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JEAN PAUL II PARLE DE LEGLISE EN DETRESSE
Sommaire
Cérémonie des Témoins de la Foi au Colisée
Lettre Apostolique Novo Millenio Ineunte
Discours pour la béatification de 233 martyrs
d'Espagne
Soutenir par sa parole et par ses
actes les Eglises persécutées, victimes de discrimination
ou dans lEpreuve est une des grandes dimensions du ministère
de Jean Paul II, dès les premiers jours de son pontificat.
Lanthologie préparée
par lAED pour la période 1978-1999 recueille plus de
300 textes de Jean Paul II. Publiée sous le titre « Affermis
tes frères »,elle constitue un précieux
recueil, au sujet duquel Mgr Lopez Quintana écrivait à
son auteur « Par un regroupement thématique
des interventions du Pape, vous proposez aux lecteurs de parcourir
ses discours et de découvrir la valeur du témoignage
que lEglise a donné au cours du siècle par le
martyre de nombreux chrétiens ».
Inlassablement, Jean Paul II continue dattirer
notre attention sur ceux qui portent la Croix avec le Christ et
sur les Eglises souffrantes et dans le besoin.
A
Rome, le 7 mai 2000, Jean Paul II prononce une homélie capitale
sur le rôle des martyrs et confesseurs de la foi de notre
temps :
« Si
le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure
seul ; mais sil meurt, il porte beaucoup de fruit »
(Jn 12,24). Par ces paroles prononcées à la veille
de sa Passion, Jésus annonce sa glorification à travers
la mort. Cette affirmation exigeante vient de résonner dans
l'acclamation à l'Évangile. Elle résonne à
nouveau avec force en nos curs, en ce lieu suggestif où
nous faisons ce soir mémoire des « témoins
de la foi du vingtième siècle ».
Le grain de blé qui, en mourant, a donné
des fruits de vie immortelle, c'est le Christ. Les disciples du
Roi crucifié ont marché sur ses traces, et ils sont
devenus, au cours des siècles, des foules immenses «
de toute nation, race, peuple et langue » : apôtres
et confesseurs de la foi, vierges et martyrs, hérauts audacieux
de l'Evangile et serviteurs silencieux du Royaume.
Chers Frères et Surs, tous ici rassemblés
par la foi au Christ Jésus! Je suis particulièrement
heureux de vous donner aujourd'hui un fraternel baiser de paix,
alors que nous commémorons ensemble les témoins de
la foi du vingtième siècle. Je salue chaleureusement
les représentants du Patriarcat oecuménique et des
autres Eglises surs orthodoxes, ainsi que ceux des anciennes
Églises d'Orient. Je remercie également pour leur
présence fraternelle les représentants de la Communion
anglicane, des Communions chrétiennes mondiales d'Occident
et des organisations oecuméniques.
Nous ressentons tous une intense émotion
en nous trouvant ce soir, réunis ensemble près du
Colisée, pour cette impressionnante célébration
jubilaire. Les monuments et les ruines de la Rome antique parlent
à l'humanité des souffrances et des persécutions
subies avec un courage héroïque par nos pères
dans la foi, les chrétiens des premières générations.
Ces antiques vestiges nous rappellent combien sont vraies les paroles
que Tertullien écrivait - « Sanguis martyrum semen
christianorum - le sang des martyrs est semence de chrétiens »
(Apol., 50, 13: CCL, 1, 171).
Ne pas perdre la mémoire
L'expérience des martyrs
et des témoins de la foi n'est pas une caractéristique
propre aux premiers temps de l'Église, mais elle est la marque
de chaque période de son histoire. Au cours du vingtième
siècle, peut-être plus encore que dans les débuts
du christianisme, très nombreux ont été ceux
qui ont témoigné de la foi au milieu de souffrances
souvent héroïques. Combien de chrétiens, dans
chaque continent, au cours du vingtième siècle, ne
sont-ils pas allés jusqu'à payer de leur sang leur
attachement au Christ ! Ils ont subi des formes de persécution
anciennes et nouvelles, ils ont fait l'expérience de la haine
et de l'exclusion, de la violence et de l'assassinat. De nombreux
pays d'ancienne tradition chrétienne sont redevenus des terres
où il en coûtait de rester fidèle à l'Évangile.
