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Opération
Simon de Cyrène

Tel Simon de Cyrène qui a aidé le Christ a porter sa Croix, aidons un prêtre en détresse à supporter ses épreuves quotidiennes, par un effort de jeûne ou de pénitence. >>>



> Biélorussie

BiélorussieAPPARTENANCE RELIGIEUSE
Chrétiens : 70,3 %
Agnostiques : 28,9 %
Autres : 0,8 %

Chrétiens : 7 218 404
Catholiques baptisés
: 1 405 000

SUPERFICIE
207 600 km2

POPULATION
9 755 000 habitants

RÉFUGIÉS
649

DÉPLACÉS
-

 

 

En vertu de la loi de 2002 sur la liberté religieuse, l’orthodoxie russe est devenue la religion officielle du pays. La loi admet cependant « le rôle spirituel, culturel et historique de l’Église catholique sur le territoire de Biélorussie », aussi bien que « le lien inaliénable entre l’Église luthérienne et l’histoire du pays ». Elle reconnaît aussi le « judaïsme orthodoxe » et l’islam sunnite. Néanmoins, elle a fait l’objet de sérieuses critiques quant aux restrictions qu’elle impose au droit à la liberté religieuse, pourtant garanti constitutionnellement. En particulier, les réunions de prière chez les personnes privées sont illégales, et les procédures d’enregistrement compliquées entravent considérablement la possibilité de célébrer légalement un office religieux non reconnu officiellement. La loi impose aussi des restrictions sur la logistique des activités cultuelles de chaque communauté religieuse. Enfin, l’État s’est arrogé le droit de protéger l’Église orthodoxe contre les sectes jugées dangereuses et passibles de sévères sanctions.

Politique et religion

En mars 2006, le président Alexandre Lukachenko a été réélu avec plus de 82 % des voix. Au pouvoir depuis 1994, Lukachenko a concentré toute l’autorité sur la seule présidence, par une série de plébiscites et d’amendements constitutionnels qui lui ont donné les moyens d’exercer un contrôle rigoureux sur tous les aspects de la vie sociale.

Le scrutin présidentiel, suspecté de fraude à grande échelle, provoqua de gigantesques manifestations à Minsk (environ 30.000 personnes envahirent la place de la République le 19 mars pour écouter le seul candidat d’opposition, Alexandre Milinkievich); elles furent réprimées par la police le 25 mars, et des centaines de manifestants furent arrêtés, ainsi que des chefs de l’opposition.

Bien que les autorités biélorusses tendent à exercer un contrôle étroit sur les activités religieuses, le président Lukachenko a adopté une approche pragmatique et populiste de la question. Il est généralement ouvert aux communautés religieuses majoritaires, dans la mesure où cette ouverture peut accroître sa popularité et unifier le pays. En ce sens, une table ronde fut organisée à Minsk le 19 septembre 2007, réunissant le vice-Premier ministre du pays, Alexandre Kosinets et, pour la première fois, les responsables de toutes les religions officielles de Biélorussie. À cette occasion, M. Kosinets assura que « le président s’intéressait aux questions religieuses », ajoutant que cette réunion se tiendrait dorénavant deux fois par an. Il insista en outre sur les avantages que l’actuelle législation offrait aux religions, soulignant qu’on ne devait pas s’attendre à ce qu’elle soit modifiée. Il précisa que grâce à elle, le nombre des communautés religieuses « reconnues » avait considérablement augmenté, passant de 2009 en 1996 à 2953 en 2007, en particulier dans l’Église orthodoxe, qui s’était agrandie de 460 nouvelles paroisses. De leur côté, les catholiques et les baptistes avaient vu le nombre de leurs paroisses s’accroître de 70 unités; les évangéliques de 180; les adventistes de 40; les juifs de 31; les musulmans de 4 (Respublika, 21 septembre 2007).

Pourtant cette même loi a provoqué un fort mécontentement au sein des groupes religieux. Une pétition à son encontre a déjà rassemblé plus de 40.000 signatures, récoltées indifféremment par des orthodoxes, des catholiques et des protestants. Les organisateurs de cette initiative, lancée le 22 avril 2007, espèrent atteindre bientôt le chiffre des 50.000 signatures requises par la Constitution de 1994 pour que la pétition puisse être prise en considération par la Cour constitutionnelle.

