> Allemagne
APPARTENANCE
RELIGIEUSE
Chrétiens : 75,8 %
Agnostiques : 19,4 %
Musulmans : 4,4 %
Autres : 0,4 %
Chrétiens : 62 436 460
Catholiques baptisés : 25 711 000
SUPERFICIE
357 022 km2
POPULATION
82 370 000
RÉFUGIÉS
578 879
DÉPLACÉS
-
La Constitution allemande déclare à l’article 4 que la liberté de
croyance, de conscience, de confession religieuse et idéologique
est inviolable, et à l’article 7, elle garantit la liberté de
culte. Elle établit en outre à l’article 3 le droit à
l’enseignement religieux et l’égalité de tous les citoyens,
indépendamment de leur confession religieuse. Dans ses annexes, qui
contiennent les articles de la Constitution de Weimar du 11 août
1919 relatifs aux rapports entre l’État et l’Église, on trouve
d’autres dispositions visant à défendre le libre exercice des
convictions religieuses, qui ne peut faire l’objet d’aucune
coercition. Il y est déclaré en outre qu’il n’existe pas de
religion d’État. Pour financer leurs activités, les associations
religieuses de droit public, auxquelles sont garantis un certain
nombre de droits parmi lesquels le droit de propriété, sont
habilitées à prélever des taxes en se basant sur le listing du
Trésor Public, et à recevoir des subventions de l’État.
Les rapports avec l’Église catholique et les Églises protestantes (luthérienne et réformée) sont réglés par des conventions stipulées soit au niveau fédéral, soit avec les différents Länder. Pour l’Église catholique, le Concordat de 1933 est toujours en vigueur. La reconnaissance des groupes religieux est réglementée par une loi fédérale. Parmi les confessions reconnues, on peut citer entre autres, le Judaïsme, l’Église méthodiste, les Adventistes du 7ème Jour, les Baptistes, les Méthodistes, l’Armée du Salut, les Mennonites et Christian Science. Récemment, le 9 mars 2007, les communautés musulmanes présentes sur le territoire se sont mises d’accord pour désigner une instance unique, le Conseil de coordination islamique, chargée de négocier la reconnaissance de l’islam avec le gouvernement fédéral.
C’est aux Länder qu’il appartient d’accorder aux confessions religieuses le statut de « sujet de droit public » qui leur donne certains avantages, tels que le droit de prélever une cotisation obligatoire auprès de leurs membres. Ce statut a été accordé aux Témoins de Jéhovah par la Ville-État de Berlin par un arrêté du 10 février 2006.
D’après la Constitution, chaque communauté religieuse peut organiser des cours de religion dans les écoles publiques à la seule condition d’avoir un programme scolaire unique. Mais même si les trois principales organisations musulmanes d’Allemagne ne se sont pas encore mises d’accord à cause de leurs divergences idéologiques et doctrinales, l’administration du Länder de Baden Württemberg a autorisé l’enseignement de l’islam pour favoriser l’intégration des enfants d’immigrés issus des pays à majorité musulmane. Outre le Baden Württemberg, les Länder de Hambourg, Basse Saxe, Rhénanie du Nord-Westphalie et Schleswig-Holstein ont également autorisé l’enseignement de l’islam à l’école.
Le système juridique institutionnel allemand est mis à rude épreuve par les défis provenant de la minorité fondamentaliste de la communauté musulmane. Diverses affaires judiciaires en témoignent, comme le jugement prononcé le 21 mars 2007 par un juge du tribunal de Francfort, appelé à statuer dans une affaire de violence familiale. La partie lésée, une ressortissante allemande d’origine marocaine de 26 ans, terrorisée par les coups et les menaces de son mari, n’a pas été autorisée à recourir à la procédure de divorce rapide. Pour le juge, Christa Datz-Winter, il n’y avait pas de motifs justifiant une urgence particulière, et en outre, cette femme pouvait s’attendre à ce que son mari, élevé dans un pays de tradition islamique, exerce son « droit d’infliger des châtiments corporels ». À l’appui de sa décision, le juge a même cité un verset du Coran.
