LA NUIT DES TEMOINS 2013 : les grands témoins

Pour rendre hommage aux martyrs de la foi, aux prêtres, religieuses, religieux et laïcs engagés qui ont perdu la vie au cours des douze derniers mois par fidélité au Christ, l’AED invite des grands témoins.
Au cours de la veillée, ils donneront leur témoignage sur la réalité de la situation des chrétiens dans leur pays respectifs.

Cardinal John Onaiyekan, archevêque d’Abuja – Nigeria

 « Si tu veux la paix, apprends à pardonner » soutient l’archevêque d’Abuja, tout juste créé cardinal à l’âge de 69 ans, le 24 novembre dernier. Ses mots résonnent d’autant plus fortement qu’en 2012, pas un mois ne s’écoule sans que les chrétiens du Nigeria ne deviennent la cible de violents attentats. Certes, le cardinal exprime son inquiétude. Il affirme avec fermeté que « le droit à la liberté de conscience vient juste après le droit à la vie et que cela inclut le droit de pratiquer une religion que l’on choisit librement. » Mais pour le Nigérian, né à Kabba, élevé par des parents qui lui enseignent « à respecter les convictions religieuses des autres, à reconnaître ce qui est bon en toutes choses », « la violence n’aura pas le dernier mot ».

Ordonné prêtre à 25 ans, évêque à 38, il a été président de la Conférence des Évêques catholiques du Nigeria et co-préside le Conseil africain des Leaders Religieux – Religion pour la paix. Bref, le lauréat du prix Pax Christi 2012 n’ignore aucune des tensions interreligieuses qui minent le Nigeria. Quand il affirme « l’Eglise m’a mis au défi de découvrir en tout croyant cette lumière qui éclaire chaque personne », ce n’est pas un écran de fumée.

Monseigneur Ignace Youssef III Younan, primat de l’Eglise catholique syriaque, patriarche d’Antioche et de tout l’Orient

« Nous avons bu la coupe de la persécution » s’afflige le patriarche Syro-catholique d’Antioche, « mais nous n’avons pas envie de pleurnicher. » En décembre 2010, quand il prononce ces mots, quelques jours seulement se sont écoulés après l’attentat meurtrier perpétré contre la cathédrale de Bagdad. 53 morts et 80 blessés : tous catholiques syriaques. A 68 ans, celui qui entame sa cinquième année à la tête des 175 000 âmes syriaques, pour la plupart en Irak, Syrie et au Liban, est un homme clairvoyant et courageux. Il cherche des solutions pour lutter contre les tensions religieuses au Moyen-Orient. Naître en Syrie, vivre à Beyrouth, être ordonné prêtre depuis 42 ans, représentent autant de clefs dont il dispose pour décrypter cette zone géographique. Sa force également ? Connaître l’occident. De 1995 à 2009, il est en effet nommé à l’éparchie de Newark pour les syriaques des Etats-Unis et du Canada.

Après son accession au patriarcat d’Antioche en 2009, s’il condamne fermement les auteurs des exactions contre les catholiques – « Nous attendons que les responsables affirment tout haut qu’il n’est pas acceptable, dans l’Islam, de s’en prendre aux chrétiens » – il exhorte en même temps « ces chrétiens d’Orient à rester enracinés dans leur terre d’origine ». Le courage, encore. « Quand une famille part, déplore-t-il, elle rend ceux qui restent plus faibles et plus vulnérables. » Lui vit toujours à Beyrouth.

Monseigneur Marcelo Arturo González Amador, évêque de Santa Clara – Cuba

« Il faut continuer à éduquer dans la vérité, la justice, l’amour et la liberté, comme le disait le Pape Jean XXIII. » A 57 ans, Monseigneur Marcelo Arturo González Amador, évêque cubain de Santa Clara est président de la Commission Nationale de la Famille. L’éducation des jeunes lui tient donc particulièrement à cœur pour qu’une nouvelle génération voie le jour qui prête moins le flanc aux injonctions du pouvoir communiste en place. Dans un contexte politico-religieux complexe, Mgr Amador reconnait heureusement quelques « avancées vers une normalisation des relations entre l’Eglise et l’Etat, ainsi que pour la pleine liberté religieuse ».

Ordonné prêtre en 1983, à l’âge de 27 ans, puis évêque à 42, il a exercé son ministère pendant 15 ans à la cathédrale de Santa Clara, au sanctuaire marial du diocèse et dans des zones rurales, auprès d’enfants et étudiants. Sa formation philosophique et théologique reçue aux séminaires de Santiago de Cuba et La Havanne le soutient notamment dans sa charge de président de la Mobilité Humaine, et sa mission auprès des Cubains à l’étranger.

Sœur Bounmy, religieuse de la charité à Luang Prabang – Laos

« Aucune manifestation concrète, visuelle – chapelle, croix sur la maison, etc – ni aucun témoignage verbal ne sont tolérés » affirme sœur Bounmy, religieuse de la Charité de Sainte Jeanne-Antide Thouret. 66 ans, laotienne issue d’une famille bouddhiste et animiste convertie au catholicisme, elle vit à Luang Prabang depuis 5 ans, dans le Nord du pays, une région soumise à un contrôle particulièrement sévère des autorités communistes envers toute forme de religion. Pour témoigner de l’existence et de l’amour du Christ, elle « ne peut être que présence » mais une présence courageuse puisque soeur Bounmy a délibérément « choisi de garder [son] habit de religieuse », malgré les intimidations. « C’est une souffrance de ne pas pouvoir parler de notre Foi mais nous espérons que déjà notre existence est témoignage » ajoute-t-elle.

En 1975, le gouvernement chasse du pays toutes les religieuses étrangères. Aujourd’hui, dans cette zone du Laos, frontalière avec la Chine, seules trois sœurs laotiennes sont tolérées, dont Bounmy, afin qu’elles tiennent une école gouvernementale pour les enfants sourds-muets. Malgré les obstacles – l’église du diocèse sert actuellement de local à la police – sœur Bounmy reste pleine d’espérance, relisant le destin peu commun de sa congrégation née en France… en pleine révolution française. « Je suis fille de la Sainte Eglise. Soyez-le avec moi » affirmait sa fondatrice, « c’est ce que nous nous efforçons de faire chaque jour » conclut avec force la religieuse de Luang Prabang.

5° ÉDITION DE LA NUIT DES TÉMOINS : venez prier pour ceux qui ont donné leur vie pour le Christ! (cliquez ici pour voir les dates et les lieux)

A noter: Les quatre témoins seront présents à la Nuit des Témoins à Notre-Dame de Paris le 12 avril. A la Nuit des Témoins de Nantes, Metz, Caen et Lyon les 8, 9, 10 et 11 avril, seront présents Mgr Gonzalez Amador, Soeur Bounmy, et le père Samer Nassif, prêtre maronite libanais.

 

 

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