> Egypte
APPARTENANCE
RELIGIEUSE
Musulmans : 84,4 %
Chrétiens : 15,1 %
Autres : 0,5 %
Chrétiens : 11 402 010
Catholiques baptisés : 197 000
SUPERFICIE
1 001 449 km2
POPULATION
74 033 000 habitants
RÉFUGIÉS
97 556
DÉPLACÉS
-
- Discrimination à l’encontre des Coptes
- Les chrétiens, cibles de violences physiques
- Le problème du changement de religion
Parmi les pays du Proche-Orient, l’Egypte est celui qui compte la
plus grande proportion de chrétiens. Dans leur immense majorité,
ils appartiennent à l’Eglise copte-orthodoxe, les autres
constituant des communautés ultra-minoritaires : copte-catholique,
arménienne, grecque-orthodoxe, grecque-catholique, chaldéenne,
maronite et latine. D’après les registres de baptêmes de l’Eglise
copte-orthodoxe, les fidèles de ce rite seraient au nombre de 12
millions, soit 17 % d’une population totale de 73 millions
d’habitants. Le gouvernement minimise toutefois ces chiffres,
évaluant la proportion des Coptes à 2 ou 3 %. Le pourcentage de 10
% est généralement admis.
En principe, les Egyptiens chrétiens jouissent d’une situation
équivalente à celle de leurs compatriotes musulmans. Cependant, une
discrimination implicite est prévue par la Constitution de 1971,
amendée en 1980, actuellement en vigueur. Celle-ci énonce en effet
que « l’Islam est la religion de l’Etat dont la langue
officielle est l’arabe ; les principes de la loi islamique
constituent la source principale de la législation » (art. 2).
Le même texte garantit pourtant l’égalité de tous les citoyens
devant la loi : « Ils ont les mêmes droits et les mêmes
devoirs publics, sans distinction de race, d’origine, de langue, de
religion et de conviction » (art. 40). Par ailleurs,
« l’Etat garantit la liberté de croyance et la liberté de
culte » (art. 46).
Discrimination à
l’encontre des coptes
Dans la réalité, il en va autrement et ceci se vérifie déjà au
niveau des institutions. Ainsi, lors des dernières élections
législatives de 2005, sur 444 députés, un seul Copte a été élu. Le
président de la République, Hosni Moubarak, à qui la loi donne le
droit de nommer dix députés, en a choisi cinq parmi les Coptes,
dont un catholique (une première !), mais leur représentativité est
évidemment sujette à caution. Normalement, les chrétiens peuvent se
présenter aux élections législatives et aucun quota ne leur est
réservé au parlement, mais ils s’abstiennent fréquemment d’aller
voter (leur taux de participation serait de 12 % au sein de la
population copte) car tout semble fait pour les dissuader de
prendre part à la politique du pays. « Nous nous sentons
étrangers chez nous », disent-ils fréquemment.
Il faut dire que la mention de la religion sur la carte d’identité,
obligatoire à partir de 16 ans, entraîne des discriminations à leur
encontre dans de nombreux domaines. Ainsi, les chrétiens sont
exclus de certaines fonctions ou professions : ministres de plein
exercice, postes sensibles dans l’armée, doyens de faculté, avocats
ou médecins dans certaines spécialités. Ils ne représentent que 1,5
% des fonctionnaires. Même dans les villages du sud où vivent 90 %
de chrétiens, le maire ne peut être un copte.
Les discriminations se vérifient aussi dans l’enseignement. Ainsi,
dans les grandes écoles, un chrétien ne peut être major de sa
promotion ou premier de sa classe. Par ailleurs, un Copte ne peut
enseigner l’arabe, qui est pourtant sa langue maternelle, sauf dans
les petites classes où l’apprentissage de la lecture ne se fait pas
à l’aide du Coran.
En 2007, dans un rapport intitulé « L’égalité au travail :
relever les défis », le Bureau international du travail a
déploré ces inégalités. « L’une des formes les plus
résistantes de discrimination vise les Coptes en Egypte, qui ne
jouissent ni de l’égalité d’accès à l’éducation, ni de l’égalité
des chances en matière de recrutement et de promotion »
(Eglises du monde, n° 136, 4ème tr. 2007).
