Argentine

ArgentineAPPARTENANCE RELIGIEUSE
chrétiens : 92,1 %
agnostiques : 4,0 %
musulmans : 2,0 %
autres : 1,9 %

Catholiques : 37 003 000

SUPERFICIE
2 780 400 km2

POPULATION
40 666 000

RÉFUGIÉS
3 230

DÉPLACÉS
-


Changements intervenus dans la législation

En août 2009, la Commission des Relations extérieures et du Culte de la Chambre des députés a entamé l’examen d’un projet de loi visant à remplacer la loi sur la liberté religieuse actuellement en vigueur, qui date de 1977, promulguée au temps de la dictature militaire. Ce projet de loi « sur la liberté religieuse » avait été présenté à la fin de 2008 par la députée Cynthia Hotton, représentante des Églises évangéliques, qui a affirmé que ce texte avait été rédigé en se basant sur les différents projets de loi sur lesquels les confessions religieuses avaient travaillé au cours de ces dernières années, ainsi que sur une initiative sur laquelle le Secrétariat national du culte travaille depuis six ans. Les représentants des diverses institutions religieuses du pays ont participé au débat, aux côtés d’universitaires reconnus.
Ce projet a pour but de mettre sur un pied d’égalité toutes les religions légalement reconnues dans le pays, en leur accordant les mêmes droits et les mêmes devoirs. En ce qui concerne l’Église catholique, il reconnaît tous les traités conclus avec le Saint-Siège et tous les droits déjà acquis. Mgr Jorge Bergoglio, archevêque de Buenos Aires, s’est dit satisfait de l’« esprit de cette initiative ». En vue de son application, la création d’un Registre national des confessions religieuses est à l’étude, auquel pourront s’inscrire toutes les Églises, communautés et confessions religieuses qui exercent leur activité sur le territoire de la République Argentine.
Comme la discussion n’avançait pas, le président de la Commission des Relations extérieures et du Culte de la Chambre des députés et la députée Hotton ont présenté à nouveau ce projet de loi sur la liberté religieuse en avril 2010.
En mars 2010, le ministère de la Défense a annoncé qu’il avait décidé de supprimer l’éducation religieuse catholique dans les écoles militaires de l’armée argentine, en éliminant tous les programmes scolaires en vigueur en matière de religion, catéchèse, formation morale et spirituelle, afin d’« actualiser les aspects relatifs aux écoles militaires dans le but d’optimiser le fonctionnement des institutions éducatives qui dépendent de ce ministère, conformément à la structure de l’éducation nationale dans le cadre d’une société démocratique ».

Rapports entre l’Église catholique et l’État

Alors que divers organismes gouvernementaux affirment que l’indice de pauvreté se situe aux alentours de 15%, l’Église signale qu’elle est en possession de chiffres bien différents et alarmants. D’après une étude intitulée « Le baromètre de la dette sociale », plus de 12 millions d’Argentins vivent en dessous du seuil de la pauvreté, et 12% d’entre eux vivent dans l’indigence. D’après les estimations de l’Université catholique d’Argentine, la pauvreté toucherait 37% de la population. Le pape Benoît XVI s’étant dit préoccupé par cette situation, la Présidente a déclaré que le pape dit la même chose de tous les pays du monde, et qu’il y a une intention politique dans ses déclarations.
En novembre, se sont tenues les commémorations du 25ème anniversaire du Traité de paix et d’amitié entre le Chili et l’Argentine, conclu grâce à la médiation du Saint-Siège, demandée par les deux parties. À cette occasion, les présidentes des deux pays ont rendu visite à l’actuel Pontife romain, et ont rendu hommage au médiateur dans les grottes vaticanes où reposent les restes de Jean Paul II.
Le moment le plus tendu, dans les relations entre l’Église et l’État, a eu lieu à l’occasion du débat à la Chambre des députés sur une série de projets visant à modifier le code civil afin de légaliser le mariage homosexuel, en remplaçant les mots « l’homme et la femme » par « les contractants ». Actuellement, dans certaines villes d’Argentine, les couples homosexuels ont déjà la possibilité de contracter une union civile reconnue par les lois de ces États. Il y a quelques mois, au nom du gouvernement, Aníbal Fernández, ministre de la Justice, de la Sécurité et des Droits humains, s’est dit favorable à ce projet de loi et à « tout ce qui peut éliminer les discriminations », en garantissant son soutien à une éventuelle législation allant dans cette direction. En novembre, le Tribunal de première instance de Buenos Aires a émis un jugement aux termes duquel les normes civiles qui établissent la condition d’hétérosexualité des contractants au mariage étaient inconstitutionnelles. Quelques jours plus tard, un recours a été présenté en vue de l’annulation de ce jugement, empêchant temporairement la célébration des mariages homosexuels.
À ce propos, le Conseil de présidence de la Société argentine de droit canonique a qualifié ce jugement d’« acte de grave irresponsabilité institutionnelle » ; l’Archidiocèse de Buenos Aires a déclaré qu’il était « absolument illégal », tandis que le cardinal Bergoglio a dit que le chef du gouvernement « a manqué à ses devoirs » en ne faisant pas appel contre ce jugement.
Le 5 mai 2010, la Chambre des députés a approuvé le projet de loi et l’a transmis au Sénat. En l’apprenant, le Conseil des avocats catholiques et celui des médecins catholiques d’Argentine ont fait des déclarations dans lesquelles ils condamnent la décision des parlementaires.

Communautés chrétiennes non catholiques et autres religions

En novembre 2009, a été créée l’Organisation juive pour le Dialogue interreligieux (OJDI) dans le but « d’établir des contacts avec les personnes et les groupes engagés dans le dialogue interreligieux et avec la société en général ; de diffuser les fondements du judaïsme ; et de promouvoir une meilleure connaissance entre les différentes communautés de foi et leurs membres, tant au niveau individuel que collectif, en mettant tout spécialement en relief les traits positifs qui les unissent, et cela en particulier pour les communautés religieuses appartenant à la tradition monothéiste », comme l’a déclaré son président à l’Agence Zenit.

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