Les JMJ de la Miséricorde

225 Irakiens sont venus grâce à l'AED

225 Irakiens aux JMJ grâce à l’AED

Si les Journées Mondiales de la Jeunesse 2016 ont été, à l’instar des précédentes, une grande manifestation de joie, elles auront cette année été spécialement placées sous le signe de la Miséricorde, dans une période tragiquement marquée par le terrorisme. Tour d’horizon de ces jeunes du monde entier.

2,5 millions de pèlerins

1-en-cette-annee-de-la-misericorde-le-pape-a-lance-un-appel-fort-a-la-jeunesse« Heureux les miséricordieux car ils obtiendront miséricorde » (Mt 5, 7). Le thème des JMJ de Cracovie, en cette Année de la Miséricorde, était tout à fait d’actualité. En cette période trouble, où les attentats se multiplient notamment en France, on pourrait céder à la haine et à la panique. Il n’en a rien été pour les pèlerins français. Les mesures prises par l’armée polonaise pour assurer la sécurité étaient omniprésentes, car des menaces avaient été décelées. Pour autant, 2,5 millions de jeunes ont répondu à l’appel du pape François. Et le lendemain même de l’assassinat du Père Jacques Hamel, lors de la messe qui se tenait dans le cadre d’un festival français d’évangélisation à Cracovie, si l’assemblée était émue et le prêtre bouleversé, le ton de son homélie était parfaitement juste. Réaliste, mais dans l’apaisement, proposant comme arme une courageuse réponse : le pardon. Qui sommes-nous en tant que chrétiens ? Sur quoi repose notre espérance ? Répondre au mal par la miséricorde, être des exemples pour le monde.

Une expérience d’universalité

Peter, du Myanmar : "S'il vous plaît, priez pour la paix dans mon pays."

Peter, du Myanmar : « S’il vous plaît, priez pour la paix dans mon pays. »

Le mal, beaucoup de jeunes des JMJ le vivent dans leur pays. Et ces journées sont pour eux une bouffée d’oxygène.
Peter, du Myanmar, est très souriant, mais reste très discret sur son pays : « Il y a beaucoup de défis à relever dans mon pays. Certaines choses sont très différentes d’ici. S’il vous plait, priez pour que viennent rapidement la paix et la justice dans mon pays. » Azeez, un jeune Irakien de 19 ans de Qaraqosh, et réfugié près de Lyon, explique qu’il est parti sans rien avec sa famille, sans regret d’avoir tout quitté pour sa foi : il n’a pas hésité, même si cela signifiait passer par des camps de réfugiés. « On prie pour notre pays, mais maintenant, avec ce qu’il se passe en France, on prie aussi pour la France. » Manhal, Irakien lui aussi, 27 ans, confirme qu’il vit « chaque jour des moments très forts. La nuit, nous rencontrons d’autres groupes du Moyen-Orient, qui organisent des événements : c’est très réconfortant pour nous qui traversons des moments difficiles. » Et Manhal d’ajouter : « Priez pour l’Irak, qui est en train de se déliter et aidez-nous, nous avons encore besoin de votre soutien, de la façon dont vous pouvez. »

Urbain, du Tchad, a spécialement été enrichi par les enseignement sur la Miséricorde

Urbain, du Tchad, a spécialement été enrichi par les enseignements sur la Miséricorde

Urbain, un jeune Tchadien de 25 ans, vit ses premières JMJ. « C’est une grande joie pour moi de faire connaissance avec le monde entier et c’est une grâce de rencontrer le pape pour la première fois et tout ce que l’on reçoit aux catéchèses est précieux. Ça me permet de vivre réellement ce qu’on appelle la Miséricorde. » Bashar, 25 ans, de Damas, est un grand jeune homme jovial. Mais lorsque l’on évoque la Syrie, son visage s’assombrit. « La situation dans mon pays est encore pire que ce que l’on croit. »