A signaler en outre un communiqué de l’organisation Reporters
sans frontières (RSF), daté du 14 août 2007, dans lequel les
autorités du gouvernorat de Qena sont accusées de harceler Hala
Helmy Botros, une Copte écrivant sous le nom de plume d’Hala
El-Masry, qui dénonçait sur des sites Internet les persécutions
commises à l’encontre de sa communauté. Selon RSF, elle serait
interdite de sortie de territoire (Eglises du monde, n°
136, 4ème tr. 2007). De son côté, un musulman étudiant à El Azhar,
au Caire, Abdel Karim Nabil Soliman, a été expulsé de cette
Université et incarcéré pour avoir écrit, sur Internet, que
l’institution « défend des idées radicales et cherche à
supprimer la liberté de pensée » (Asianews, 15 mars
2007). A noter que les chrétiens ne sont pas admis parmi les
étudiants fréquentant cette Université, alors qu’El Azhar est
partenaire du Saint-Siège dans le cadre d’un Comité de dialogue
inter-religieux.
Quant à la justice, les chrétiens ne disposent pas de leurs propres
tribunaux. Les responsables de tous les rites ont élaboré des
règles communes qui servent de références aux tribunaux civils,
dont les juges peuvent être musulmans. Mais ces règles ne doivent
pas contrevenir aux dispositions de la charia. Par exemple, les
chrétiennes comme les musulmanes, ne peuvent hériter à égalité avec
leurs frères car le Coran interdit l’égalité dans ce domaine (4,
11).
Par ailleurs, les Coptes sont soumis à des humiliations dans le
domaine religieux. Ainsi, si les enfants fréquentant les écoles
publiques ne sont pas obligés d’apprendre le Coran (ils lisent
cependant de larges passages du Coran durant les cours de langue
arabe, le Livre saint de l’islam étant considéré comme base de
cette langue), ils ne peuvent bénéficier dans ces établissements
d’un enseignement de la Bible et de la doctrine chrétienne. Les
bibliothèques scolaires ne disposent d’aucun ouvrage chrétien.
Enfin, les manuels d’histoire occultent les six premiers siècles de
notre ère, passant de la période des Pharaons à la conquête
islamique, présentée comme une « libération » de
l’occupation romaine. Il faut également signaler la diffusion de
livres insultants pour les chrétiens, y compris à la Foire du livre
du Caire.
Les chrétiens subissent aussi des entraves dans l’exercice du
culte. L’autorisation de construire des églises est très difficile
à obtenir, ce qui n’est pas le cas des mosquées. Il n’est pas rare
que lorsque des musulmans apprennent qu’une demande de permis de
construire une église a été déposée, ils s’empressent de bâtir une
mosquée à proximité du terrain prévu, ce qui rend alors
l’édification d’une église impossible. Il arrive que des musulmans
recourent à la violence pour empêcher des chrétiens de disposer de
lieux de culte convenables. Ainsi, à la mi-mai 2007, dans le
village de Bamha, à 25 km au sud du Caire, des musulmans, informés
par leur imam que des « infidèles » étaient en train
d’agrandir leur église, travaux pour lesquels ils avaient obtenu
une autorisation, ont saccagé et incendié des maisons et des
magasins appartenant à des Coptes (Figaro Magazine, 2 juin
2007 ; France Catholique, 25 janvier 2008).
Les
chrétiens, cibles de violences physiques
Périodiquement, les chrétiens sont la cible de violences
physiques. Voici les faits répertoriés pour 2006 et 2007.
Le 18 janvier 2006, dans le village d’El Odayssat, près de Louxor,
des musulmans ont mis le feu à une maison que des Coptes-orthodoxes
utilisaient comme église depuis 1970 sans autorisation préalable.
Bilan : quatorze blessés, un tué, nommé Kamaal Shaker. Il faut
noter que les 8 000 Coptes de ce village n’ont pas d’église (Se
Comprendre, n° 06/09, octobre 2006).
