« La situation évolue vers une guerre civile et les chrétiens eux-mêmes prennent les armes dans un élan de désespoir », a déploré un contact local
de l’AED.
Une semaine après les attaques du 10 juin dernier qui avaient fait 4 morts et une cinquantaine de blessés, le groupe islamiste Boko Haram a de nouveau visé les communautés chrétiennes. Dimanche 17 juin, cinq églises ont été la cible d’attentats terroristes à Zaria et à Kaduna, villes du nord du Nigéria. Immédiatement après, des groupes armés ont lancé des représailles contre la communauté musulmane, marquant la journée par de nouvelles violences. Selon les dernières nouvelles fournies par les autorités locales, on compte au moins 48 morts et 101 blessés.
Dans la journée de lundi, Abul Qaqa, porte-parole du groupe radical islamique Boko Haram a revendiqué ces attaques dans un message électronique.
Suite à ces violences, les autorités locales ont annoncé l’instauration d’un couvre-feu immédiat de 24 heures dans la totalité de l’Etat de Kaduna.
Le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi, a dénoncé, ce même 17 juin, le « caractère systématique » des attentats visant des lieux de culte comme « horrible et inacceptable».
Il déplore un « absurde plan de haine » et réclame « des interventions efficaces pour contenir et éliminer le terrorisme » de ce « grand pays », soulignant le « risque » que « la violence continue et s’élargisse, provoque des représailles et alimente les tensions non seulement aux dépens des chrétiens, mais aussi de la majorité de la population, désireuse d’une cohabitation pacifique ».