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> Nigeria

NigeriaAPPARTENANCE RELIGIEUSE
Chrétiens : 45,9 %
Musulmans : 43,9 %
Animistes : 9,8 %
Autres : 0,4 %

Chrétiens : 63 493 470
Catholiques baptisés
: 20 957 000

SUPERFICIE
923 768 km2

POPULATION
131 530 000 habitants

RÉFUGIÉS
8460

DÉPLACÉS
1 210 000

 

 

 Politiques gouvernementales, nouveautés législatives

La Constitution du Nigeria reconnaît la liberté religieuse, y compris la liberté de manifester et de répandre ses propres croyances religieuses ainsi que celle de se convertir à une autre religion. La section 10, chapitre 1, de la Constitution établit que le gouvernement « n’adoptera aucune religion comme religion d’État ». Cependant le Nigeria fait partie de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), et depuis l’an 2000 douze des 36 États de la fédération nigériane (tous situés au nord du pays : Bauchi, Borno, Gombe, Jigawa, Kaduna, Kano, Katsina, Kebbi, Niger, Sokoto, Yobe, Zamfara) ont commencé à appliquer les principes de la charia (la loi coranique), non seulement dans le code de la famille comme c’était le cas jusqu’à présent, mais aussi dans le code pénal. L’État de Zamfara a même créé un Ministère des Affaires religieuses et un Conseil des Imams.

En principe, les normes civiles et pénales de la charia ne s’appliquent pas aux fidèles d’autres religions, de même que les normes sur l’apostasie de l’Islam ne s’appliquent pas aux autres religions. Cependant la vie des non musulmans du Nigeria est touchée de nombreuses manières par l’entrée en vigueur de la charia. Dans l’État de Kano, la consommation et la distribution d’alcool en public sont interdites à tous, tandis que dans d’autres États elle ne peut avoir lieu que dans les locaux d’organismes institutionnels fédéraux, comme les casernes ou les commissariats de police. Dans l’État de Zamfara, les transports publics, les classes dans les écoles et le matériel sanitaire sont organisés sur la base d’une stricte séparation des sexes.

Les États qui appliquent la charia financent amplement les pèlerinages à La Mecque et la construction de mosquées, et de façon bien moindre la construction d’édifices religieux chrétiens et de pèlerinages à Jérusalem. De nombreuses Églises chrétiennes du nord ainsi que quelques groupes musulmans installés au sud du pays se plaignent de l’application des normes réglementaires de la part des autorités locales comme des prétextes pour interdire la construction de nouveaux édifices cultuels.

Dans certains États qui appliquent la charia, les accusés peuvent choisir d’être jugés sur la base du code qui s’en inspire ou sur la base du droit commun, mais l’option n’est pas possible à tous. En conséquence, il y a actuellement dans au moins cinq États des débats en appel à propos de sentences pénales qui prévoient l’amputation de membres ou la peine de mort par lapidation.

Situation scolaire

D’après la Constitution nigériane, l’enseignement religieux dans les écoles publiques n’est pas obligatoire, mais de nombreux États qui appliquent la charia l’ont rendu obligatoire pour les élèves de religion musulmane. Les élèves d’autres confession ont le droit de demander l’enseignement religieux correspondant à leur propre foi, mais dans les écoles du nord il y a souvent un manque d’enseignants disponibles pour la « Christian Religious Knowledge », de même que dans certains cas les cours de « Islamic Religious Knowledge » ne sont pas dispensés dans les écoles du sud.

Le Père Albert Ebosele, du diocèse de Sokoto, dénonce le fait que les élèves chrétiennes des écoles secondaires de l’État de Sokoto sont contraintes de porter des vêtements islamiques (le hijab) quand elles vont à l’école.

Dialogue inter-religieux

Au Nigeria, le dialogue inter-religieux est actif surtout grâce aux initiatives d’organisations non gouvernementales comme le forum interethnique de Kano, l’Inter-Faith Mediation Center et le Muslim/Christian Dialogue Forum, tous deux dans l’État de Kaduna. Kano et Kaduna sont les deux États ayant connu le plus de violences interreligieuses ces dernières années : en 2004, environ 700 personnes ont perdu la vie et de nombreuses églises ont été détruites au cours de combats entre indigènes musulmans et immigrants chrétiens. En juin 2007, le nouveau Président Umaru Yar’Adua a déclaré qu’il s’occupait de créer un conseil consultatif inter-religieux composé de chrétiens et de musulmans afin de prévenir les violences entre les différentes communautés. En avril, l’association chrétienne du Nigeria (CAN, Christian Association of Nigeria) qui représente toutes les Églises chrétiennes et le Conseil national suprême pour les affaires islamiques (Nscia) avaient émis un communiqué conjoint dans lequel ils exhortaient les communautés respectives à pratiquer la tolérance réciproque au cours de la campagne électorale qui était alors imminente.

