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Mgr Ghaleb Bader : un évêque arabe à Alger

mgr-ghaleb-bader-archeveque-dalger1« Je n´aurais jamais imaginé un jour être nommé archevêque d´Alger, même dans mes rêves… Je pensais rester toujours au service de l´Eglise de Jérusalem, Eglise mère, lieu de la première prédication », confie Mgr Ghaleb Moussa Abdallah Bader, archevêque d´Alger depuis le 24 mai 2008.
Mgr Bader est le dernier-né d´une famille paysanne de neuf enfants du village de Khirbeth, au nord de la Jordanie. Né le 22 juillet 1951, il étudie au séminaire de Beit-Jala, près de Jérusalem, avant d´être ordonné prêtre en 1975 à Amman. Après des études en philosophie et en droit à Damas et à Rome et après avoir été secrétaire du patriarche latin de Jérusalem, vicaire dans la capitale jordanienne et consulteur auprès du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux à Rome, Mgr Ghaleb est le premier homme d´Eglise arabe à diriger le diocèse d’Alger depuis 1838, date de sa création.
Difficile de se faire une idée précise de l’Eglise qui lui est confiée dans ce pays si vaste! En fait, il n´y a pas de statistiques fiables, car l´Eglise en Algérie est une Eglise mouvante, composée essentiellement de travailleurs immigrés. Il y a aussi de nombreux étudiants de l´Afrique sub-saharienne, de passage également.
Concernant les évangéliques, Mgr Bader reconnaît que leur prosélytisme fait du bruit en Algérie et que ce phénomène durcit les fronts et suscite de la méfiance dont l’Eglise catholique est aussi victime, ne serait-ce que pour l’obtention de visas par exemple. Mais, souligne-t-il, « il y a du respect à notre égard de la part des autorités. L´archevêque d´Alger est une des figures symboles de l´Algérie et fait partie du paysage diplomatique du pays. A noter que du fait que je sois le premier évêque arabe à Alger, cela peut être ressenti de deux manières: une certaine fierté, mais aussi un questionnement pour ceux qui ont dans l´idée que tout arabe est musulman… »
Pour l’avenir, Mgr Bader reste confiant, même s’il faudra encore du temps pour que les atrocités des années 90, disparaissent de la psyché du peuple algérien. « L´Eglise a perdu 19 martyrs, mais je ne veux pas dire qu´il s´agissait d´une persécution visant spécifiquement les chrétiens. Il y a eu peut-être 250 000 victimes durant cette période, et comme l´Eglise fait partie de ce pays, elle a aussi souffert de cette violence aveugle qui n´a épargné personne. On se sort difficilement de cette violence sans respect pour personne qui a duré une décennie… Mais c´est sûr, on va vers le mieux! »

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