abdul Aziz bin Abdullah al-Shaikh, figure religieuse la plus importante du royaume d’Arabie Saoudite et responsable musulman le plus influent de la péninsule arabique, a décrété, le 12 mars dernier, qu’il « était nécessaire de détruire toutes les églises de la région. » Cette « fatwa » était édictée en réponse à la question d’une délégation koweïtienne venue interroger le grand mufti sur ce que prévoyait la charia pour empêcher la construction d’églises et d’édifices religieux non-musulmans, une question actuellement débattue au Parlement du Koweit.

Sheikh Abdul Aziz bin Abdullah, dont le décret a été largement diffusé dans le monde arabe et sur la chaîne « al-Jazeera », a fondé sa décision sur un « hadith » rapportant que sur son lit de mort, Mahomet avait déclaré qu’il ne « devait pas y avoir deux religions dans la Péninsule ». En tant que président du Conseil Suprême des oulémas, ainsi que du comité permanent pour la recherche scientifique, le grand mufti a adressé son décret à l’ensemble des pays du Golfe.

De son côté, le capucin suisse Paul Hinder, vicaire apostolique d’Arabie du Sud, basé à Abu Dhabi, ne souhaite pas jeter de l’huile sur le feu en réagissant trop fort face à la fatwa du haut responsable religieux saoudien. Il compte toutefois sur le gouvernement pour discrètement rehausser le niveau de protection des chrétiens.

Plusieurs millions de travailleurs chrétiens vivent dans cette région et contribuent à sa prospérité. La plupart d’entre eux viennent d’Inde, des Philippines, d’Egypte, de Corée, mais on compte également nombre d’expatriés des pays occidentaux appartenant à de nombreuses dénominations chrétiennes.

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