Le nouveau chef d’État a institué en juin 2007 une commission nationale pour le Hadj, le pèlerinage islamique à La Mecque, et il s’est occupé de créer une commission analogue pour les pèlerinages chrétiens. Le 1er octobre 2007, le vice-président du comité présidentiel pour les pèlerinages a confirmé cette volonté.

Intolérance, discrimination

Les actes d’intolérance et de discrimination religieuses les plus répandus sont ceux dont se plaignent les différentes communautés chrétiennes présentes dans les États les plus islamisés du Nigeria (qui coïncident presque toujours avec les 12 États qui ont introduit la charia dans leur législation). Il s’agit de : fausses accusations de blasphème contre l’Islam à la suite desquelles les élèves ou professeurs chrétiens sont obligés d’abandonner l’école qu’ils fréquentent ou dans laquelle ils enseignent ; absence de concession d’autorisations pour la construction d’édifices du culte et de cimetières chrétiens, et démolitions d’églises considérées comme illégales ; enlèvements et conversions forcées d’adolescents, surtout de jeunes filles, qui se terminent par des mariages avec des musulmans ; discriminations au détriment des chrétiens dans les emplois publics et dans la fourniture des services publics ; intimidations et menaces de mort à l’encontre des musulmans qui se convertissent au christianisme ; procès contre les chrétiens auprès des tribunaux de la charia malgré l’exemption prévue par la loi ; imposition du code d’habillement islamique aux élèves chrétiennes des écoles publiques ; manipulations des critères pour l’inscription des élèves dans les écoles publiques et à l’université afin de privilégier l’inscription des seuls musulmans.

Le Père Albert Erosele, du diocèse de Sokoto (qui comprend les États de Sokoto, Katsina, Kebbi et Zamfara) a affirmé que dans ces États là, les chrétiens étaient exclus des nominations aux charges publiques. On leur refuse souvent des promotions de travail, et des jeunes leur sont imposés comme chefs.

Menaces contre les convertis

Nuhu Mamman, pasteur de l’Ecwa (Église évangélique de l’Afrique de l’ouest) dans l’État de Kebbi, dénonce le fait que les menaces proférées contre les convertis dans la région nord de l’État ont contraint la communauté à transférer beaucoup d’entre eux dans d’autres régions du Nigeria. Mamman et Adamu Sunday Peni, sous-secrétaire de la CAN dans l’État de Kebbi, dénoncent les conversions forcées de chrétiens à l’Islam dans un groupe de localités du Kebbi.

Dans l’État de Borno, les membres des ethnies kanuri et shuwa, qui étaient entièrement musulmanes mais qui se sont converties au christianisme, sont persécutés et menacés de mort.

Le Père Timothy Barga du diocèse de Maiduguri a dit qu’il n’était pas permis aux chrétiens de tenir des manifestations publiques ou des réunions de prière, ni d’acquérir librement des terrains pour y construire des églises. Le Père Barga a ajouté qu’il était pratiquement impossible de trouver un indigène Kanuri qui se déclare chrétien, vu que cela signerait son arrêt de mort immédiat.

Discrimination au travail et dans l’instruction

Le Père David Helon a rapporté que les chrétiens de l’État de Bauchi étaient largement exclus dans les domaines de l’emploi, de l’admission scolaire et des nominations publiques, et que les villages à majorité chrétienne étaient souvent délaissés pour ce qui est de la fourniture des services fondamentaux tels que les conduites d’eau, l’électricité, les routes goudronnées et les dispensaires.