Dans notre siècle, « le témoignage rendu
au Christ jusqu'au sang est devenu un patrimoine commun aux catholiques,
aux orthodoxes, aux anglicans et aux protestants »
(Tertio millennio adveniente, 37).
La génération à
laquelle j'appartiens a connu l'horreur de la guerre, les camps
de concentration, la persécution. Dans ma patrie, durant
la Seconde Guerre mondiale, des prêtres et des chrétiens
ont été déportés dans les camps d'extermination.
Rien qu'à Dachau, trois mille prêtres environ ont été
internés. Ils ont uni leur sacrifice à celui des nombreux
chrétiens qui provenaient de divers pays d'Europe et dont
certains appartenaient à d'autres Églises et Communautés
ecclésiales.
Dans ma jeunesse, j'ai été
moi-même témoin de beaucoup de souffrances et de beaucoup
d'épreuves. « Mon sacerdoce, dès son origine,
s'est situé par rapport au grand sacrifice de nombreux hommes
et de nombreuses femmes de ma génération »
(Ma vocation, don et mystère, p. 51-52). L'expérience
de la Seconde Guerre mondiale et des années qui ont suivi
m'a conduit à considérer avec une attention pleine
de reconnaissance l'exemple lumineux de ceux qui, du début
à la fin du vingtième siècle, ont souffert
la persécution, la violence et la mort à cause de
leur foi et à cause du comportement que leur inspirait la
vérité du Christ.
Ils sont si nombreux ! Leur mémoire
ne doit pas être perdue. Il faut au contraire qu'elle soit
conservée par écrit. Le nom d'un grand nombre ne nous
est pas connu ; d'autres ont eu leur renommée salie
par les persécuteurs, qui ont voulu ajouter l'ignominie à
la persécution ; les noms d'autres encore ont été
cachés par leurs bourreaux. Mais les chrétiens gardent
le souvenir du plus grand nombre d'entre eux. En sont une preuve
les nombreuses réponses à l'invitation à ne
pas oublier, qui sont parvenues à la Commission «
Nouveaux martyrs » dans le cadre du Comité du
grand Jubilé. Celle-ci a travaillé pour enrichir et
mettre rapidement à jour la mémoire de l'Église
avec le témoignage de toutes les personnes, même inconnues, «
qui ont consacré leur vie à la cause de notre Seigneur
Jésus Christ » (Ac 15, 26). Oui, comme l'écrivait
- à la veille de son exécution - le métropolite
orthodoxe de Saint-Pétersbourg, Benjamin, qui fut martyrisé
en 1922, « les temps ont changé et voici qu'apparaît
la possibilité de souffrir pour l'amour du Christ... ».
Avec la même conviction, depuis sa cellule de Buchenwald,
le Pasteur luthérien Paul Schneider affirmait devant ses
bourreaux : « Ainsi le dit le Seigneur, je
suis la Résurrection et la Vie ».
La participation de Représentants
d'autres Églises et Communautés ecclésiales
confère à notre célébration d'aujourd'hui
une valeur et une éloquence tout à fait particulières
au cours de ce Jubilé de l'An 2000. Elle montre que l'exemple
de ceux qui sont restés héroïquement fidèles
à leur foi apporte un témoignage de grand prix pour
tous les chrétiens. La persécution a frappé
presque toutes les Églises et les Communautés ecclésiales
du vingtième siècle, unissant les chrétiens
dans les lieux de souffrance et faisant de leur sacrifice commun
un signe d'espérance pour les temps à venir.
Ces frères et surs dans la foi, que
nous évoquons aujourd'hui avec gratitude et vénération,
forment comme une grande fresque de l'humanité chrétienne
du vingtième siècle. C'est la fresque de l'Évangile
des Béatitudes, vécu jusqu'à l'effusion du
sang.
« Heureux serez-vous si l'on vous insulte,
si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte
de mal contre vous à cause de moi. Réjouissez-vous,
soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera
grande dans les cieux ! » (Mt 5, 11-12). Ces paroles
du Christ s'appliquent si bien aux innombrables témoins de
la foi du siècle qui s'achève : ils ont été
persécutés, insultés, mais ils n'ont jamais
plié devant les forces du mal !
