APPARTENANCE RELIGIEUSE
chrétiens : 93,8 %
animistes : 4,6 %
autres : 1,6 %
Catholiques : 8 841 000
SUPERFICIE
1 246 700 km2
POPULATION
18 993 000
RÉFUGIÉS
14 734
DÉPLACÉS
-
La Constitution garantit la liberté de religion. En général, l’État se montre tolérant à l’égard de toutes les confessions religieuses et autorise leur pratique publique. Aux termes de l’article 8, l’État est tenu de garantir la liberté de culte, et de « protéger les églises ainsi que leurs lieux et objets de culte, tout en veillant à ce qu’elles agissent dans le respect des lois de l’État ».
La loi fait obligation à chaque communauté religieuse de se faire enregistrer, en posant comme condition à l’enregistrement qu’elle compte au moins 100 000 membres dans au moins les deux tiers des provinces du pays, une condition qui, de fait, rend impossible la reconnaissance des petites communautés musulmanes et des centaines de petites Églises évangéliques, nées pour la plupart au Congo ou au Brésil, et qui sont encore en attente d’être reconnues.
Quoi qu’il en soit, il n’a été signalé aucun cas où les autorités auraient empêché une communauté non enregistrée de mener ses activités. Cependant, seules les communautés enregistrées peuvent ouvrir des écoles et des lieux de culte.
En mars 2009, Maria de Fatima Republicano Viegas, directrice de l’Institut national des Affaires religieuses, a dit que le gouvernement avait l’intention de surveiller de plus près les activités des mosquées pour s’assurer que les pratiques islamiques ne sont pas contraires aux lois de l’État. Craignant que l’expansion de l’islam ne conduise à la diffusion de coutumes sociales contraires aux lois civiles, le gouvernement a dit qu’il allait vérifier que les communautés musulmanes n’encouragent pas un style de vie contraire aux principes civils de la société.
Catholiques
Dans la soirée du 19 avril 2010, trois malfaiteurs armés se sont introduits sous un faux prétexte dans la Nonciature apostolique de Luanda. Sous la menace des armes, ils ont demandé de l’argent et des objets précieux. Des sources de la Nonciature ont dit que « grâce à notre foi, nous avons gardé le calme et nous sommes parvenus à convaincre les bandits qu’il n’y avait pas grand chose à voler dans la Nonciature. À la fin, les malfaiteurs se sont contentés de quelques objets et d’un peu d’argent, et ils sont partis ». Ce hold-up, qui a duré moins d’une demi-heure, est considéré comme un acte criminel ordinaire comme il y en a beaucoup dans ce pays, sorti depuis 2002 d’une guerre civile de 20 ans qui a laissé beaucoup d’armes aux mains de la population civile, en nourrissant le banditisme.
Le cas de Radio Ecclesia
Des initiatives sont en cours pour régler le différend entre le gouvernement et Radio Ecclesia, appartenant à Caritas Angola, à l’aide d’une solution satisfaisante pour les deux parties permettant à la station de radio de diffuser ses émissions dans tout le pays.
Dernièrement, le gouvernement a réaffirmé que, pour des motifs techniques et juridiques, cette station de radio ne pouvait pas diffuser ses émissions dans tout le pays. D’après la loi angolaise en effet, les stations de radio privées ne sont pas autorisées à diffuser leurs émissions dans les provinces où elles ne sont pas physiquement présentes. Cependant, une nouvelle loi qui devrait permettre de résoudre ce problème est en préparation.
Radio Ecclesia, active depuis 1954, est la radio indépendante qui jouit de la plus large audience dans le pays. Elle ne se limite pas à couvrir les questions religieuses, mais aborde toutes les questions et tous les domaines. Dans le passé, elle s’est attaquée à des questions sensibles comme la corruption des fonctionnaires, le cas des enfants agressés par des chiens alors qu’ils fouillaient parmi les déchets dans la décharge de Luanda, et le sort des réfugiés de la guerre civile qui n’ont plus de toit car leur maison a été démolie pour faire place à des complexes immobiliers financés par les Chinois ou les Brésiliens. Au cours des dernières décennies, certains reportages ont irrité le gouvernement, qui a décidé de nationaliser la station de radio en 1978, et ne l’a rendue à l’Église qu’en 1997.
Sorcellerie
Dans certaines régions du pays, surtout au nord, les coutumes religieuses traditionnelles continuent d’être pratiquées, y compris les sacrifices rituels, les viols de mineurs et les actes de « magie ». Pendant la période prise en considération, le gouvernement a interdit à 17 groupes d’exercer leurs activités dans l’enclave de Cabinda. Ces groupes étaient accusés de ne pas être officiellement enregistrés et d’organiser des cérémonies non autorisées dans les habitations privées.
D’après les sources des Nations Unies, en Angola comme dans d’autres régions d’Afrique, survit la coutume de considérer comme des sorcières certaines femmes âgées et surtout certains enfants « coupables de ne pas répondre à la norme ». Une fois accusées de sorcellerie, ces personnes sont obligées de s’éloigner de leur maison et de leur communauté. L’UNICEF a dénoncé cette situation qui concerne des milliers d’enfants en Angola et dans d’autres pays de la région. « Les accusations de sorcellerie contre les enfants doivent cesser », a déclaré Mgr Giovanni Becciu, Nonce apostolique en Angola, dans un appel lancé en septembre 2009.