Durant la nuit du 8 juin 2007, des musulmans ont attaqué deux
églises coptes-orthodoxes, saccagé des magasins appartenant à des
chrétiens et blessé sept chrétiens à Zawyet Abdel-Qader, ville
située à l’ouest d’Alexandrie. Le 12 juin suivant, une autre
attaque a eu lieu contre l’église de la Sainte Vierge à Dekheila,
également à l’ouest d’Alexandrie.
Très souvent, le moindre incident mêlant des chrétiens est exploité
par des musulmans à des fins confessionnelles. Ainsi, en juin 2007,
dans le village de Saft Meydoum, situé dans le gouvernorat de Beni
Souwef, les parents d’une jeune musulmane ayant été percutée par un
Copte circulant à bicyclette, se sont rués vers la maison de la
famille chrétienne pour la lapider (France Catholique,
25/1/2008).
Les agressions anti-chrétiennes les plus graves se sont produites à
Alexandrie le 14 avril 2006. Deux musulmans armés de couteaux ont
attaqué trois églises au moment où les fidèles y étaient rassemblés
pour célébrer le Jeudi Saint (selon le calendrier copte-orthodoxe)
: l’église Saint-Georges, l’église des Saints et l’église de la
Sainte-Vierge. Un troisième assaillant, Mahmoud Salaheddine
Abdel-Razq, âgé de 25 ans, a été arrêté alors qu’il s’apprêtait à
frapper des fidèles dans une quatrième église, située dans un autre
quartier de la ville. Toutes ces agressions ont occasionné la mort
d’un chrétien, Noshi Atta Girgis, et en ont blessé plusieurs
autres. (Zenit, 14 avril 2006 ; La Croix, 21
avril 2006 ; Le Figaro, 17 avril et 2 mai 2006 ; Le
Monde, 19 avril 2006 ; Le Figaro Magazine, 20 mai
2006 ; Oasis, n° 4, septembre 2006).
« Si la discrimination, qui fait des chrétiens d’Egypte des
citoyens de seconde zone, est continuelle, la persécution sanglante
se manifeste par des accès en dents de scie, mais avec une nette
accélération depuis cinq ans, parallèlement à l’islamisation de la
police », note Marie-Gabrielle Leblanc. Le même auteur signale
aussi l’intensification de la vague de rapts de très jeunes filles
chrétiennes (14 ans) pour les convertir de force à l’islam, les
marier également de force à un musulman et les expédier à l’autre
bout du pays pour que leur famille ne puisse pas les retrouver.
Certaines ont pu s’échapper et raconter ce qui leur était arrivé.
La police a souvent répondu aux parents éplorés qu’elle savait
parfaitement où était leur fille, qu’ils ne la retrouveraient
jamais, qu’elle s’était volontairement convertie à l’islam (Se
Comprendre, n° 06/09, octobre 2006).
Le lendemain des agressions d’Alexandrie, au moment où se
déroulaient les obsèques de la victime, des jeunes chrétiens sont
descendus dans la rue et ont saccagé des commerces pour exprimer
leur colère. La réaction des riverains musulmans a provoqué des
affrontements qui ont causé la mort de l’un d’eux.
Ces événements sont révélateurs d’un changement d’état d’esprit
dans la communauté copte. Plus que les actes commis contre eux, ce
qui exaspère les Coptes c’est la réaction des autorités et
l’habitude qu’ont ces dernières de minimiser les menaces pesant sur
eux. En effet, comme souvent, le ministère de l’Intérieur a indiqué
que l’agresseur des églises était un « déséquilibré
mental ». Selon l’hebdomadaire marocain Tel Quel (22
avril 2006), l’une des pleureuses aux funérailles de M. Girgis a
prévenu : « Nous avons toujours été pacifiques, mais si l’Etat
ne nous défend pas, nous le ferons nous-mêmes ! ». Pour sa
part, Le Figaro du 17 avril 2006 a rapporté les propos
d’un jeune copte, suite aux événements d’Alexandrie : « Nous
nous sommes tus trop longtemps et nous ne nous laisserons plus
faire ».