Là où la haine semblait contaminer
toute la vie sans possibilité d'échapper à
sa logique, ils ont montré que « l'amour est plus
fort que la mort ». Dans les terribles systèmes
d'oppression, qui défiguraient l'homme, dans les lieux de
souffrance, au milieu de privations très dures, au long de
marches épuisantes, exposés au froid, à la
faim, aux tortures, accablés de toutes sortes de souffrances,
s'est élevée leur ferme adhésion au Christ
mort et ressuscité. Nous écouterons tout à
l'heure quelques-uns de leurs témoignages saisissants.
Beaucoup ont refusé de se plier au culte
des idoles du vingtième siècle et ont été
sacrifiés par le communisme, par le nazisme, par l'idolâtrie
de l'État ou de la race. Beaucoup d'autres sont tombés,
au cours de guerres ethniques ou tribales, parce qu'ils avaient
refusé une logique étrangère à l'Evangile
du Christ. Certains sont morts parce que, suivant le modèle
du Bon Pasteur, ils ont voulu rester avec leurs fidèles,
en dépit des menaces. Dans chaque continent, tout au long
de ce siècle, se sont levées des personnes qui ont
préféré être tuées plutôt
que de faillir à leur mission. Des religieux et des religieuses
ont vécu leur consécration jusqu'à l'effusion
du sang. Des croyants, hommes et femmes, sont morts en offrant leur
vie par amour pour leurs frères, particulièrement
pour les plus pauvres et les plus faibles. Bien des femmes ont perdu
la vie pour défendre leur dignité et leur pureté.
Vigoureuse résistance
au mal
« Celui qui aime sa
vie la perd ; celui qui s'en détache en ce monde la
garde pour la vie éternelle » (Jn 12, 25). Nous
venons d'entendre ces paroles du Christ. Il s'agit là d'une
vérité que le monde contemporain refuse souvent et
méprise, car il fait de l'amour de soi le critère
suprême de l'existence. Mais les témoins de la foi,
qui, ce soir aussi, nous parlent par l'exemple de leur vie, n'ont
considéré ni leur propre avantage, ni leur bien-être,
ni même leur survie comme des valeurs supérieures à
la fidélité à l'Évangile. Malgré
leur faiblesse, ils ont opposé une résistance vigoureuse
au mal. Dans leur fragilité a resplendi la force de la foi
et de la grâce du Seigneur.
Chers Frères et Surs, l'héritage
précieux que ces témoins courageux nous ont laissé
est un patrimoine commun à toutes les Églises et à
toutes les Communautés ecclésiales. C'est un héritage
qui nous parle d'une voix plus forte que celle des fauteurs de division.
L'cuménisme le plus convaincant est celui des martyrs
et des témoins de la foi ; il indique aux chrétiens
du vingt et unième siècle la voie de l'unité.
C'est l'héritage de la Croix vécu à la lumière
de Pâques, héritage qui enrichit et soutient les chrétiens
à mesure qu'ils avancent dans le nouveau millénaire.
Si nous sommes fiers de cet héritage,
ce n'est pas dans un esprit partisan et encore moins dans un désir
de revanche vis-à-vis des persécuteurs, mais c'est
pour que soit exaltée l'extraordinaire puissance de Dieu,
qui a continué d'agir en tout temps et en tout lieu. Nous
le faisons en pardonnant à notre tour, comme l'ont fait tant
de témoins qui priaient pour leurs persécuteurs pendant
qu'on les assassinait.
Dans le siècle et dans le
millénaire qui s'avance, puisse la mémoire de ces
frères et de ces surs rester vivante! Mieux encore,
puisse-t-elle grandir ! Qu'elle soit transmise de génération
en génération, afin d'être semence féconde
d'un profond renouveau chrétien ! Qu'elle soit gardée
comme un trésor d'une insigne valeur pour les chrétiens
du nouveau millénaire et qu'elle soit levain pour parvenir
à la pleine communion de tous les disciples du Christ !