La messe en cachette

Meriem, convertie, doit vivre sa foi cachée

Meriem, convertie, doit vivre sa foi cachée

Meriem (prénom modifié), une Algérienne convertie au catholicisme, 27 ans, qui travaille désormais  en France, vient aux JMJ pour la seconde fois : « Ça fait du bien de voir autant de joie, de prière. En rentrant, je raconterai à mes proches tous les moments extraordinaires qu’on a vécus ici ; les JMJ m’ont vraiment permis d’approfondir ma foi. » Lorsque Meriem évoque l’Algérie, où elle a grandi, elle ne cache pas les difficultés d’être une convertie en pays musulman. Seuls ses parents et sa fratrie sont chrétiens dans une famille de musulmans. Ils vont à la messe en cachette. Si le reste de la famille l’apprenait, ça serait dangereux pour eux. Mais il y a de vrais signes d’espérance : « On voit tous les jours beaucoup de gens se convertir au christianisme. Mes parents ont d’abord testé un mouvement évangélique, mais très vite, nous nous sommes tournés vers la foi catholique. » La jeune fille explique comment ces musulmans qui se convertissent peuvent venir au Christ grâce à l’évangélisation sur Internet, mais souvent, la conversion s’opère spontanément, par les songes : « Je connais beaucoup de gens qui se sont convertis parce qu’ils ont vu Jésus la nuit », témoigne-t-elle.

Plus jamais seuls dans la foi

Irada, turkmène, ne se sent enfin plus seule dans sa foi

Irada, turkmène, ne se sent enfin plus seule dans sa foi

Irada vient d’Ashgabat au Turkménistan. « Dans mon pays, la majorité des gens sont musulmans, et nous sommes une petite communauté de catholiques. J’ai rencontré aux JMJ d’autres jeunes qui viennent de pays musulmans. J’ai vu comment ils vivent leur foi… et j’ai compris que je ne serai jamais seule. » Irada ajoute qu’elle souhaite transmettre ce qu’elle a reçu : « J’aimerais retrouver une occasion de parler à des catholiques d’autres pays musulmans, pour leur faire sentir la même chose, qu’ils ne seront plus jamais seuls ! »
Tariq, un jeune Pakistanais de 19 ans, ressent la même chose qu’Irada. Il raconte qu’il a déjà vu le pape au Sri Lanka l’année dernière. Le souvenir illumine son visage : « J’ai vécu un moment très fort là-bas, et je suis très heureux à l’idée de revoir le Saint-Père. » Il ajoute que « c’est exceptionnel de pouvoir partager sa foi avec tant de monde », contrairement à son quotidien où les chrétiens sont ultra-minoritaires. Lui aussi prend conscience, avec ses premières JMJ, qu’il n’est pas seul dans la foi. Ça lui donne la force d’affronter les difficultés. Un autre jeune Pakistanais explique : « Le Pakistan est le pays de nos ancêtres depuis des centaines d’années, mais être chrétien là-bas, c’est vivre sous la critique et les menaces. Face aux humiliations et propos haineux, Jésus est mon abri, je me réfugie en lui. » Mickey Paul, lui, vient du Bangladesh : « Être chrétien au Bangladesh, c’est être un parmi des milliers de musulmans : il n’y a que 0,5 % de chrétiens. Parfois, quand un musulman rencontre un chrétien pour la première fois de sa vie, il est fasciné et se dit : « voilà à quoi ressemble un chrétien ? » mais parfois, ajoute-t-il, le chaos du pays et l’agitation politique nous tirent vers l’arrière. »

Laisser une empreinte

pendant-la-veillee-le-pape-a-lance-un-appel-a-la-jeunesse-3Pendant la veillée du 30 juillet, le pape a invité ces jeunes du monde entier à surmonter les différences : « Nous, nous ne voulons pas vaincre la haine par davantage de haine, notre réponse à ce monde en guerre s’appelle fraternité, communion, famille. Nous célébrons le fait de venir de diverses cultures et nous nous unissons pour prier. » Il a aussi lancé un appel fort à la jeunesse : « Jésus n’est pas le Seigneur du confort. Pour suivre Jésus, il faut avoir une dose de courage, il faut se décider à échanger son canapé contre une paire de chaussures sur des routes qui peuvent ouvrir de nouveaux horizons. » Le pape invite les jeunes à agir pour changer le monde : « Dieu attend quelque chose de toi. Il t’invite à rêver, il veut te faire voir qu’avec toi le monde peut être différent. C’est un défi ! Jésus t’invite, il t’appelle à laisser ton empreinte dans la vie, une empreinte qui marque l’histoire. »

