Sri-Lanka : « Laissez-nous reconstruire ! »

L’évêque de Jaffna décrit la désolation lors de sa visite dans une région dévastée par la guerre.
Mgr Thomas Savundaranayagam, évêque de Jaffna (au nord de l’île), a déclaré qu’il y a encore beaucoup à faire pour réhabiliter l’ancienne zone des conflits et ainsi faire en sorte que les réfugiés puissent rentrer chez eux.

Dans une lettre au Nonce Apostolique, Mgr Joseph Spiteri, il a déclaré que le rythme pour la reconstruction du territoire devait s’accélérer : « Nous, ainsi que les troupes présentes ici [dans le nord] pensons que la reconstruction devrait aller plus vite et une certaine pression devrait être exercée par les responsables religieux, les missions étrangères et la Police Militaire gouvernementale pour accélérer le processus. Le Gouvernement seul ne suffit pas. Les gens attendent anxieusement dans les camps de Cheddikulam le jour où ils pourront repasser à l’Est de la route A9 [chemin des éléphants] ».

Les déplacés lors de la dernière année de la guerre civile qui a détruit le Sri Lanka commencent lentement à rentrer chez eux. Mgr Savundaranayagam a entrepris une mission d’enquête dans les anciennes zones de guerre pour examiner l’état des églises, des couvents et des autres édifices religieux. Escorté par l’armée, il a rejoint le village de Puthukudiyiruppu le 29 janvier où il a rencontré le commandant des Forces Spéciales sri-lankaises. « Depuis que le village est devenu le centre des activités du LTTE [Libération des Tigres Tamouls Eelam], et cela a duré un long moment, de violents combats s’y sont déroulés. Aucune maison n’a été épargnée, les noix de coco cassées et les palmiers abattus laissant au regard une véritable scène de dévastation », écrit l’évêque. Et Mgr Savundaranayagam d’ajouter : « Nous avons aussi visité d’autres églises (Saint-Sébastien, l’Enfant Jésus, la Sainte Face, etc…) et la plupart d’entre-elles avaient leurs toits arrachés, les statues étaient cassées et les objets de messe étaient éparpillés çà et là. Avec la pluie, la jungle avait tout envahi. »

Par ailleurs, Mgr Savundaranayagam a visité la zone de cessez-le-feu, Mathalan, une mince bande de terre où 100.000 personnes ont trouvé refuge à la fin de la guerre : « Ce fut le théâtre de la mort de milliers de soldats, de militants ainsi que de pauvres réfugiés », écrit-il.

Pendant la dernière année du conflit, l’Aide à l’Église en Détresse a dépêché une aide d’urgence pour le Sri Lanka pour un montant total de près de 50 000 €.

 

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