J'exprime ce vu, le cur
rempli d'une profonde émotion. Et je prie le Seigneur pour
que la nuée de témoins qui nous entourent nous aide,
nous tous croyants, à exprimer notre amour pour le Christ
avec un courage égal au leur ; par celui qui demeure
vivant dans son Église, aujourd'hui comme hier, demain et
toujours !
Dans
sa Lettre Apostolique Novo Millenio Ineunte, le Pape revient à
plusieurs reprises sur le rôle de ceux qui souffrent pour
la Foi :
Toutefois, la vive conscience de
la pénitence ne nous a pas empêchés de rendre
gloire au Seigneur pour ce qu'il a fait au cours de tous les siècles,
en particulier au cours du siècle que nous laissons derrière
nous, assurant à son Église une vaste cohorte de saints
et de martyrs. Pour certains d'entre eux, l'Année jubilaire
a été également l'année de la béatification
ou de la canonisation. Que ce soit chez des Papes bien connus de
l'histoire ou chez d'humbles figures de laïcs et de religieux,
d'un continent à l'autre de la terre, la sainteté
s'est plus que jamais révélée comme la dimension
qui exprime le mieux le mystère de l'Église. Message
éloquent qui n'a pas besoin de paroles, elle représente
d'une manière vivante le visage du Christ.
Par ailleurs, à l'occasion
de l'Année sainte, on a fait beaucoup pour rassembler les
précieuses mémoires des Témoins de la foi au
vingtième siècle. Nous les avons évoqués
le 7 mai 2000, avec les représentants des autres Églises
et Communautés ecclésiales, dans le cadre suggestif
du Colisée, symbole des persécutions antiques. C'est
un héritage à ne pas perdre; il faut en faire l'objet
d'une gratitude permanente et avoir un propos renouvelé d'imitation.
Puissions-nous être soutenus
et orientés, dans cet esprit missionnaire confiant, entreprenant
et créatif, par l'exemple lumineux de nombreux témoins
de la foi que le Jubilé nous a fait évoquer !
L'Église a toujours trouvé dans ses martyrs une semence
de vie. Sanguis martyrum semen christianorum :
cette « loi » célèbre énoncée
par Tertullien s'est toujours avérée à l'épreuve
de l'histoire. N'en sera-t-il pas de même pour le siècle,
pour le millénaire, que nous commençons ? Nous
étions peut-être trop habitués à penser
aux martyrs d'une manière un peu lointaine, comme s'il s'agissait
d'une catégorie du passé, liée surtout aux
premiers siècles de l'ère chrétienne. La mémoire
jubilaire nous a ouvert un spectacle surprenant, nous montrant que
notre temps est particulièrement riche de témoins
qui, d'une manière ou d'une autre, ont su vivre l'Évangile
dans des situations d'hostilité et de persécution,
souvent jusqu'à donner le témoignage suprême
du sang. En eux, la parole de Dieu, semée en bonne terre,
a produit le centuple (cf. Mt 13,3-23). Par leur exemple, ils nous
ont montré et comme « aplani » la route
de l'avenir. Il ne nous reste plus qu'à marcher sur leurs
traces, avec la grâce de Dieu.
Le
12 mars 2001, Jean-Paul II s'adresse aux pèlerins réunis
pour la béatification de José Aparicio Sanz et de
232 compagnons martyrs espagnols
Le siècle qui vient de se
conclure a été un siècle au cours duquel n'ont
pas manqué les tribulations dans lesquelles de nombreux chrétiens
"ont voué leur vie au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ"
(Ac 15, 26).
La cérémonie de béatification d'hier a compté
le plus grande nombre de Serviteurs de Dieu béatifiés
au cours de mon pontificat. En effet, deux cent trente trois martyrs
ont été élevés aux honneurs des autels.
Un nombre si élevé ne fait pourtant pas oublier les
caractéristiques de chacun. En effet, chacun d'eux possède
une histoire particulière, un nom et un prénom propres,
des circonstances qui font de chacun un modèle de vie, qui
devient encore plus éloquent avec la mort librement accueillie
comme preuve suprême de leur adhésion au Christ et
à son Eglise. Ces martyrs, que nous rappelons aujourd'hui
avec gratitude et vénération, sont comme un grand
cadre de l'Evangile des Béatitudes, un bel éventail
de la variété de la vocation unique et universelle
à la sainteté (cf. Constitution dogmatique Lumen gentium,
chap. V). En proclamant la sainteté de ce groupe important
de martyrs, l'Eglise rend gloire à Dieu.
