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> Somalie

SomalieAPPARTENANCE RELIGIEUSE
Musulmans : 98,3 %
Chrétiens : 1,4 %
Autres : 0,3 %

Chrétiens : 109 410
Catholiques baptisés
: 100

SUPERFICIE
637 657 km2

POPULATION
8 228 000 habitants

RÉFUGIÉS
901

DÉPLACÉS
1 000 000

Pendant des années, l’exercice de la liberté religieuse a dépendu de l’équilibre de la guerre qui afflige ce pays et qui a parfois vu prévaloir les forces des extrémistes islamiques, et d’autres fois des éléments plus modérés. Ainsi, le gouvernement fédéral transitionnel du président Abdullahi Yusuf, résultant des accords signés à Arta en 2000 et soutenu par les Nations Unies, un gouvernement choisi en octobre 2004 et établi en 2005, n’a pas pu s’affirmer. En juin 2006 l’Union des Cours Islamiques a pris le pouvoir à Mogadishu et contrôle le sud du pays. Dans les mois suivants il y a eu de nombreuses tentatives d’accord entre les Cours et le gouvernement transitionnel, mais sans résultat durable. Pendant leur règne, les cours ont imposé une interprétation extrémiste de la sharia (loi islamique), déclarant l’Islam comme étant la seule religion permise, et imposant une série d’interdictions, telles que sur le football, la musique et les films, la fermeture de tous les cinémas, l’interdiction de regarder la télévision dans les lieux publics, de chanter et danser - même aux mariages - comme l’avait fait le Taliban en Afghanistan en 1996. En effet, le 17 octobre 2006, les Cours islamiques ont même condamné à mort huit membres de la Commission Nationale Somalienne pour la musique, une institution affiliée à l’UNESCO, pour avoir joué de la musique soi-disant interdite par le Coran. Les partis « coupables » ont pu fuir vers le Kenya.

En décembre 2006, le Conseil de Sécurité de l’ONU a approuvé une résolution d’envoyer des casques bleus ONU en Somalie. Pendant ce temps, l’armée éthiopienne était entrée dans le pays, officiellement pour soutenir le gouvernement fédéral transitionnel, et comme mesure défensive préventive contre la menace somalienne.

L’Ethiopie, le seul pays de la région à majorité chrétienne et en faveur de l’Ouest est aussi soutenue par les Etats-Unis, qui craint l’établissement en Somalie d’un gouvernement Islamique extrémiste lié à Al Qaeda. Le 25 décembre, des avions éthiopiens ont bombardé la base militaire de l’armée de l’air de Baledogle, ainsi que l’aéroport international à Mogadishu, et le 28 décembre, des soldats éthiopiens sont entrés à Mogadishu avec les troupes du gouvernement transitionnel, alors que les militants islamiques fuyaient. Pendant ce temps, Sheikh Hamed al-Ali, dirigeant des Cours Islamiques, et ancien secrétaire de la Fraternité Musulmane au Koweït, a déclaré la « jihad » (guerre sainte) sur Internet, « contre les envahisseurs éthiopiens, » les accusant d’avoir attaqué un pays islamique, et appelant « tous les musulmans à rejoindre la guerre pour défendre la Somalie. »

Les militants islamiques ont ensuite initié une campagne de guérilla, similaire à celle en Irak. Suite à cela, ils ont commencé à reconquérir le territoire, grâce au soutien de l’Erythrée. La Somalie est devenue de plus en plus chaotique, avec 1 million de refugiés sans aide - sur 9 millions d’habitants (données fournies par la Haute Commission pour les réfugiés de l’ONU) - une économie catastrophique, et des services inexistants. Parallèlement, les autres pays africains n’ont pas envoyé les troupes demandées par les Nations Unies (à l’exception d’un contingent de l’Ouganda), et la présence militaire éthiopienne a été de plus en plus critiquée internationalement. Les Cours Islamiques ont progressivement rétabli le contrôle du territoire et en décembre 2007 Mogadishu était dans un état de guerre quotidienne. En novembre, au moins 200 000 personnes ont fui la ville, qui n’avait plus d’eau, nourriture, médicaments ou d’électricité, tandis que le parlement somalien se retrouvait depuis un moment dans la ville plus sécurisée de Baidoa, à 250 kilomètres. En novembre, Davide Bernocchi, directeur de Caritas Somalia, a lancé un appel : « nous ne pouvons pas offrir de l’aide à tous ceux qui en ont besoin. La situation de la sécurité est atroce, et celle politique ne bouge pas. Et il y a les « chacals, » ceux pour qui les réfugiés sont une source profitable de commerce ; des personnes liées au secteur de l’aide. Nous devons ouvrir un couloir humanitaire sécurisé, pour apporter la nourriture à ceux qui en ont besoin. »

Dans tous les cas, aussi bien les Cours Islamiques que le gouvernement transitionnel n’ont jamais que contrôlé la région Mogadishu et le sud du pays. Le Somaliland au nord n’a quant à lui jamais reconnu l’autorité du gouvernement central et tente d’obtenir le statut de pays indépendant. La « République de Somaliland » et la région semi-autonome du Puntland ont adopté l’Islam comme religion d’Etat, et appliquent partiellement la sharia et contrôlent toutes les activités religieuses. Ici les Somaliens ne sont autorisés à pratiquer que l’Islam, et le prosélytisme de toute autre religion est interdit. Les organisations chrétiennes sociales sont autorisées à travailler sans problème, mais à condition qu’ils ne pratiquent pas d’activités prosélytes. Le 11 mai 2007, des sites web islamiques ont annoncé que deux membres d’une association de secours avaient été kidnappés en Puntland, car ils tentaient de prêcher.

