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LE
PERE WERENFRIED VAN STRAATEN, LE "PERE AU LARD"
Werenfried
van Straaten naquit le 17 janvier 1913 à Mijdrecht,
près d'Amsterdam (Pays-Bas). En réalité,
il aurait dû devenir enseignant comme son père
et il entama en 1932 des études de philologie classique
à l'université d'Utrecht. En 1934, il entra
à l'abbaye flamande des Prémontrés de
Tongerlo (Belgique).
Il fut atteint d'une tuberculose et un médecin constata
que le jeune religieux ne serait pas à même de
satisfaire aux exigences quotidiennes du service pastoral,
de la mission dans le tiers monde ou de la prédication.
L'abbaye envisageait son renvoi. Mais, nonobstant ce diagnostic,
Werenfried van Straaten put rester à l'abbaye, et il
devint secrétaire de l'abbé. C'est dans cette
fonction qu'il devint responsable de la rédaction du
périodique de l'abbaye, "Toren" (La Tour).
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Le fondateur de l'Oeuvre
En 1947, le père Werenfried van Straaten lança
une gigantesque campagne d'aide qui déboucha sur la
fondation de l'Oeuvre "Aide aux Prêtres de l'Est". De
cette organisation est née l'Oeuvre universelle
"Aide à l'Eglise en Détresse" qui distribue
actuellement environ
70 millions d’euros par an pour l'Eglise dans 138 nations.
En
1947, dans le numéro de Noël de cette revue, Werenfried
écrivit un article intitulé "Paix sur la terre ?
Pas de place à l'auberge". Agé alors de 34 ans,
il sollicita de l'aide pour les 14 millions d'Allemands expulsés
de l'Est, dont 6 millions étaient des catholiques.
La vague d'aide des Flamands qui s'ensuivit justifia la naissance
de l'Oeuvre "Aide aux Prêtres de l'Est".
La première
chose que le jeune Prémontré
demanda aux fermiers en Flandre était du lard.
On en collecta tant qu'il reçut le titre honorifique
de "Père au lard".
Le
lard fut la première chose que le Père Werenfried
a demandé aux paysans, car ainsi il pouvait au moins
soulager la faim dont souffraient les réfugiés.
De plus, il s'était rendu compte très vite que
les paysans gardent plus souvent une provision de lard chez
eux, que de l'argent, et qu'ils étaient plus disposés
à le partager. Les quantités de lard reçues
étaient si abondantes que le Père Werenfried
fut bientôt doté du sobriquet "Père au
Lard".
A partir de 1948,
le père Werenfried collabora avec Mgr Kindermann, le
directeur de la "Maison paternelle des Expulsés" et
du séminaire de Königstein (Allemagne), non loin
de Francfort. A partir de Königstein, le père
Werenfried organisa aussi la motorisation des nombreux "prêtres
sac au dos", occupés dans la pastorale des expulsés.
En 1950 déjà, les premières chapelles
roulantes purent partir de Königstein vers les catholiques
expulsés vivant dispersés dans la diaspora.
En plus de ses
activités nombreuses et immenses, le Père Werenfried
se chargea à partir de 1952 de l'aide à l'Eglise
persécutée derrière le Rideau de Fer.
La même année, le père Werenfried entama
ses premières campagnes de prédications par
un voyage à travers l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse.
Toujours la même année, ce prêtre infatigable
fonda l'"Ordre international des Compagnons-Bâtisseurs".
Cet ordre réunissait des jeunes qui construisaient
des maisons pour des pauvres et des églises pour Dieu.
A cette époque,
l'"Aide aux Prêtres de l'Est" travaillait déjà
depuis six ans en Allemagne et en Autriche. L'aspirant prêtre
maladif de 1934 était devenu un organisateur brillant,
un prédicateur passionnant et un missionnaire populaire
très connu. Il faisait jusqu'à 9O sermons par
mois et voyait dans la "mendicité" son charisme propre.
Avec son "chapeau à millions" troué, déjà
devenu légendaire, on le trouve, aujourd'hui encore,
aux portes des églises après les messes et aux
sorties des salles après ses conférences, collectant
pour son Oeuvre.