La sainteté n'est pas un privilège
réservé à quelques personnes. Les voies de
la sainteté sont multiples et se parcourent à travers
de petits événements concrets de tous les jours, accomplissant
dans chaque situation un acte d'amour. Comme l'ont fait les nouveaux
bienheureux martyrs. C'est en cela que réside le secret du
christianisme vécu pleinement. Le christianisme réellement
vital que tous les chrétiens, de quelque classe ou condition
que ce soit, sont appelés à vivre. Nous sommes tous
appelés à la sainteté. Ce que Dieu en définitive
veut de nous est que nous soyons saints (cf. 1 Th 4, 3).
Une option
radicale pour le Christ
Nous rencontrons ainsi des prêtres, jeunes ou anciens, qui
exerçaient les ministères les plus divers : curés,
vicaires, chanoines, professeurs ; religieux provenant des vastes
domaines de l'exercice de la charité, au moyen de l'enseignement,
de l'attention envers les personnes âgées et les malades
; hommes et femmes, célibataires ou mariés, parents,
employés dans tous les secteurs. A l'origine de leur martyre
et de leur sainteté, il y a le même Christ. Le dénominateur
commun de tous est leur option radicale pour le Christ au-delà
de toute chose, même de leur vie. Ils pouvaient bien dire
avec saint Paul : "pour moi, la Vie c'est le Christ et mourir
représente un gain" (Ph 1, 21). A travers leur vie,
et surtout leur mort, ils nous enseignent que rien ne peut être
placé avant l'amour que Dieu a pour nous et nous manifeste
en Jésus-Christ.
En eux, comme chez tous les martyrs,
l'Eglise a toujours trouvé une semence de vie, de telle sorte
que nous pouvons affirmer que les communautés des premiers
temps se forgèrent avec le sang des martyrs. Toutefois, le
martyre est une réalité qui n'appartient pas seulement
au passé, mais également au temps actuel.
C'est un fait que les martyrs sont réapparus
à notre époque. Tout comme il est certain que les
temps ont changé, de même, il est certain que chaque
jour, apparaît la possibilité de continuer à
souffrir par amour pour le Christ. L'horizon qui se présente
à nous est donc vaste et passionnant. Les chrétiens,
toujours et en tout lieu, doivent être disposés à
diffuser la lumière de la vie, qui est le Christ, jusqu'à
verser leur sang (cf. Dignitatis humanae, n. 14). Nous devons être
disposés à suivre les traces des martyrs et à
vivre pleinement, comme eux, la sainteté avec Lui, pour Lui,
et en Lui.
L'héritage de ces courageux témoins
de la foi, "archives de la Vérité écrites
en lettres de sang" (Catéchisme de l'Eglise catholique,
n. 2474) nous a transmis un patrimoine qui parle avec une voix plus
forte que celle de la honteuse indifférence. C'est la voix
qui exige une présence urgente dans la vie publique. Une
présence vive et sereine, qui, à travers la transparence
de l'Evangile, nous conduira à présenter avec naturel,
mais également avec fermeté, sa radicalité
toujours actuelle aux hommes et aux femmes de notre temps.
Il s'agit donc d'un héritage dont le langage
est celui du témoignage. Que ce patrimoine continue à
apporter des fruits abondants à travers votre vie et votre
engagement et manifeste l'extraordinaire présence du Mystère
de Dieu qui, agissant toujours et en tout lieu, nous invite à
la réconciliation et à la vie nouvelle dans le Christ
!
Chers frères : leur témoignage ne peut ni ne doit
être oublié. Ils manifestent la vitalité de
vos Eglises locales. Que leur exemple fasse de chacun un témoin
vivant et crédible de la Bonne Nouvelle ! Que leur imitation
porte à produire dans la société des fruits
abondants d'amour et d'espérance ! Tel est mon souhait.
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