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> Chili

ChileAPPARTENANCE RELIGIEUSE
Chrétiens : 89,2 %
Agnostiques : 9,5 %
Autres : 1,3 %

Chrétiens : 14 655 560
Catholiques baptisés
: 12 166 000

SUPERFICIE
756 626 km2

POPULATION
16 430 000 habitants

RÉFUGIÉS
1376

DÉPLACÉS
-

 

 

1. Liberté de religion

Au Chili, la liberté de religion est reconnue par la Constitution comme un droit fondamental de tout individu. Au dernier recensement de la population datant de 2002, sur un total de 15.116.435 habitants, 11.226.309 avaient plus de 15 ans. Parmi eux, 10.294.319 se sont déclarés croyants, tandis que 931.990 personnes ont dit ne pas avoir de religion, être athées ou agnostiques (8,3 %). La majorité des Chiliens sont catholiques (69,96 %), suivis par les évangéliques (au total, les protestants et autres dénominations évangéliques représentent 16,14 % de la population), les Témoins de Jéhovah (1,06 %), les mormons (0,92 %), les juifs (0,13 %), les orthodoxes (0,06%) et les musulmans (0,03 %), tandis que 4,39 % des personnes interrogées ont déclaré appartenir à une autre religion.

Depuis 2006, une enquête nationale est menée chaque année en préparation du bicentenaire de l’indépendance nationale (Encuesta Nacional Bicentenario) par l’Université catholique pontificale du Chili, en collaboration avec un grand institut de sondage, portant entre autres sur les questions religieuses. Il a ainsi été possible de déterminer qu’il y a des personnes qui croient en Dieu parmi celles qui se disent athées ou agnostiques, qu’il y a des catholiques qui croient à la sorcellerie, et que parmi les évangéliques certains croient à la Vierge Marie.

La dimension associative de la liberté religieuse s’exprime par la reconnaissance du statut de personne morale dont jouit l’Église catholique en droit public, et par la liberté laissée aux autres organisations de se constituer soit selon le droit commun, soit selon la loi sur les associations religieuses de 1999. Actuellement, près de 1.400 entités ont opté pour cette deuxième solution, qui leur reconnaît aussi le statut de personne morale en vertu duquel elles jouissent, entre autres, d’exemptions d’impôts, de la protection de leurs ministres du culte, et de facilitées pour offrir une assistances religieuse dans les prisons et les hôpitaux et aux forces armées. L’enseignement de la religion est prévu dans tous les établissements scolaires publics et subventionnés du pays, en fonction du nombre d’élèves qui le demandent.

L’Église catholique joue un rôle important dans le domaine public, ce qui se reflète notamment dans la reconnaissance civile de ses fêtes religieuses ; la célébration d’un Te Deum œcuménique pour commémorer l’indépendance nationale ; la participation de délégués de la conférence épiscopale aux comités consultatifs du gouvernement ; la nomination d’un aumônier en chef de l’armée, aux termes d’un accord entre le gouvernement chilien et le Saint-Siège ; des relations diplomatiques avec le Saint-Siège vieilles de près de 200 ans, en vertu desquelles le Nonce Apostolique est considéré comme le doyen du corps diplomatique ; le fait que le siège du gouvernement (Palacio de La Moneda) possède une chapelle catholique et un aumônier permanent ; des cérémonies religieuses publiques très anciennes, comme la procession du Señor de Mayo qui s’est tenue chaque année dans la capitale sans interruption depuis 1647.

 

2. Situation générale : chrétiens et autres communautés

Le Congrès national a voté une série de lois qui reconnaissent et sauvegardent la liberté religieuse. Ainsi, il a modifié le code du travail pour donner la possibilité aux employés du secteur commercial de bénéficier d’un jour de repos à Noël et aux autres fêtes ; avec l’accord préalable des autorités ecclésiastiques, il a remplacé le jour de fête civile du Corpus Christi par un autre, pour la fête de la Vierge du Carmen, Patronne de la République ; il a autorisée l’érection, en différents endroits du pays, de monuments en mémoire de deux évêques catholiques décédés (pour l’un d’eux, le procès de canonisation est en cours) ; et il a accordé la nationalité chilienne a un évêque luthérien.

Le gouvernement a nommé une femme pasteur comme aumônier pour les employés des services du gouvernement de confession évangélique et pour leurs familles. En outre, il a déclaré une journée nationale de la Bible (Día Nacional de la Biblia), à la demande des organisations protestantes et évangéliques, en autorisant des collectes en faveur des diverses organisations religieuses et de leurs initiatives apostoliques, comme moyen pour contribuer à leur financement.

Un nouveau projet de loi est en préparation pour combler certaines lacunes dans la législation en vigueur sur le statut juridique des organisations religieuses, afin de prévenir l’apparition de sectes qui portent atteinte à la liberté religieuse ou qui visent à l’enrichissement personnel de leurs leaders.

 

3. Persécution insidieuse ou discrimination contre les catholiques

En ce qui concerne le droit à la vie, le gouvernement a cherché à favoriser l’accès de toute la population à des produits pharmaceutiques considérés comme des anticonceptionnels, mais dont les effets potentiellement abortifs ont été scientifiquement démontrés, comme l’a souligné notamment la conférence épiscopale du Chili. La dernière initiative en date a consisté à les inclure dans le Plan de santé reproductive de l’État, en sorte que ces pilules peuvent désormais être distribuées aux mineurs sans que leurs parents en soient informés et sans leur consentement. Ce décret du gouvernement a été contesté par un groupe de parlementaires, et on attend maintenant que la Cour constitutionnelle se prononce sur leur légitimité.

Un groupe de parlementaires de la majorité a présenté divers projets de loi visant à légaliser certaines formes d’avortement et les unions homosexuelles. Les premiers n’ont pas été admis à la discussion, et les deuxièmes n’ont pas encore fait l’objet d’un débat au Congrès chilien. Un groupe de députés de différents partis politiques ont formé un Front parlementaire pour lutter contre les projets de loi qui portent atteinte à la vie (Frente Parlamentario por la Vida). Actuellement le Congrès examine une proposition de loi qui « établit des mesures contre la discrimination » en cherchant à faire passer pour des « discriminations arbitraires » les distinctions fondées sur l’orientation sexuelle ou genre, en prévoyant dans ce cas des sanctions pénales.

Un autre motif de préoccupation a été la publication d’articles de presse révélant les paroles échangées durant une confession truquée, ou encore les photomontages présentant le visage de certains prélats. En 2007, une vive controverse a suivi la diffusion du feuilleton « Papa Villa » (la ville du Pape) sur une chaîne de télévision câblée : le Conseil national de l’audiovisuel a statué à la majorité des voix qu’il ne s’agissait pas d’une offense à la religion catholique. Ce même conseil a sanctionné une chaîne de télévision qui mettait en doute l’honneur d’un pasteur évangélique dans le cadre d’un programme d’investigation.

Même s’il s’agit de cas isolés, certains jugements des tribunaux nationaux ont imposé la participation à des cérémonies religieuses (par exemple, la participation à la messe du dimanche) à des personnes convaincues d’activités illégales. C’est aussi une source de préoccupation, car cela suppose que les tribunaux civils auraient une juridiction sur les consciences, en remettant ainsi en cause l’essence de la liberté de culte traditionnelle.

Dans le cas d’une femme professeur de religion lesbienne, les tribunaux ont reconnu aux autorités religieuses le droit de juger si un professeur de religion présente les garanties morales voulues, comme le prévoit la législation en vigueur, selon les exigences respectives des diverses confessions religieuses.

 

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