APPARTENANCE RELIGIEUSE
musulmans : 99,9%
autres : 0,1%
Catholiques : 300
SUPERFICIE
652 092 km2
POPULATION
29 117 000
RÉFUGIÉS
37
DÉPLACÉS
297 000
Malgré les pressions internationales, le gouvernement afghan semble incapable de mettre en œuvre des politiques conformes aux principes fondamentaux qui garantissent une liberté de religion effective. Le poids des traditions, les pressions des factions islamiques radicales et le conflit armé en cours dans de nombreuses provinces contribuent à créer une situation extrêmement difficile non seulement pour la liberté de religion, mais aussi pour les droits de l’homme fondamentaux.
En outre, la Constitution approuvée en janvier 2004 contient des ambiguïtés, ce qui permet aux autorités locales d’interpréter de façon plus ou moins restrictive les droits qui y sont proclamés.
D’une part, on trouve dans la Constitution une référence à la Charte universelle des droits de l’homme (article 7), et l’affirmation selon laquelle les religions autres que l’islam sont « libres de manifester leur foi et d’accomplir leurs rites religieux dans les limites prévues par la loi » ; d’autre part, l’islam est déclaré religion d’État, et l’article 3 dit qu’« aucune loi ne peut être contraire aux principes et aux dispositions de la religion sacrée de l’islam ».
En pratique, le soin d’interpréter et de juger les cas individuels portant par exemple sur le blasphème ou l’apostasie – des délits qui ne sont pas prévus par le code pénal – est confié à des tribunaux qui appliquent la charia. L’article 130 de la Constitution établit qu’en cas de vide législatif sur une matière, on se référera à la loi hanafi, c’est-à-dire à la loi sunnite orthodoxe en vigueur en Asie centrale et du sud. La diffamation (blasphème) et le reniement (apostasie) de l’islam sont des crimes passibles de la peine de mort selon la loi islamique. Les conversions sont interdites de fait, et ceux qui abandonnent l’islam pour embrasser une autre religion doivent pratiquer leur foi en secret.
Le président et le vice président doivent être musulmans, mais la Constitution ne spécifie pas s’ils doivent être sunnites ou chiites.
L’influence des mullahs locaux est très forte, surtout dans les régions éloignées des centres urbains, et la vie quotidienne de la plupart des Afghans est réglée et gérée selon les règles traditionnelles, qui ont parfois des effets dramatiques sur les conditions de vie des femmes.
C’est pourquoi, malgré quelques tentatives de réforme, la liberté de religion demeure toujours une question extrêmement difficile dans le pays, et tout indique qu’il faudra attendre encore longtemps avant que soient mises en place des conditions acceptables selon les critères internationaux.
