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Père Grégor Prichodko : un poumon en Orient


pere-gregorEt l’autre en Occident ! Vicaire à la cathédrale de Pontoise, responsable de l’aumônerie des jeunes et de l’équipe des JMJ sur le doyenné, prédicateur occasionnel pour l’AED, le père Grégor Prichodko, jeune prêtre polyglotte (il parle sept langues) de 36 ans, est tout ce qu’il y a de plus latin, rite dans lequel il est ordonné et langue qu’il enseigne, avec l’histoire comparée de la liturgie, au Séminaire russe orthodoxe du Patriarcat de Moscou à Epinay-sous-Sénart.
En réalité, son tropisme slave lui vient de loin : sa famille, d’origine allemande, s’installa dans la région de Saratov, en Russie, au milieu du XVIIIe siècle. Puis les vicissitudes de l’histoire, la déportation de ses grands-parents en Sibérie par Staline, suivie de l’installation au Kazakhstan, firent naître le père Grégor à Karaganda, au beau milieu de la steppe kazakhe.
Elevé dans l’athéisme et proche de sa grand-mère pratiquante, le père Grégor a découvert sa vocation à 16 ans, en 1990. « L’URSS s’écroulait, on savait que l’enseignement était faux, on était à la recherche d’autre chose ! » confie-t-il. Il part alors pour Riga, à 5.000 km de chez lui, où il y avait le seul Séminaire catholique de l’Union soviétique. Les cours étaient en letton mais il apprit aussi le polonais, la diaspora étant importante … Après deux ans, il est envoyé à Notre-Dame de Vie à Venasque dans le sud de la France, où il apprend le français pour terminer ses études.
Ordonné dans la petite église en brique rouge où il accompagnait sa grand-mère à Karaganda, il enseigne au tout nouveau séminaire pour l’Asie centrale, créé dans cette même ville, jusqu’en 2001. C’est ensuite Rome pour une maîtrise en droit canon, puis le Kazakhstan à nouveau pour l’enseignement, puis Rome pour un travail de recherche, puis finalement la France où il est depuis 2005, d’abord comme Fidei Donum pour le diocèse de Pontoise et maintenant incardiné dans ce même diocèse depuis la Toussaint 2010.
Une histoire un peu mouvementée ? Certes, mais quelle bonne préparation pour servir de pont entre catholiques et orthodoxes. Présent dans la délégation qui entourait Mgr Vingt-Trois lors de sa visite à Moscou en 2008 (il parle bien sûr le russe), le père Grégor estime que les deux Eglises savent que l’union prendra du temps, l’aspect théologique nécessitant encore des développements, mais que sur le plan pratique, notamment sur les questions éthiques, on peut parler de convergence totale. Et cela le réjouit car dit-il, « il n’y a plus de temps à perdre : le message chrétien doit être exposé avec clarté et insistance ! »

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