Pendant son temps au pouvoir, le gouvernement fédéral transitionnel a adopté une charte qui reconnaît l’islam comme la religion nationale, mais affirme l’égalité de tous les citoyens sans distinction de leur race, sexe ou religion. La charte se réfère aussi à l’ancienne Constitution somalienne de 1960, qui reconnaissait spécifiquement la liberté religieuse.

A travers le pays, cependant, les conversions de l’islam vers d’autres religions, officiellement permises, sont socialement inacceptables. Quelqu’un soupçonné d’avoir renié l’islam risque des menaces et même la mort.

En mai 2007, à Mogadishu, le gouvernement transitionnel a interdit aux femmes de porter le voile musulman en public. D’après l’agence Reuters, les forces de l’ordre devaient arrêter toute femme portant le voile, confisquer leur voile, et le brûler. Le chef de la police, Ali Nur, expliquait que de nombreux attaques suicides et meurtres contre les autorités étaient effectués par des hommes déguisés en femmes, et inidentifiables justement à cause du voile. Cette décision a causé des manifestations parmi les musulmans, surtout qu’elle était mise en œuvre par des officiers mâles. Au début il y avait des scènes de femmes voilées fuyant la police. Cette mesure a cependant une signification symbolique, car les Cours Islamiques avait obligé les femmes à porter le voile, alors qu’auparavant les femmes somaliennes ne faisaient que couvrir leur tête. Suite aux nombreuses manifestations, l’interdiction a été révoquée. Pendant sa période au pouvoir à Mogadishu, le gouvernement transitionnel a à plusieurs reprises suspendu les activités de certaines stations de radio indépendantes, telles que le réseau médiatique Shabelle, et HornAfrik, sur la base que leurs programmes encourageaient la violence.

Les Catholiques.

Depuis des années à présent, les églises ont été détruites, et les quelques derniers catholiques se retrouvent et célèbrent la messe dans des domiciles privés avec des barreaux devant les fenêtres pour ne pas risquer leurs vies.

Il y a quelques sœurs vivant à Mogadishu qui travaillent à l’hôpital international SOS Kinderdorf, géré par le groupe allemand SOS Enfants.

Le Dimanche 17 septembre 2006 à Mogadishu, la religieuse italienne Sœur Leonella (Rosa) Sgorbati, des missionnaires de la Consolation a été tuée, ainsi qu’un garde du corps, devant cet hôpital. Deux hommes dans une voiture l’avait attendue devant l’hôpital, où elle travaille comme infirmière. Lorsqu’elle est arrivée, ils sont sortis de la voiture et lui ont tiré dessus au moins 5 fois de très près. Un garde de l’hôpital a essayé de la protéger avec son corps, mais les balles l’ont traversé. Les habitants du quartier, qui adorent SOS Enfants (le seul hôpital qui fonctionne encore dans le pays), et les religieuses qui y travaillent, ont organisé une recherche des meurtriers. L’un d’entre eux a été trouvé immédiatement et arrêté.

Les autorités islamiques ont aussi immédiatement condamné ce meurtre, et même le Sheikh Sharif Shek Ahmed, chef des Cours Islamiques, l’a décrit comme étant « un acte révoltant » « contraire à l’islam et à la religion » (Corriere della Sera, 18 septembre 2006).

Des centaines de personnes se sont rapidement réunies devant l’hôpital pour demander à ce qu’il ne soit pas fermé, et pour faire le deuil de Sœur Leonella.

Mais cette désapprobation générale, et des autorités, prouve à quel point la violence extrémiste est répandue. Prêts à attaquer même ceux les plus aimés, juste parce qu’ils sont chrétiens. Il semble que les assassins étaient des membres du groupe Am Shabah, (« jeunesse »), le plus violent et fanatique, inspiré par le taliban, et que l’on pense être lié à Al Qaeda. Ce groupe est dirigé par Adan Hashi Farah, connu sous le nom de Aeru, qui a été entraîné en Afghanistan par Ousama Ben Laden. C’est l’homme qui a dirigé la destruction du cimetière italien à Mogadishu en janvier 2005, en désacralisant les tombes et en dispersant les reliques de ceux qui y étaient enterrés. Le cimetière a été remplacé par une mosquée, un centre islamique et un camp d’entraînement pour les kamikazes de la milice.

Ceci était la dernière d’une série d’attaques violentes contre des étrangers travaillant pour les associations de secours, parmi lesquelles, le meurtre d’une italienne, Annalena Tonelli en 2003.

Le 7 septembre 2006, la milice islamique a tiré sur Ali Mustaf Maka’il (de 22 ans) pour le « crime » de s’être converti de l’islam au christianisme, et d’avoir refusé de chanter des versets du Coran avec eux.

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