Nuit des Témoins 2014 : les grands témoins

L’AED invite des grands témoins pour honorer les martyrs de la foi,  prêtres, religieuses, religieux et laïcs engagés ayant perdu la vie ces derniers mois par fidélité au Christ. Au cours de la Nuit des témoins, les personnalités suivantes donneront leur témoignage sur la réalité de la situation des chrétiens dans leur pays respectifs.


Sa Béatitude, Mgr Ibrahim Isaac Sidrak, Patriarche de l’Église catholique copte (Égypte)

« Menacés à plusieurs reprises, nous prions Dieu de bien vouloir protéger les églises et les hommes » supplie le patriarche Ibrahim Sidrak en août dernier. Des propos qui ne jettent pas la pomme de discorde car ils se contentent de constater. « Il y a toujours eu des difficultés entre coptes et musulmans à cause d’une certaine ignorance. » A la chute du président Morsi, plus de 60 églises ont été saccagées en représailles contre les coptes accusés de complot contre le régime. « Pourtant, la destitution a été portée par de nombreux musulmans modérés. »

Le jeune Patriarche des coptes catholiques d’Egypte connaît les enjeux de ce pays où il est né en 1955, où il a été ordonné prêtre en 1980, évêque en 2002 et où il vit depuis 58 ans. Il y étudie philosophie et théologie au Grand Séminaire Maadi avant d’en devenir le recteur, puis il prend la tête du Bureau catéchétique de Sakakini et enfin de la cathédrale copte catholique du Caire. S’il ne veut pas croire à une persécution ouverte contre les chrétiens pour 2014, ce grand modéré, diplômé de l’Université pontificale grégorienne, épingle toutefois « les milliers de violences quotidiennes que subissent les coptes en tant que coptes. De la demande d’un simple document à la sélection lors des embauches.»

L’ancien évêque de Minya, désormais à la tête de 250 000 âmes exhorte toutefois avec vigueur : « Forts de notre foi en Jésus-Christ et sûrs de notre amour pour l’Egypte, nous ne quitterons pas notre terre ».

Mgr Dieudonné Nzapalaïnga, archevêque de Bangui (Centrafrique)

« Je n’ai jamais vu cela en Centrafrique de toute ma vie » alerte monseigneur Nzapalaïnga, archevêque de Bangui, natif de Mbomou, au nord du pays. Or sa terre, l’ecclésiastique de 46 ans la connaît bien : outre les 7 années passées en France durant lesquelles il obtient notamment une licence de théologie, ce spiritain prend très vite la direction régionale de sa congrégation dans la capitale africaine. Dès 2009, il occupe la charge d’administrateur apostolique de Bangui puis, en mai 2012, revêt le pallium d’archevêque.

Ce qu’il n’a  « jamais connu », c’est l’escalade de violence qui embrase sa patrie depuis début 2013. Massacres, pillages, viols. « Les éléments armés ont profané des lieux de culte chrétien, se sont pris de manière ciblée aux biens des chrétiens » précise l’ecclésiastique en juin dernier. « Nous n’avons pas compris. » Pourtant, celui que le Monde qualifie en décembre de « saint homme » dans son combat acharné pour la réconciliation et la paix refuse les accusations faciles et amalgames fallacieux. A Noël, sa lettre adressée aux « chrétiens de bonne volonté » les exhorte à « prendre conscience de la part de responsabilité de chacun dans tous les maux dont souffre la Nation », afin « qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes pour renforcer l’Espérance »

Mgr Amel Shamon Nona, archevêque de Mossoul (Irak)

Son prédécesseur a été assassiné et son corps retrouvé dans une décharge aux abords de la ville mais quand mgr Amel Shamon Nona est nommé archevêque des chaldéens à Mossoul, en 2010, il accepte sa charge avec courage : « la devise de mon épiscopat  sera l’espérance. » Le ton est donné pour le jeune ecclésiastique de 46 ans, né à Alqosh et ordonné prêtre à Bagdad en 1991.

« Nous sommes victimes des fondamentalistes venus de pays voisins combattre les infidèles » déplore cet ancien curé d’Alqosh et professeur de théologie au Collège Pontifical d’Erbil. En dix ans de conflit, la communauté chrétienne d’Irak a perdu plus de la moitié de ses membres et 70 églises ont été attaquées. Pourtant, ce diplômé de l’Université Pontificale du Latran martèle qu’il faut rester, « que la foi chrétienne n’est pas une théorie abstraite », qu’elle « donne un sens à cette vie de persécution en fournissant la force nécessaire pour la supporter ».