À la suite de cet événement, le juge a été dessaisi de cette affaire, sans que cela n’apaise le débat sur la tolérance des cultures différentes et la crainte que la charia, ou loi islamique, ne puisse être introduite par voie administrative de façon progressive mais inexorable. Parmi les faits les plus marquants qui tendraient à justifier cette crainte, on peut évoquer une directive adressée en 2004 par le ministre fédéral des affaires sociales aux caisses d’assurance maladie, selon laquelle les mariages polygames contractés légalement par les individus mariés dans le pays d’origine doivent être reconnus.
La suspension en septembre 2006 de l’opéra lyrique Idoménée de Mozart, qui figurait au programme du théâtre de l’Opéra de Berlin, à la suite de menaces téléphoniques parvenues aux organisateurs, a suscité une certaine inquiétude dans l’opinion publique. Même si cet opéra de Mozart n’a pas un contenu religieux particulier, dans l’un des tableaux de la mise en scène de Hans Neuenfels apparaissaient les têtes coupées de Mahomet, Jésus Christ, Bouddha et Poséidon, ce qui pourrait avoir choqué la sensibilité et/ou l’instinct d’autocensure de certains.
Par ailleurs, la conscience que les communautés musulmanes tendent à s’isoler du reste de la société est un autre motif de préoccupation. Dans les écoles, une partie des filles musulmanes refusent de participer à certaines activités scolaires telles que les cours d’éducation physique et les voyages scolaires, pour éviter la promiscuité avec les garçons de leur classe. Au niveau familial, affectif et professionnel, la moindre intégration des femmes musulmanes correspond à une moindre conscience de leurs droits, y compris religieux. Un indicateur de cette situation est le phénomène croissant des « crimes d’honneur » : au cours de la dernière décennie, selon les chiffres officiels, 45 homicides ont été commis à ce titre. Le 30 juin 2007, en réponse à la requête d’un groupe de femmes musulmanes de pouvoir porter le voile islamique, huit Länder ont confirmé l’interdiction faite aux enseignantes de porter le voile sur leur lieu de travail, conformément à un arrêt de la Cour Constitutionnelle fédérale de 2003.
Entre-temps, les personnes qui abandonnent l’islam dénoncent les graves menaces dont ils font l’objet. En mars 2007, la fondatrice du Conseil national des anciens musulmans, Mina Ahadi, d’origine iranienne, a été placée sous la protection de la police de Cologne après avoir reçu des lettres annonçant qu’une condamnation à mort avait été émise contre elle.
Le difficile contentieux qui oppose les autorités allemandes à la Scientologie au niveau administratif et devant les tribunaux pourrait se conclure par la dissolution de cette organisation. En décembre 2007, les ministres de l’intérieur des seize Länder, réunis avec leur collègue de l’État fédéral Wolfgang Schaeuble, ont décidé à l’unanimité de demander au service de sécurité intérieure d’établir un rapport sur les activités de ce mouvement religieux américain. Ehrhart Koerting, ministre de la Ville-État de Berlin, a expliqué que ses collègues et lui s’accordent pour dire que « Scientologie est une organisation inconstitutionnelle ». À l’automne 2008, lorsque le service de sécurité aura remis son rapport sur les activités de Scientologie, les ministres prendront éventuellement une décision en ce sens. Pour le ministre de l’intérieur de la Ville-État de Hambourg, Udo Nagel, la Scientologie est une psycho-idéologie qui vise à « soumettre entièrement les individus ». La Scientologie, à travers sa porte-parole Sabine Weber, a répliqué que son organisation avait été reconnue comme communauté religieuse par la Cour suprême européenne des droits de l’homme, et qu’en Espagne elle a récemment obtenu le même statut que les autres communautés religieuses.
Le 4 juin 2007, le gouvernement a révoqué l’interdiction d’entrer sur le territoire d’Allemagne prononcée un mois plus tôt contre Sun Myung Moon, fondateur de l’Église de l’unification, par le tribunal de Coblence.







