200 millions de chrétiens ne peuvent vivre leur foi librement > faire un don

Moh-Christophe Bilek

« Algérien, kabyle, catholique » bilek2

«Il y a un vrai combat. Nous, qui avons quitté l’Islam, on veut nous empêcher de parler, car nous sommes les seuls à pouvoir dire réellement comment sont traités les chrétiens dans les pays musulmans». Moh-Christophe Bilek ne s’embarrasse pas de formules. Algérien, kabyle, converti au christianisme pendant son adolescence et baptisé à 20 ans, cet homme n’a de cesse de dénoncer le calvaire que vivent ses frères dans la foi en Algérie, environ 50 000 dans ce pays.
«Après une année 2008 marquée par  une réelle campagne médiatique et politique, contre les chrétiens en Algérie, a succédé une période silencieuse pour permettre d’entériner (novembre 2008) l’adaptation de la Constitution algérienne à la réélection, pour la 3ème fois, d’Abdelaziz Bouteflika, avec changement de Premier ministre (juin 2008) au passage, pour donner le change aux pays occidentaux ». Mais les faits l’attestent (voir notre article p 14-17),  la persécution et l’insécurité demeurent. Comme demeure l’inquiétude de Christophe Bilek et de sa femme Louisa, baptisée il y a quelques années après 30 ans de mariage, qui reviennent d’Algérie, après un séjour de 4 semaines en août.
Rappelons que, avec trois autres amis chrétiens, ils ont été amenés à fonder une fraternité de prière, Mère Qabel-Mère Accueil, qui s’est donnée pour tâche de prier pour tous les musulmans convertis et pour les chrétiens d’Algérie, en particulier.
Le nouvel évêque d’Alger, nommé en septembre 2008 et intronisé à Rome en juin dernier, qu’ils ont pu rencontrer cet été, leur donne beaucoup d’espérance du fait qu’il est Arabe chrétien (Jordanien). En effet, tout en étant conscient des difficultés, et de la prudence plus que jamais nécessaire en Algérie, il s’est montré favorable à une inculturation locale de la présence chrétienne et d’une annonce évangélique adaptée. Il apporte de fait son soutien à la création d’un petit groupe de laïcs formés, armés pour témoigner et évangéliser ceux qui le souhaitent.
L’enjeu est de taille, et Moh-Christophe le sait, lui qui a découvert le Christ grâce à des émissions de radio, puis, en traversant quotidiennement une église (raccourci indiqué par un ami pour rejoindre plus vite son école). Mais c’était à une époque (débuts des années 60) où l’islamisme n’existait pas. Depuis il a approfondi ce chemin de conversion, par la force des choses: «Pour nous, qui venons de l’Islam, suivre le Christ a pour conséquence, ipso facto, de  rompre, avec son passé, sa famille et sa communauté, et ses certitudes morales ou spirituelles. Il est bien plus simple de rester musulman… croyez-moi ! Les excuses sont nombreuses et faciles, pour ne pas opérer cet arrachement. Quitter l’Islam est périlleux, il se fait au risque de sa vie. Alors, par pitié, sœurs et frères d’Occident, accueillez et soutenez ceux qui le font».

Un Algérien pas très catholique, par Mohammed-Christophe Bilek, éditions du Cerf (1999).
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