Les propos de Mgr Nona se lisent à la lumière de sa propre expérience. « Le lendemain de mon arrivée au diocèse, les représailles ont commencé. Un ou deux chrétiens étaient tués quotidiennement pendant plus de 10 jours. » Aujourd’hui, les exactions continuent. La réponse de Mgr Nona ? L’amour. « Sous la menace d’un homme qui va tirer sur vous, il est crucial d’avoir une conscience vraie de sa propre foi, de devenir plus aimants, plus unis. »

Sœur Raghida Al Khouri, religieuse (Syrie)

« Depuis cet été, la situation empire à un rythme vertigineux ». Quand sœur Raghida évoque son pays, la Syrie, les mots tombent comme un couperet : « Chrétiens et musulmans modérés se sentent anéantis. Ils sont raclés jusqu’aux os. »

Née à Damas dans une famille chrétienne, la religieuse de 53 ans, docteur en sciences de l’éducation, avait un avenir dans sa patrie. C’était avant la guerre. Cette femme trilingue occupait des postes d’enseignante ou de directrice d’établissement, comme à la tête de l’école du patriarcat gréco-catholique à Damas pendant quatre ans. En 2008, la communauté de Sœur Raghida – les Sœurs de la Charité de Besançon – décide de la muter dans le sud de la France comme responsable diocésaine à l’aumônerie de l’Enseignement Public. Sa maman et ses six frères et sœurs restent en Syrie. Même quand les conflits s’intensifient, ils ne peuvent fuir, faute de moyens. « Je retourne les voir dès que possible et, tous les jours, je les appelle. J’ai besoin de les savoir vivants. » Son dernier voyage au pays remonte à mai dernier. Elle raconte : « Il est impossible de dormir. On entend les avions, les rafales de mitraillettes, les blindés.»

Depuis, son cousin a été tué. Il avait 6 ans. Sœur Raghida est formelle : « Les chrétiens se sentent abandonnés. Comme il n’y a plus d’ambassades européennes à Damas, il faut aller au Liban pour avoir un visa. » Compter minimum 30 000 euros de garantie par personne. La vie est à ce prix. Un luxe que la plupart ne peuvent s’offrir.

Père Samer Nassif, prêtre maronite  (Liban)

Le Père Samer NASSIF, prêtre catholique de rite maronite et d’origine libanaise, est né en 1967 à Deir-el-Kamar. Ce « village des Emirs du Liban », dans le Chouf, est un lieu de contact entre Chrétiens et Druzes.

De 1985 à 1991, il entre au Séminaire Patriarcal Maronite de Ghazir puis étudie à l’Université St Joseph, et obtient une maîtrise de Théologie en « Pédagogie de la Foi »  en 1999.

Ordonné prêtre en 1993, il exerce jusqu’en 1999 comme curé de paroisse dans le diocèse maronite de Saïda, et parallèlement assure une mission d’accueil à l’Archevêché maronite auprès des laïcs. En septembre 1999, il  est envoyé en France par son évêque. Il obtient un diplôme de « Bibliothécaire-Documentaliste», puis est le coordinateur de Mgr Saïd Elias Saïd à la paroisse Notre Dame du Liban à Paris. Après avoir été archiviste aux Orphelins-Apprentis d’Auteuil, il étudie à l’ISTR (Institut de Science et de Théologie des Religions) où il obtient une maîtrise de Théologie en « Dialogue interreligieux ». Son sujet : « La vocation théologique du Liban ». Depuis septembre 2009, il assure le vendredi un service pastoral (messe et obsèques) à la paroisse st Pierre de Chaillot, Paris 16ème.

Le Père Samer NASSIF est aussi prédicateur de l’AED depuis 2003. Il témoigne du Calvaire des Chrétiens Orientaux ainsi que de leur vitalité et leur espérance. Il nous informe surtout de la situation de l’Eglise du Liban, de ses nombreux témoins et martyrs.

 

6° ÉDITION DE LA NUIT DES TÉMOINS :  ils donnent leur vie pour le Christ, venez prier pour eux ! (cliquez ici pour voir les dates et les lieux)

A noter : Ils donneront leur témoignage à Notre-Dame de Paris le 28 mars 2014. Pour la Nuit des Témoins de Strasbourg, Bordeaux et Marseille les 24, 25 et 26 mars, nous entendrons Mgr Sidrak, Soeur Raghida, et le père Samer Nassif, prêtre maronite libanais.

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