Le mois d’octobre 2007 s’est illustré par des commémorations de masse du 70e anniversaire des persécutions staliniennes en Biélorussie. Un comité de citoyens de Minsk a proclamé le 29 octobre « Jour du souvenir du génocide stalinien ». Tout au long de l’année, les Églises chrétiennes ont organisé des initiatives variées. Les gréco-catholiques ont commémoré les victimes du génocide à l’occasion de leur pèlerinage annuel à Polatsk le 15 juillet, et célébré un office du souvenir le 29 octobre dans la zone forestière de Kurapaty, où de 50.000 à 300.000 personnes selon les estimations ont été exécutées en 1937 et 1938. A Minsk même, l’administrateur apostolique latin a célébré une messe commémorative le 26 août. Et le 21 octobre, beaucoup de catholiques latins et byzantins, ainsi que des orthodoxes, ont participé à un « Jour de repentance pour les crimes du communisme » organisé par quelques Églises protestantes. Le 29 octobre, un défilé autorisé rassemblant environ un millier de personnes a honoré la mémoire des victimes enterrées dans les fosses communes de Kurapaty (Radio Vatican, 30 octobre 2007).

L’Église catholique

En Biélorussie, les quatre diocèses catholiques sont enregistrés officiellement. L’Église catholique comprend cinq évêques, plus de 400 paroisses, 381 prêtres (dont la moitié sont étrangers), et plus de 350 religieuses. Le nombre total de ses membres est estimé à 1,2 millions, soit 15 pour cent de la population.

Le 21 septembre 2007, Mgr Tadeusz Kondrusiewicz a été nommé à la tête du diocèse de Minsk-Mohilev, celui-là même où il avait exercé les premières années de son ministère épiscopal de 1989 à 1991 (avant de prendre plus tard ses fonctions au diocèse de la Mère de Dieu à Moscou). Il a remplacé à ce poste le cardinal Casimir Swiatek, âgé de 93 ans, survivant du goulag soviétique.

Le clergé catholique, majoritairement composé d’étrangers (surtout de Polonais), se heurte toujours à de sérieuses difficultés pour obtenir des visas. Le ministère chargé des affaires religieuses impose un quota annuel de prêtres étrangers autorisés à résider dans le pays; par ailleurs, tout prêtre qui change de paroisse sans quitter la Biélorussie doit obtenir un nouveau visa. Un nombre croissant de catholiques (mais aussi de protestants) se voit ainsi refuser le droit d’accès au pays.

Le président de la Conférence épiscopale de Biélorussie, Mgr Alexandre Kaszkiewicz, évêque de Grodno, a écrit une lettre ouverte aux membres de son diocèse datée du 5 décembre 2006 (Radio Vatican, 14 décembre 2006); il y proteste contre le refus des autorités de renouveler le visa de quelques prêtres et religieuses polonais, et invite les fidèles à prendre part à une semaine de prières dans la cathédrale et à signer une pétition contre la décision gouvernementale.

Au cours de la table ronde déjà mentionnée, le vice-Premier ministre Kosinets avait cependant clairement spécifié que les autorités biélorusses ne souhaitaient pas de missionnaires étrangers. «Nous sommes en faveur du clergé de nationalité biélorusse », avait-il déclaré, car « il n’est pas possible de mener des activités religieuses dans le pays sans parler le biélorusse ou le russe, ou sans comprendre le mode de pensée des nationaux, ni connaître leurs coutumes et leurs traditions. La majorité des prêtres de l’Église catholique sont étrangers (190 sur 381). Dans le pays, il y a deux séminaires catholiques, à Grodno et à Pinsk, qui forment actuellement un total d’environ 165 séminaristes. Nous pouvons donc espérer que dans sept ans chaque paroisse dirigée par un prêtre étranger pourra l’être par un prêtre biélorusse. »

Le 7 décembre 2007, le Forum 18 News Service a rapporté qu’un prêtre polonais, Grzegorz Chudek, a été enjoint de quitter l’église paroissiale de la Trinité à Rechytsa, où il exerçait son ministère, et de sortir du pays (vraisemblablement parce que quelques mois plus tôt, dans une interview accordée à un journal polonais, il avait critiqué l’état actuel des choses en Biélorussie). Cette décision a provoqué la réaction de plus de 700 paroissiens qui ont signé une pétition en sa faveur adressée au président Lukachenko.