Le Père Moses Maaji, du diocèse de Maiduguri, a affirmé qu’il était impossible à quiconque portant un nom chrétien de trouver un emploi nécessitant une autorisation du gouvernement de l’État de Yobe. De ce fait, les chrétiens qui sont originaires de l’État de Yobe doivent changer de nom, ou bien utiliser la version haoussa (par exemple Moses devient Musa) avant de pouvoir trouver un emploi. Ils utilisent donc Musa au lieu de Moses, Ishaku au lieu d’Isaac, Mariyamu au lieu de Mary, tout cela afin de tenter de cacher leur identité chrétienne de manière à s’assurer un travail. Et même après l’avoir obtenu, ils continuent de cacher leur propre identité afin de ne pas perdre l’emploi obtenu.

Le Père Habila Musa, du diocèse de Kano, témoigne du fait que les personnes qui sont originaires de l’État de Kano et se déclarent chrétiennes, doivent changer leur nom chrétien anglais en un équivalant haoussa afin d’être reconnues comme citoyens de l’État. En effet dans l’État de Kano, l’idée commune est que personne ne peut être chrétien s’il est originaire du Kano. Si l’on est chrétien, on perd automatiquement les droits et privilèges dont on dispose normalement en tant que personnes originaires du Kano.

James Kagbu, professeur à l’université Ahmadu Bello de Zaria dans l’État de Kaduna et secrétaire du Joint Chapel Council de l’université, dénonce la politique des autorités académiques de favoritisme à l’égard des étudiants musulmans et d’exclusion des chrétiens, politique qui a transformé en quelques années une université où les étudiants chrétiens étaient trois fois plus nombreux que les musulmans en une université ou les étudiants chrétiens ne sont plus que 7.000 sur 25.000.

Le révérend Ali Buba Lamido, évêque anglican de Wusasa dans l’État de Kaduna, se plaint que les endroits habités par des chrétiens sont négligés par les administrations locales qui ne construisent ni routes ni cliniques ni aqueducs pour ces zones.

Le révérend Adamu Sunday Peni, vice secrétaire de la CAN de l’État de Kebbi, dénonce l’exclusion des chrétiens des postes de dirigeants publics, un seul d’entre ces derniers n’étant pas musulman. Le pasteur Sati Riba de la Redemption Power Ministry déplore que seulement un des 12 secrétaires permanents du gouvernement de l’État soit chrétien.

Le Père Moses Maaji, prêtre du diocèse de Maiduguri qui travaille à Potiskum dans l’État de Yobe (qui fait partie du diocèse de Maiduguri), a soutenu qu’en 2006 au cours d’une réunion des propriétaires des écoles, le directeur pour l’instruction publique leur avait dit qu’aucune école appartenant à l’Église ne serait approuvée par le gouvernement de l’État de Yobe. Le Père Maaji a affirmé que les musulmans et les autorités de l’État de Yobe s’opposaient vigoureusement à tout ce qui avait à faire au christianisme.

Charia appliquée aux chrétiens

Dans l’État de Kano, le révérend Murtala Marti Dangora, secrétaire du conseil de district de l’Ecwa, se plaint que la police des Hisba ait imposé aux chrétiennes le code vestimentaire musulman et leur ait interdit de circuler en moto taxi.

Suleiman Wurno, avocat dans la ville de Bauchi, dénonce les nombreux procès effectués contre des chrétiens auprès des cours islamiques de l’État de Bauchi. La même plainte est formulée par le révérend Joseph Hayap, secrétaire de la CAN de Kaduna et par le diacre Saidu Dogo, secrétaire général de la CAN dans le nord du Nigeria.

Le 4 août 2006, la Cour supérieure pour la Charia de Borno a retiré la garde de ses trois enfants à un père divorcé et veuf qui s’était converti au christianisme et a ratifié le rapt des trois filles effectués en novembre 2004 par leurs grands-parents maternels.

Enlèvements dans un but de conversion

En 2006 et 2007, des dizaines de cas d’enlèvements d’enfants et d’adolescents chrétiens dans le but de les convertir et de les marier de force ont été dénoncés dans les États de Bauchi et de Sokoto. Au Sokoto, un garçon a réussi à revenir à la maison après six mois de séquestration.

Églises abattues par les autorités et constructions interdites

En janvier 2006, des ordres de démolition adressés par le gouverneur Alhaji Ahmed Sani ont été notifiés aux responsables de 14 églises de la ville de Gusau, dans l’État de Zamfara. John Garba Danbinta, évêque anglican de Gusau, se plaint que dans l’État de Zamfara « nous ne pouvons pas acquérir de terrains, parce que le gouvernement applique aux chrétiens une politique délibérée d’interdiction d’accès à la terre pour construire des églises ».