« Vivre notre foi au grand jour »

sur-le-stand-de-laedQuitterie, étudiante française, est revenue très enthousiaste de ses premières JMJ : « Ce fut d’abord une rencontre physique avec nos compatriotes et les étrangers partageant la même foi, puis une rencontre spirituelle, en prenant conscience que nous sommes tous amenés à devenir saints. Et ça a été une grande joie, d’enfin voir le Pape, le rencontrer et l’entendre parler, nous confiant une mission, nous demandant de vivre notre foi au grand jour ! »Diane, étudiante française de 21 ans, a retenu cet appel du pape: « Les JMJ ont avant tout été une grande reconsidération de ma foi : de celle qui dépasse les frontières humaines, de celle qui génère tant d’espérance et de fraternité, de celle qui fédère plus de 2 millions de pèlerins autour du Christ, de celle qui rappelle qu’être chrétien est une force incommensurable. L’envoi en mission par le pape a été une formidable concrétisation de cet incroyable élan. »

Prier en communion

annee-de-la-misericordeLes moments de grâce des JMJ, ce sont aussi les temps de prière. Wilmen, dont le pays –Venezuela – traverse une grave crise, se tourne vers l’Europe : « Je prie pour la France, pour qu’il n’y ait plus de terrorisme contre les prêtres. Puisse le Seigneur toucher le cœur des terroristes pour transformer la haine en paix. »

Christine, une jeune chrétienne du Caire, élargit aussi sa prière à l’ensemble des habitants du monde, afin qu’ils soient touchés par la Miséricorde : « Nous prions pour toutes les vies dans le monde touchées par la tragédie. Nous prions pour que la paix et l’amour l’emportent sur tous les actes de violence, que cette année bénie de la Miséricorde nous apprenne à pardonner sans limites. » C’est aux JMJ que les jeunes ressentent souvent pour la première fois avec autant de force la nature universelle du projet de l’Évangile : « Fais que l’étincelle de l’amour miséricordieux que tu as allumée en nous devienne un feu qui transforme les cœurs et renouvelle la face de la terre. » (Extrait de la prière officielle des JMJ.)

Veillée : le témoignage de Rand

rand« Je m’appelle Rand Mittri. J’ai 26 ans et je viens d’Alep. Notre ville a été détruite, ruinée et brisée. Le sens de notre vie a été anéanti. Nous vivons entourés de la mort. C’est un sentiment douloureux, sans possibilité de s’enfuir. Je crois qu’à travers notre douleur, Dieu nous enseigne le vrai sens de l’amour. Ma foi en Jésus est la raison de ma joie et de mon espoir, que personne ne pourra me voler. Je vous demande de prier pour mon pays bien-aimé, la Syrie. »

img_2706Exposition de l’AED à Krakow Beach

Durant les JMJ, l’AED France a organisé une exposition photos sur le festival musical Krakow Beach, pour sensibiliser à la cause des chrétiens persécutés dans le monde. 1187 jeunes ont participé à un jeu-concours : parmi ceux qui avaient bien répondu à une question (ndlr : la bonne réponse était « 200 millions de chrétiens dans le monde ne peuvent vivre leur foi librement »), 80 jeunes ont reçu divers lots le 4 août dernier. Le 1er prix, un voyage à la rencontre des chrétiens de Terre Sainte, a été attribué à Marie-Liesse G., ravie !

Des milliers de lunettes, bracelets, drapeaux et ballons « I love Jesus » et « I love Pape François » ont été distribués à des jeunes enthousiastes de proclamer ainsi leur foi haut et fort !

Irakiens, Azeez et son cousin Foco ont reconnu sur la photo de notre exposition une famille qu’ils connaissaient. Avant de venir en France, ils étaient réfugiés dans un camp à Erbil.

« Soyons Un »

World Youth Day in Poland 2016Du 26 au 31 juillet, ils étaient plus de 3 500 jeunes de 29 pays à participer aux JMJ à Cracovie, grâce au financement de l’AED. Mais beaucoup n’ont pas pu venir, à cause de la situation géopolitique de leur pays. L’AED a voulu sensibiliser les jeunes présents aux JMJ à la situation de ceux qui n’ont pas pu venir. Pour eux, l’association a lancé la campagne « Soyons un », en proposant aux jeunes de leur envoyer des cartes postales : Bilan, 3000 pèlerins ont écrit des cartes postales en 23 langues à des jeunes de 100 pays. Des messages de soutien adressés à la Syrie et à l’Irak, et à d’autres pays qui souffrent de la pauvreté, de l’instabilité politique et de la guerre. Comme cette jeune Indienne qui écrit à un Kenyan : « Dieu est Amour et Miséricorde. Je prie spécialement pour toi. Tu es unique et Dieu t’aime. »


Voir nos photos des JMJ (album Google +)

 

Quelques photos des JMJ :