En
1953 parut pour la première fois le périodique
bimestriel appelé "Bulletin", rédigé
et édité par lui. Il paraît actuellement
en sept langues et connaît un tirage de quelque 700.000
exemplaires.
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Une des nombreuses
rencontres du "Père au lard"
avec le cardinal Mindszenty.
En
1956, lors de l'insurrection hongroise, le père Werenfried
se rend à Budapest et rencontre le cardinal Mindszenty,
libéré de prison. L'aide à la Hongrie
commence.
Le père Werenfried parcourt les pays qui accueillent
des réfugiés en Asie pendant l'année
1959. Il rencontre Mère Teresa dans la "Maison des
Mourants" à Calcutta.
Un premier livre du père Werenfried paraît en
1960 : "On m'appelle le Père au lard".
ARome, le père Werenfried participe, en tant que conseiller
d'un évêque, au deuxième Concile du Vatican
en 1962, . Il y rencontre soixante évêques de
pays derrière le "Rideau de Fer", soutenus directement
ou indirectement par l'Oeuvre.
Lors de la révolte
des Simbas, en 1965, il se rend au Congo/Zaïre où,
l'année suivante, il fonde, avec Mère Hadewych,
une religieuse belge, la communauté religieuse des
"Filles de la Résurrection" qui permettra à
de jeunes Africaines, même analphabètes, d'entrer
dans une congrégation religieuse.
Le père Werenfried publie son livre "Où Dieu
pleure" en 1969.
Nommé
"Modérateur général" de l'Oeuvre par
le pape Paul VI en 1964, Werenfried van Straaten démissionne
comme tel en 1981, à l'âge de 68 ans. Il continue
cependant à rédiger son "Bulletin", donne des
sermons et demeure doté à vie de droits de vote
spéciaux en tant qu'assistant ecclésiastique
et fondateur de l'Oeuvre. En 1981, le père Werenfried
reçoit la grande Croix fédérale du mérite
de la République fédérale d'Allemagne.
La Hollande et l'Autriche aussi l'ont honoré par des
distinctions.
Après l'effondrement du régime communiste en
Europe de l'Est, de nouvelles dimensions se sont présentées
à la tâche de réconciliation du père
Werenfried. Pour lui commence un nouveau chapitre dans les
relations entre l'Eglise occidentale latine et l'Eglise sœur
orientale orthodoxe. C'est ainsi qu'en 1992 déjà,
il fait un appel à la réconciliation de la chrétienté
divisée et demande l'aide des catholiques pour l'Eglise
soeur orthodoxe. Comme il avait fait appel à l'amour
des "ennemis d'hier" après la guerre, il prêche
à présent l'effort de dépassement du
schisme des deux Eglises, qui existe depuis 1054 entre l'Est
et l'Ouest.
En 1999, il participe
au Congrès "Communion et Libération" (CL) à
Rimini, en Italie. Il est reçu en audience chez le
Pape Jean-Paul II à l'occasion de la présentation
de la nouvelle présidence de "Aide à l'Eglise
en Détresse" à Rome en octobre.
En
mai 2000, il célèbre une messe solennelle à
Rome ainsi qu'en juillet dans la cathédrale de St Hertogenbosch,
Pays-Bas, à l'occasion du 60ème anniversaire
de son ordination sacerdotale (25 juillet 1940).
Après
la Sainte Messe célébrée avec le Père
Alliende, l'assistant spirituel international de l'œuvre,
le Père Werenfried lui remet la petite croix qui durant
des années avait trouvée place sur son bureau,
en le priant de la remettre à son tour à son
successeur.
Jusqu'à
sa mort, malgré son âge et sa fatigue, le Père
Werenfried écrit encore régulièrement
dans le Bulletin, et continue quelquefois à
quêter avec son "chapeau à millions".
Le 17 janvier 2003, le fondateur fête son 90ème
anniversaire : des cérémonies en son hommage
ont lieu à Limbourg (Allemagne) et d'autres sont prévues
à Notre Dame de Paris le 05 février. Mais il
s'éteint le 31 janvier laissant derrière lui
une oeuvre immense. L'AED veut rester fidèle aux objectifs
fondamentaux du Père Werenfried et poursuivre son action d'aide
aux chrétiens en détresse.
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