Irak : entre espoirs et craintes

Malgré la grande joie ressentie à l’annonce de la libération de la grande majorité des villages de la plaine de Ninive, il faut s’attendre maintenant à des étapes extrêmement difficiles pour que les réfugiés puissent retourner dans leurs maisons, confie le Père Louis Montes, de l’Institut du Verbe incarné, vicaire épiscopal de l’évêque latin pour le Kurdistan.

IRAQ Christmas Luis Montes« 60% des habitations dans la plaine de Ninive incendiées »

« Lorsque nous avons appris que Daech se retirait, des fêtes spontanées ont eu lieu dans les camps de réfugiés. Les gens sont sortis dans les rues, pour danser et pour chanter, comme s’il n’y avait plus aucun problème dans leur vie », témoigne le Père Luis Montes à l’AED. Cependant « selon des estimations, 60% des habitations dans la plaine de Ninive ont été incendiées. Les terroristes ont non seulement fait main basse sur l’ensemble de leurs biens, mais ils ont aussi parsemé la région de mines. Ils ont même ‘dissimulé des bombes dans les jouets des enfants’ afin qu’elles explosent lorsque les habitants reviennent chez eux ». L’air grave, le Père Montes déplore : « Quelques personnes ont certes pu retourner dans leurs maisons, mais uniquement pour constater leur pure existence. Car il est impossible d’y habiter » et ajoute « Il faut d’abord déminer toute la région. Ce n’est qu’alors que les villages pourront être reconstruits de zéro. Tout reste encore à faire, les gens ne possèdent plus rien ».

Garder l’espoir malgré tout

Cependant, selon le Père Montes, les réfugiés d’Erbil, capitale de la région semi-autonome du Kurdistan « ne perdent pas l’espoir de pouvoir retourner dans leurs maisons. Ils s’imaginent d’y vivre à nouveau et d’y recevoir des amis et des proches. Car pour eux, l’hospitalité est essentielle. Malgré tout, les Irakiens non perdu ni le sourire ni l’espoir. » Le Père Luis Montes témoigne combien leur capacité de dépassement est exemplaire. Ils ont supporté ces terribles années « non seulement en paix, mais dans la joie ». Et de rajouter : «  Il est facile d’assurer la pastorale ici, car ils vivent vraiment ce qu’ils disent. Il est facile de leur parler de pardon, car ils pardonnent sans rancune. Ce sont eux qui nous motivent. »

Appel à la communauté internationale

Le prêtre de l’Institut du Verbe incarné lance un appel à la communauté internationale de ne pas oublier l’Irak après la défaite de Daech. « Ce pays doit être reconstruit de zéro. Les gens ont tout perdu. »

L’AED soutient l’Irak notamment depuis 2011 à travers différents projets, comme la construction d’écoles, la location de logements pour les familles de réfugiés, les intentions de messe pour les prêtres, des cadeaux de Noël ou en payant les frais d’entretien de différents camps de réfugiés des chrétiens. Le Père Luis Montes assure que les réfugiés « savent qu’ils doivent la vie aux chrétiens d’autres pays. Ils prient toujours pour leurs bienfaiteurs. »

Partager :
Cette entrée a été publiée dans accueil, Actualité, Homepage, moyen-orient, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.