Même l’Ecwa s’est vu refuser la possibilité de construire des édifices de culte dans cinq localités de l’État. « Pendant les six premières années depuis l’introduction de la charia, le gouverneur Sani a utilisé des fonds publics pour construire 70 mosquées, et ce gouvernement n’a même pas construit une seule église » déclare le révérend Barnabas Sabo, pasteur de l’Ecwa.

Le Père Albert Erosele a déclaré que dans le Sokoto les chrétiens ne pouvaient pas acquérir de terrains pour l’édification d’églises. Parfois les permis de construire des églises chrétiennes sont révoqués et le terrain est confisqué par le gouvernement, comme dans le cas de l’église catholique de Kankia.

Le lendemain de l’élection d’Umaru Yar’Adua comme Président du Nigeria, le révérend anglican Canon Bala Williams a fait remarquer que dans l’État de Katsina, dont le nouveau Président avait été gouverneur, l’application de la charia « avait affaibli la liberté des chrétiens. Nous ne pouvons plus exercer le culte librement, et pour ce qui est des églises, on nous refuse tout lieu de culte. Dans les aires définies comme « réserves gouvernementales », il n’est pas possible d’obtenir des terrains pour la construction de lieux de culte ». Les édifices anglicans construits il y a trois ans dans les villes de Charanchi et Bakori ont été interdits d’utilisation religieuse.

Même l’Ecwa déplore la démolition d’une de ses églises dans la localité de Dutsima, et la menace des autorités de déplacer en périphérie tous les édifices de culte de l’Ecwa présents dans la ville de Katsina. Plus généralement, dans l’État de Katsina les chrétiens se plaignent de persécutions contre les convertis de l’ethnie haoussa, de discriminations à l’encontre des chrétiens dans les embauches publiques et de l’imposition du code vestimentaire musulman aux élèves chrétiennes dans les écoles.

Dans l’État de Sokoto, les noms des Églises chrétiennes qui se plaignent de ne pas pouvoir acquérir de terrain pour construire des lieux de culte ou qui n’obtiennent pas de permis de construire sur le terrain acquis ou dont les églises et les sanctuaires qu’elles avaient construits sont abattus sont les pentecôtistes de la Redeemed Christian Church of God (Rccg), l’Ecwa, la Pentecostal Fellowship of Nigeria (Pfn) et l’Église catholique.

En novembre 2007, le gouvernement de l’État de Kano a décidé d’abattre 4 églises, deux pentecôtistes et deux de l’Ecwa, dans la ville du même nom afin de faire de la place pour une route et un hôpital.

Actes de violence

Entre le 18 et le 24 février 2006, le Nigeria a été traversé par des violences interreligieuses qui ont causé au moins 157 morts. La cause initiale était une protestation des musulmans contre les caricatures satiriques ayant pour thème Mahomet, apparues dans un journal danois. Le 18 février, une foule d’extrémistes musulmans réunie à proximité du palais du cheik de Borno dans la ville de Maiduguri pour une protestation contre les caricatures s’est adonnée à une chasse au chrétien dans les rues de la ville, qui s’est terminée par l’assassinat de 57 chrétiens et la destruction de 55 églises. Les 20 et 21 février, à Bauchi, 28 individus dont 25 chrétiens ont été massacrés et deux églises incendiées. A Katsina, la résidence de l’évêque catholique a été incendiée. Le 23 février à Kontagorta, dans l’État de Niger, 10 chrétiens ont été tués et 9 églises ont été brûlées. Le 24 février, des représailles accomplies à Enugu et surtout à Onitsha par de jeunes chrétiens ont fait 80 victimes parmi les musulmans. Pour commenter l’événement, les évêques catholiques ont publié le 15 mars une lettre pastorale dans laquelle le gouvernement fédéral était critiqué. « La destruction de la vie et de la propriété au nom de la religion déshonore le Nigeria » écrivaient-ils. « Dans certains cas, alors que des églises, des mosquées, des magasins et des habitations étaient embrasés par des incendiaires et que des innocents étaient attaqués et brutalement tués par des assassins insensés, les agents qui auraient dû faire respecter la loi ne sont pas venus à leur secours ». « Aucun nigérian ne devrait se sentir en danger à cause de sa religion, de sa langue ou de sa tribu. Nous déclarons que la défaillance des services de sécurité dans leur rôle de protection de la vie et de la propriété est une défaillance du gouvernement. Quand le gouvernement manque à ses responsabilités pour des questions de ce type, les gens sont poussés à se faire justice eux-mêmes ».

