Alors que l’attentat du 10 mai dans la capitale syrienne a fait 55 morts et plus de 300 blessés, le vicaire apostolique latin d’Alep, Mgr Giuseppe Nazzaro, dénonce la présence d’agitateurs libyens et turcs qui ont provoqué l’assaut de l’armée syrienne contre l’Université d’Alep, causant la mort de quatre étudiants, le 2 mai dernier. Il explique que les militants islamistes étrangers tentent depuis des mois de soulever les universitaires d’Alep, dans le but de susciter la violence dans cette ville qui est la seule encore épargnée par les affrontements entre le régime et les rebelles.

« Alep est la seule ville qui ne s’est pas soulevée contre Assad »
Le religieux franciscain ne vit qu’à 150 mètres de l’Université, et a vu de ses propres yeux l’assaut des forces syriennes contre les quelque 1500 manifestants défilant contre le régime de Bachar al-Assad. Selon les témoins, les soldats ont pourchassé les étudiants dans les résidences de l’Université et arrêté plus de 200 d’entre eux. Pour éviter d’autres incidents, les autorités ont fermé le campus jusqu’à la fin de l’année académique.
« Alep est la seule ville qui ne s’est pas soulevée contre Assad », rappelle l’évêque, mais s’il y a bien eu quelques manifestations ces derniers mois, « les gens ne veulent pas de violence ». Il relève que des militants islamistes ont tenté de pousser les jeunes à adopter un comportement inconsidéré et dangereux « dans le but de créer un climat de violence et de chaos dans la ville. Cela menace tout le monde« . Mgr Nazzaro explique que la ville d’Alep est sous haute tension depuis les incidents sanglants du mercredi 2 mai dernier.
Des médias occidentaux accusés de désinformation
Les couvents et les paroisses ont ouvert leurs portes pour accueillir des centaines d’étudiants, musulmans et chrétiens confondus. Le vicaire apostolique estime que la situation est de plus en plus hors de contrôle. La Turquie, la Libye et d’autres pays musulmans envoient des hommes et des armes pour mener la guerre contre le régime du président Assad. « Cela a créé une situation rendant impossible un cessez-le-feu et une réconciliation« .
Mgr Nazzaro affirme également que nombre de nouvelles dans les médias occidentaux sont fausses ou « fabriquées », ou ne s’appuient que sur des médias impliqués dans la guerre de l’information, comme la télévision « al Jazeera » et d’autres médias financés par le Qatar et l’Arabie Saoudite, des puissances sunnites qui soutiennent les rebelles.
Source: Apic