Éthiopie : Tout a été volé, brulé… sauf le Saint Sacrement

Mgr Abraham Desta, vicaire apostolique de Meki en Ethiopie, a exprimé à l’AED son effroi après que le presbytère, le couvent et la clinique de Gighessa ont été pillés par des gens que l’Eglise avait aidés. Tout a été volé ou brûlé : vêtements, lits d’hôpital, matériels informatiques et au moins 12 000 kg de denrées alimentaires, c’est-à-dire les réserves pour l’année à venir.

ACN-20160229-36999Dans un rapport adressé à l’AED, Mgr Abraham Desta a décrit comment la paroisse de Gighessa – « l’un des plus anciens et plus grands centres paroissiaux du vicariat de Meki » – a été attaquée le 18 février « par les gens pour lesquels nous travaillons et avec lesquels nous coopérons étroitement ». Mgr Desta a décrit comment les villageois, « y compris les jeunes et les vieux, les femmes et les enfants… ont commencé à jeter des pierres et à détruire les biens de l’Église », notamment le presbytère, le centre pastoral du diocèse, un petit couvent d’Ursulines et une clinique spécialisée dans les soins aux personnes handicapées.

Plus de 55 participants à une conférence sur l’éducation préscolaire, qui se déroulait alors dans le centre pastoral, ont été obligés de s’enfuir précipitamment pour se mettre à l’abri des assaillants. « Sauf les religieuses ursulines qui gèrent l’hôpital, elles sont restées sur place avec leurs patients parce qu’elles ne voulaient pas les abandonner. »
La foule en furie a d’abord exigé la remise de tous les biens de la clinique, pour ensuite « commencer à tout détruire ou à emporter sous les yeux des religieuses, y compris des vêtements personnels. » Et l’évêque poursuit : « Malheureusement, personne n’est venu en aide aux religieuses. Mais avec la grâce de Dieu, elles sont parvenues avec leurs patients à rejoindre Shashamane, la communauté la plus proche, et y ont passé la nuit. »

ACN-20160229-37004Actuellement, les patients sont pris en charge à Shashamane.
« Ils ont tout perdu, sauf le bien le plus précieux de la vie, que Dieu le Tout-Puissant nous offre. Et c’est triste à dire, mais tout ceci était l’œuvre des villageois auxquels les religieuses vouent leur service, qu’elles connaissent parfaitement – même s’ils ne comptaient pas tous parmi les assaillants, mais il y en avait du moins beaucoup. »

Un butin gigantesque

L’évêque a confirmé qu’il n’y avait pas eu de blessé. « Cependant,… peu après le départ du groupe, les misérables sont revenus et ont incendié le presbytère… et le pickup Toyota et ont détruit tous les autres bâtiments… De plus, ils ont emporté tout ce qui appartenait au centre – les meubles, dont plus de 250 lits, des matelas, plus de 700 couvertures, des draps, des housses de couette, quatre ou cinq réfrigérateurs et congélateurs, des lave-linge, téléviseurs, générateurs, copieurs, ordinateurs, et même les portes et les fenêtres de la maison. »
Ils ont laissé « cet endroit dans un état de dévastation et de dépouillement total. Même dans la cuisine, ils ont tout pris. »

Le butin des assaillants comptait plus de 12 000 kg de denrées alimentaires, notamment du blé, du riz et des pâtes – soit les réserves alimentaires du centre pour toute une année.
Les vaches et les poules élevées dans une petite ferme non loin du centre paroissial ont également été volées.
L’école a été le seul bâtiment du centre à avoir été épargné par les assaillants.

Pourquoi?

ACN-20160229-36996L’évêque a ajouté : « Aujourd’hui, une question préoccupe nos cœurs et nos pensées : Pourquoi, Seigneur ? Pourquoi de cette façon ? J’espère que le Seigneur pourra nous donner une réponse en temps voulu. »
Mais en poursuivant son récit, Mgr Desta a raconté comment Dieu a aussi montré qu’Il était à leurs côtés durant l’attaque.
« Le Saint Sacrement était resté dans l’église parce que les religieux et les moniales ne sont pas parvenus à y pénétrer… Mais à notre surprise, deux jeunes filles catholiques de Gighessa qui avaient prétendu faire partie des assaillants, sont allées le lendemain dans l’église, ont pris le Saint Sacrement et l’ont emporté dans la communauté de Shashamane. » Et l’évêque de conclure : « À travers tous ces événements, le Seigneur nous rappelle qu’Il se tient à nos côtés jusqu’au bout. »

 

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