Les chrétiens en général veulent que le gouvernement reconnaisse
l’existence d’un « problème copte » et ouvre un débat
public sur la question. C’est ainsi un tabou qui est désormais
levé, jusque-là les Coptes subissant en effet leur sort dans une
sorte de résignation. Le Père Jean-Jacques Pérennès, secrétaire
général de l’Institut dominicain d’études orientales au Caire,
explique ainsi l’évolution récente : « La répétition des
incidents, s’ajoutant à une réelle discrimination de la minorité
copte dans la vie politique du pays, contribue à créer un climat
d’inquiétude, voire de psychose. D’où les protestations des foules
descendues dans la rue à Alexandrie après les récents
incidents ». Le même auteur signale ensuite que des
intellectuels musulmans osent soulever le problème dans la presse,
y compris dans certains médias arabophones. Il cite Mohamed
Salmawy, rédacteur en chef d’Al-Ahram Hebdo
(francophone), qui ose mettre les dirigeants gouvernementaux et
religieux, y compris le recteur de l’Université d’El Azhar, face à
leurs responsabilités (« L’Egypte à un carrefour »,
Oasis, n° 4, septembre 2006). « Les Coptes sont
agressés parce qu’ils ne sont pas musulmans », écrit pour sa
part Masri Feki, d’origine égyptienne (Se Comprendre,
n° 06/09, octobre 2006).
Deux décisions récentes ont cependant contribué à atténuer
l’amertume des Coptes. En décembre 2005, un décret présidentiel a
transféré aux gouverneurs la compétence en matière d’autorisation
de construction ou de réparation d’églises, répondant ainsi à une
ancienne revendication des Coptes. Désormais, les gouverneurs
disposent d’un délai de trente jours pour répondre aux requêtes et
ils doivent motiver leur refus éventuel. Par ailleurs, le 1er
janvier 2006, le président Moubarak a nommé un gouverneur copte
pour la province de Qena. Il s’agit du général Magdi Ayoub
Iskandar. Une telle décision n’avait pas été prise depuis trente
ans.
Le problème du changement de religion
Un autre problème douloureux doit être mentionné : celui du
changement de religion. Chaque année, plusieurs milliers de coptes
deviendraient musulmans pour échapper à leur condition
d’infériorité, ou pour épouser une musulmane, le Coran interdisant
à cette dernière de se marier avec un juif ou un chrétien (2, 221).
Certains chrétiens cèderaient aussi à l’octroi de primes pour
acheter leur « conversion ». Peut-on parler de véritable
liberté de conscience dans ces cas-là ? En outre, la conversion de
l’islam vers le christianisme n’est pas possible, ce qui
contrevient aux garanties offertes dans ce domaine par la
Constitution. Des conversions et des baptêmes ont lieu, mais ils
doivent rester cachés et le changement de religion ne peut être
enregistré sur les papiers d’état civil. En janvier 2007, un
tribunal coréen a accordé l’asile politique à un Egyptien musulman
converti au christianisme en 2005 et contraint de fuir son pays
pour échapper aux menaces de mort qu’il recevait de la part d’un
groupe d’islamistes.
Pour sa part, l’ancien imam d’une mosquée du Caire, Ahmed Hussein
El Akkad, militant islamiste de surcroît, converti au
christianisme, a été incarcéré en 2005, sans motif établi. Malgré
la décision d’un tribunal du Caire ordonnant sa mise en liberté, il
a été transféré dans la prison de haute sécurité située dans le
désert du Wadi Natroun. Il a finalement été libéré le 27 mai
2007.