Le Père Timothy Barga a témoigné que, le Père Michael Galere, un prêtre catholique du diocèse de Maiduguri, avait été tué et brûlé dans la propriété de l’église de Maiduguri dans le contexte de la crise ayant éclaté à la suite des protestations musulmanes contre les caricatures danoises de Mahomet en février 2006. Sa maison et son église ont été complètement rasées. La maison de l’évêque catholique, située près du chemin de fer, a également été brûlée avec tous ses biens.

Le 20 février 2006, Florence Chukwu, une enseignante d’une école de Bauchi dans l’État du même nom a été blessée et a échappé de peu à un lynchage par des étudiants musulmans qui l’accusaient d’avoir profané une copie du Coran, retirée à une étudiante qui le lisait pendant la leçon d’anglais. Le fait a amorcé une émeute urbaine qui s’est terminée par la mort de 20 chrétiens et l’incendie de deux églises.

Le 12 juin 2006, quatre résidences de professeurs chrétiens du campus du Government College de Keffi, dans l’État de Nasarawa, ont été incendiées dans le cadre d’une chasse à l’homme qui avait comme cible une enseignante d’histoire et d’anglais accusée d’avoir insulté le prophète Mahomet pendant la punition infligée à un étudiant musulman. Le professeur, protégé dans la ville d’Abuja, a ensuite été arrêté et après une relaxe, renvoyé devant la justice.

Les 19 et 20 septembre 2006, une foule d’extrémistes musulmans a blessé 6 chrétiens, détruit 10 églises et la résidence de l’évêque anglican, 10 habitations et 40 commerces, propriétés de chrétiens de la ville de Dutse dans l’État de Jigawa, à la suite d’une émeute qui avait éclaté en raison de phrases jugées comme blasphématoires, qui avait été prononcées par une couturière pendant une discussion avec quelques-unes de ses clientes. Mille chrétiens sont venus chercher abri dans les casernes de l’armée et dans les commissariats de police. La femme a été arrêtée.

Le 21 mars 2007, une enseignante chrétienne évangélique, Christianah Oluwatoyin Oluwasesin, a été assassinée par quelques étudiants musulmans à l’intérieur d’une école secondaire de Gandu, dans l’État de Gombe. Elle était accusée sans preuve d’avoir profané une copie du Coran. Deux jours après, une église de l’Ecwa de la même localité était incendiée. Seize personnes arrêtées pour l’assassinat de Cristianah Oluwasesin ont été successivement relâchées.

Le 28 septembre 2007, des agressions organisées par des extrémistes et étudiants musulmans ont causé la mort de 19 chrétiens (dont 3 catholiques), fait 61 blessés et détruit 10 églises (dont une catholique), 36 habitations et 147 magasins appartenant à des chrétiens de la ville de Tudun Wada, dans l’État de Kano. Les violences ont commencé dans une école de la ville où les quelques élèves chrétiens inscrits (14 sur 1.500) avaient été accusés d’avoir dessiné un portrait du prophète Mahomet sur le mur d’une mosquée. Parmi les blessés, il y a le curé de St. Mary’s Church, l’église catholique détruite par les assaillants.

Les 11 et 12 décembre 2007, à Bauchi dans l’État du même nom, des élèves et extrémistes musulmans ont mis le feu à trois églises pentecôtistes et détruit 10 maisons de chrétiens ; deux mosquées ont été incendiées en représailles. Les combats, qui en fonction des sources ont provoqué soit 6 soit 10 morts, ont eu lieu au cours d’une émeute motivée par l’abattage de deux piliers d’une mosquée en construction à proximité d’une école.

Le Père David Helon, coordinateur pour le dialogue interreligieux du diocèse de Bauchi, a dit que le 2 février 2008, quatre églises protestantes avaient été incendiées et les décorations intérieures (parements liturgiques, bancs et images sacrées) d’une église catholique enlevées et brûlées. L’événement a eu lieu à Yala, dans l’État de Bauchi. Il a ajouté que dans cet État les chrétiens ne recevaient souvent aucune indemnisation pour les dommages subis à la suite des incendies provoqués au cours des désordres qui avaient éclaté pour raison religieuse.

 

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