Bangladesh :

Aspects juridiques et constitutionnels

Le Bangladesh est un pays principalement musulman, le 3ème plus grand au monde.
Suite à des modifications apportées par un gouvernement provisoire en 1988 et selon la Constitution de 1972, l’Islam est maintenant la religion officielle de l’état. Cependant, en 2010, la Cour suprême a déclaré ces changements inconstitutionnels.

La Constitution accorde à tous les citoyens le droit d’exercer, de pratiquer et d’affirmer  leur religion[1]. L’enseignement religieux est également autorisé dans les écoles privées dirigées par les communautés religieuses.

Le 29 décembre 2008, la ligue d’Awami est montée au pouvoir, gagnant 263 sièges sur les 350 du parlement. La ligue est un parti laïc, fondé en 1949, qui, sous la direction de Sheikh Mujibur Rahman, a mené le Bangladesh à l’indépendance d’avec le Pakistan.
En réponse à ceux qui voulaient restaurer la Constitution laïque originale conformément aux décisions de la Cour suprême de  juillet 2010, qui déclaraient non-constitutionnels les changements de 1988, le premier ministre bangladais Sheikh Hasina (fille de Sheikh Mujibur Rahman) a déclaré  au contraire qu’elle maintiendrait les amendements de 1988.
Si la Cour suprême devait prévaloir, les partis religieux, exclusivement islamiques, seraient alors considérés comme illégaux. Les partis religieux étaient interdits sous l’ancienne Constitution.
Le premier ministre Sheikh Hasina est contre l’introduction de la charia, comme le voudrait le Front Islamique Uni, mais elle veut malgré tout maintenir quelques éléments islamiques dans la Constitution[2].

Le 21 juin 2011, le gouvernement a confirmé l’amendement qui définit l’Islam comme religion d’Etat[3] .

Le 7 mars 2011, le gouvernement a adopté une politique de développement nationale envers les femmes, afin  de promouvoir l’égalité entre les sexes en matière de propriété, d’héritage et de travail[4].

Plus de 120 personnes ont été arrêtées le 4 avril 2011 suite à une  grève générale (le hartal) appelée par le Comité d’application du droit pénal islamique qui est opposé à la loi susmentionnée sous prétexte  qu’elle viole les principes islamiques garantissant aux femmes les mêmes droits d’héritage que les hommes. Dans la capitale Dacca, 103 personnes ont été arrêtées, 15 ont été placées en détention à Faridpur et 3 à Naravangani. Il y a eu de violents heurts avec la police à Dacca, Mirpur, Kakrail, Malibagh et d’autres villes[5].

Litiges fonciers

Les habitants des villages tribaux de la région de Chitagong Hill Tracts, le long de la frontière  sud-est du Bangladesh avec l’Inde et le Myanmar, se sont à nouveau opposés aux colons bengalis qui veulent coloniser le secteur avec le soutien de l’armée et de la police.
Le fait que les colons soient  musulmans et les communautés  tribales soient en grande partie  bouddhistes, avec quelques animistes et quelques chrétiens, donne au conflit l’apparence d’un conflit religieux. En fait, pour les experts, c’est une question principalement politique et sociale, même si les tribaux blâment les musulmans pour différents actes car de leur point de vue les Bengalis et les Musulmans sont identiques.

Le 17 février 2011, deux habitants de villages tribaux ont été blessés et 23 maisons démolies lors d’une attaque par des colons musulmans[6].

Le 14 avril 2011, un groupe de bangladais s’est introduit dans les territoires jummas, dont le nom vient du système de la population indigène, afin de les soustraire des natifs. Pourtant, leur tentative a échoué parce que les tribaux ont attaqué les colons, causant quatre morts.

Le 17 avril, 50 villages tribaux jummas ont été attaqués dans le district de Khagrachari  (Chittagong Hill Tracts). Plus de 200 maisons ont été brûlées. Deux temples bouddhistes ont été détruits. Quatre colons bangladais et plus de vingt tribaux, incluant femmes et enfants, ont été blessés. Des sources non confirmées mais dignes de foi ont dit que 40 étudiants universitaires ont disparu sans laisser de trace[7].

Entretemps, les colons bangladais se sont organisés pour défendre leurs droits, mettant sur pied un groupe appel Fight for People Rights in Chittagong Hill Tract (FPRCHT), qui opère telle une force paramilitaire, épaulée par la police locale.

Aujourd’hui, les craintes augmentent que les tribaux reprennent le flambeau pour reprendre l’insurrection qui s’est terminée par un accord de paix en 1997, après 20 ans de guerre.

Jugé initialement non-constitutionnel, l’accord de paix de Chittagong Hill Tracts a été finalement soutenu par le gouvernement en cours, mais a prouvé son inefficacité.

Les dispositions prises par la Commission d’exécution, chargée d’examiner les différends fonciers, n’ont satisfait personne. Une disposition, qui reste largement symbolique, a été la promesse de déplacer les troupes bangladaises. En fait, 400 camps militaires existent encore dans le pays[8].

Ecoles catholiques

Bien que petite minorité, les catholiques luttent pour la qualité de leurs écoles. Les diplômés des écoles missionnaires et des universités catholiques sont les meilleurs étudiants du Bangladesh, ceci d’après des statistiques effectuées en milieu d’année qui placent le Collège Notre-Dame, l’école de la Sainte Croix et les collèges St Joseph et St Placid en tête de classement. En tout, l’Eglise catholique gère 52 grandes écoles, quatre universités, un collège de professeurs et plusieurs écoles primaires dans le pays.

Rencontres interreligieuses

Le 16 avril 2011, les Ahmadiyya (originaires d’Inde) et les communautés chrétiennes de Dacca ont pris part à une conférence commune avec 175 participants, dont 80 chrétiens et 95 Ahmadis.

Les retombées de cette rencontre ont été positives. « Chrétiens et Ahmadis sont des communautés minoritaires au Bangladesh », a dit le Frère Francesco Rapacioli (PIME) qui a organisé l’événement grâce à Shalom, le mouvement œcuménique qu’il dirige. Il y a un abîme entre eux, explique-t-il. « Nous sommes également sur le plan ethnique une minorité, étant donné que plus de la moitié de tous les chrétiens sont autochtones et tribaux. Ils sont différents et pas bien connus. Non seulement, ils nous ont accueillis à leur centre, mais ils nous ont offert aussi des rafraîchissements et ont mis leurs publications à notre disposition. A mon avis, ils ont fait cela pour montrer qu’ils sont une communauté avec laquelle on peut s’épanouir, engager un dialogue et se rencontrer. Maintenant, ils savent qu’ils peuvent se rencontrer et discuter en paix avec quelqu’un. C’est comme s’ils avaient trouvé des alliés »[9].



[1] The Constitution of the Peple’s Republic of Bangladesh, http://bdlaws.minlaw.gov.bd/pdf_part.php?id=367&vol=15&search=1972

[2] AsiaNews, 8/06/2011

[3] Agenzia Fides, 22/06/ 2011

[4] Agenzia Fides, 08/03/ 2011

[5] AsiaNews, 04/04/2011

[6] AsiaNews, 22/02/ 2011

[7] AsiaNews, 27/04/ 2011

[8] AsiaNews, 20/01/2012

[9] AsiaNews, 19/04/2011

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