Depuis quelques années cependant, des néo-chrétiens entreprennent
des démarches administratives pour que soit reconnue officiellement
leur nouvelle identité religieuse. Tel est le cas de Mohamed
Hegazy. Converti à l’âge de 16 ans, il a attendu d’avoir 25 ans
pour demander que son changement de religion soit enregistré à
l’état civil, prenant ainsi une initiative sans précédent qui a
défrayé la chronique en 2007. Mais le recteur d’El Azhar a délivré
une fatwa (décret religieux) le condamnant à mort pour
apostasie, ainsi que sa femme, Zeinab, elle aussi devenue
chrétienne sous le prénom de Catherine. Constamment menacé, le
jeune couple vit depuis lors dans la clandestinité. Le père de
l’épouse a déclaré à la presse égyptienne : « Je veux que les
juges la fassent divorcer et qu’elle revienne chez moi, même
morte ». En août 2007, deux membres de l’Organisation des
Chrétiens du Proche-Orient (Meca), Adel Fawzi et Peter Ezzat, ont
été incarcérés pour « atteinte à l’islam » et
« sédition confessionnelle ». Ils sont soupçonnés d’avoir
joué un rôle dans la conversion d’Hegazy. Pour sa part, le centre
copte Kadima pour les droits de l’homme, qui, soutenant la démarche
d’Hegazy, avait déposé plainte en son nom auprès de la justice
administrative après que les services de l’état civil eurent refusé
d’inscrire le christianisme sur sa nouvelle carte d’identité, a
retiré sa plainte sous la pression de l’Eglise
copte-orthodoxe.
Celle-ci craignait d’être accusée de prosélytisme mais entendait
aussi donner la priorité aux cas de chrétiens de naissance qui
reviennent au christianisme après un passage par l’islam, ce dont
ils se repentent, et d’enfants de pères musulmans inscrits d’office
comme musulmans en dépit de leur foi chrétienne. Devant le refus de
l’administration d’accéder à leur demande d’inscription de leur
religion sur les papiers d’identité, certains d’entre eux ont
introduit des recours devant le Tribunal administratif du Caire. Si
en 2006, le président de cette juridiction a accédé à la demande de
trente personnes, le magistrat qui lui a succédé s’est prononcé
dans un sens opposé pour les quarante-cinq cas qui lui ont été
soumis. Par une décision du 24 avril 2007, il a déclaré leur
irrecevabilité, agitant le spectre de l’apostasie punie de mort. Le
choc a été si grand que les Coptes ont déclaré le 24 avril
« journée de deuil national ».
Leurs avocats ont fait appel devant le Haut-Tribunal administratif,
instance dont les jugements sont sans appel, qui a admis la
recevabilité de leurs demandes. Le 9 février 2008, ce Tribunal a
autorisé douze Coptes convertis à l’islam à être reconnus comme
ayant réintégré leur religion d’origine. « C’est un jugement
historique. Une victoire de la liberté de la foi en Egypte, en
application de l’article 46 de la Constitution. Un principe est
désormais posé, il devrait servir de jurisprudence », a
déclaré Me Ramsès El Najjar, l’un des avocats des plaignants. Cette
décision devrait constituer un précédent pour les 457 demandes
pendantes devant les divers tribunaux administratifs du pays.
Toutefois, selon le Tribunal, leur carte d’identité devra spécifier
que ces personnes « ont temporairement adopté l’islam »,
ce qui, pour le porte-parole du patriarcat copte-orthodoxe, risque
de pousser certains musulmans à « les traiter
d’apostats » avec les conséquences que peut entraîner une
telle accusation. Mounir Abdel Nour, secrétaire général du
Néo-Wafd, parti politique laïc et libéral, partage ces craintes :
« C’est un pas en avant, mais cela ne satisfait pas nos
aspirations. En Egypte, toutes les ONG des droits de l’homme, y
compris le Conseil national des droits de l’homme qui est un
organisme gouvernemental, réclament la suppression de la religion
dans les papiers officiels » (La Croix, 11 février
2008).
Dans ce domaine, il faut cependant signaler une prise de position
inédite de la part d’un dignitaire musulman. En effet, le grand
mufti d’Egypte, Ali Gomaa a, dans un entretien au Washington
Post publié en juillet 2007 et repris dans la presse
égyptienne, affirmé qu’un apostat, coupable certes d’une faute
grave, n’a de comptes à rendre qu’à Dieu et non aux hommes.
Enfin, il faut signaler qu’une décision de la Cour suprême
égyptienne, intervenue en décembre 2006, a dénié le droit aux
citoyens de s’identifier comme bahaïs, ce qui les prive de tout
état civil et donc du droit d’inscrire leurs enfants à l’école,
d’ouvrir un compte en banque, d’accéder aux soins, etc. (La
Croix, 21 décembre 2006).