 L’Église orthodoxe

L’Église orthodoxe en Biélorussie est un exarchat du patriarcat de Moscou et bénéficie d’une position privilégiée dans le pays en vertu de la loi de 2002. Elle rassemble 1265 églises paroissiales et représente, avec 10.360.000 membres, plus de 70 pour cent de la population. Bien que quelques fidèles orthodoxes aient signé la pétition réclamant la révision de la loi de 2002 pour sa nature discriminatoire, l’Église orthodoxe officielle s’en est abstenue. Au contraire, dans une déclaration publiée le 27 avril 2007, le métropolite Philarète (Vakhromeev) a encouragé les fidèles à se tenir éloignés de la polémique. Il a aussi défendu au principal défenseur orthodoxe de la révision de la loi, le père Alexandre Shramko (exerçant dans la paroisse de la Protection de la Vierge à Minsk), de se prononcer en tant que prêtre, sans toutefois le suspendre a divinis (Forum 18 News Service, 16 mai 2007).

Néanmoins, le Conseil diocésain de Minsk a dû publier une protestation du métropolite Philarète contre la publication, dans le journal Biélorussie soviétique, d’un article rédigé par l’Église orthodoxe, mais lourdement révisé et altéré, sans que ses auteurs en aient été avisés (Blagovest-info.ru, 1er février 2007).

Un autre incident insolite s’est produit avec l’irruption d’agents du KGB en pleine réunion de prière et de méditation biblique dans un appartement de la ville de Gomel, à laquelle participaient 15 fidèles orthodoxes rattachés au patriarcat de Moscou (Forum 18 News Service, 6 juin 2007). Le groupe fait partie d’un mouvement religieux fondé à Moscou par le père Georges Kotchetkov, chef spirituel réputé et théologien à l’esprit ouvert, recteur de l’Institut chrétien orthodoxe Saint-Philarète, qui a reçu en 2004 l’approbation du Département de l’enseignement religieux et de la catéchèse du patriarcat de Moscou.

Les autres groupes religieux

L’Église indépendante évangélique-luthérienne a été enregistrée officiellement le 14 décembre 2006 (Forum 18 News Service, 17 décembre 2006).

Depuis 2003 le gouvernement a rendu illégales les activités des communautés religieuses non enregistrées, renforçant les mesures de rétorsion contre les organisations dont la demande d’enregistrement prévu par la loi de 2002 sur la liberté religieuse a été refusée. Selon les termes de cette loi, toute réunion de prière ou à but récréatif peut être poursuivie.

Les communautés accusées de violer cette loi et de pratiquer des activités religieuses illégales sont passibles d’amendes. En 2005 et 2006, les pentecôtistes, les groupes charismatiques de la Vie nouvelle, et l’Église orthodoxe russe hors frontières réunis ont dû verser une somme totale d’environ 8.000 euros.

Ces organisations doivent aussi surmonter de grandes difficultés pour pouvoir utiliser et conserver leurs lieux de culte. Celui de la communauté charismatique de la Vie nouvelle à Minsk, par exemple, a été saisi fin 2006, et le procès engagé pour sa restitution semble devoir se prolonger indéfiniment (Forum 18 News Service, 27 septembre 2007). Le pasteur Antoni Bokun, ministre pentecôtiste de la communauté Saint-Jean-Baptiste à Minsk, a été condamné à trois jours de prison (Forum 18 News Service, 5 juin 2007) pour avoir célébré un office religieux illégal, et à une lourde amende de 215 euros. En réaction, quelque 7.000 personnes d’Églises diverses ont convergé de toute la Biélorussie pour prendre part à une réunion de prière le 3 juin, qui a dû se tenir en plein air, car aucun lieu de culte ne pouvait les contenir. Le pasteur Bokun est la troisième personne à avoir été emprisonnée en Biélorussie post-soviétique pour s’être engagé dans des activités religieuses dites «illégales». En mars 2006, le pasteur baptiste Georges Vjazovskij et le laïc Serge Shavcov ont aussi passé dix jours derrière les barreaux pour avoir organisé des événements religieux sans autorisation.

 

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