APPARTENANCE RELIGIEUSE
musulmans : 88,8 %
hindous : 9,5 %
chrétiens : 0,5 %
autres : 1,2 %
Catholiques : 322 000
SUPERFICIE
143 998 km2
POPULATION
164 425 000
RÉFUGIÉS
228 586
DÉPLACÉS
60 000 – 500 000
Au Bangladesh
Deux fillettes sur trois au Bangladesh se marient avant leur 18ème anniversaire, nombre d’entre elles contractant le mariage aux alentours de 12 ans. Outre le travail des mineurs, les fillettes bengalaises se trouvent à devoir également faire face à cette autre dure réalité, en particulier lorsqu’elles appartiennent aux strates sociales les plus pauvres du pays. Bien que l’Etat l’interdise expressément, de nombreuses procédures permettent d’échapper au contrôle. La majeure partie des mariages de mineurs se célèbre en effet au travers de rites religieux, par exemple islamique ou hindou. Il s’agit au plan social d’une pratique très commune, liée à la pauvreté et au rôle des sexes, bien défini, qui considère les fillettes comme un poids pour leurs familles attendu que prendre soin de la maison n’est pas considéré comme un travail alors que les garçons sont considérés comme un investissement pour l’avenir en ce qu’ils rapportent un salaire.
Par conséquent, il est évident que ce phénomène existera tant que ne s’amélioreront pas les conditions économiques de la population et que n’augmenteront pas l’assistance et la qualité de l’instruction. Pour le moment, 85% des habitants du Bangladesh vivent avec moins de 2 dollars par jour et seuls 55% des enfants qui entreprennent leurs études les achèvent. A l’occasion de la Journée de l’enfant qui a eu lieu récemment, de nombreuses organisations internationales se sont réunies pour dire « Non au mariage précoce et à la violence à l’encontre des enfants ». Durant la Journée en question, environ 350 enfants des deux sexes ont marché avec leurs parents, des enseignants et des membres de la société civile, faisant entendre leurs voix afin de dénoncer les conséquences du mariage et du travail des mineurs ainsi que la violence à l’encontre des enfants à l’école et à la maison.
(FIDES, décembre 2011)
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Aspects juridiques et constitutionnels
Au Bangladesh, l’islam est religion d’État. La Constitution affirme le droit de chaque citoyen de professer, pratiquer et diffuser sa propre religion. Par rapport à l’année dernière, il n’y a pas eu de modification de la Constitution ni des droits des fidèles.
Le 29 décembre 2008, l’Awami league est rentré au gouvernement en obtenant 263 des 300 sièges disponibles au parlement. L’Awami league est un parti séculier, fondé en 1949, qui a conduit le Bangladesh à l’indépendance à l’égard du Pakistan, sous la conduite de Sheikh Mujibur Rahman.
Présence religieuse dans le pays
Le climat social à l’intérieur du pays n’est pas dépourvu de tensions. Dipal Barua, activiste pour les droits de l’Homme, a déclaré que « les attaques contre les minorités » au Bangladesh « augmentaient de manière vertigineuse ». Bien qu’au Bangladesh la liberté du culte soit formellement garantie, différents cas de persécution et de discrimination sur la base de l’appartenance à une religion ou à une minorité ethnique se sont produits. Dans la plupart des cas, la police n’est pas intervenue pour défendre les minorités contre les abus commis par les musulmans fondamentalistes.
Catholiques
En 2009, il y a eu plusieurs attentats et manifestations à l’encontre des catholiques de la part des musulmans fondamentalistes. Ce n’est pas un hasard si, pendant les célébrations de la Pâques, à laquelle ont participé 300.000 personnes rien que dans la capitale Dhaka, les offices ont eu lieu sous le contrôle attentif de la police. Abu Sayed, un officier, a déclaré que « le même scénario se répétait dans tout le pays : la population se rassemble dans les églises sous la protection de la police » et les contrôles augmentent au cours des périodes des fêtes religieuses afin d’éviter des attentats, « mais nous ne sommes pas en mesure de garantir la sécurité des gens dans la vie de tous les jours ».
En août, la famille musulmane de Rashidul Amin Khandaker, qui s’est converti au christianisme en 2008, a été complètement marginalisée par les autres musulmans et leur maison a été dévastée. Ruhul, le père de Rashidul, a été empêché d’entrer dans la mosquée pour prier, et le premier août il a été menacé par le groupe extrémiste islamique Allahr Dal, qui lui a même intimé de tuer son fils.
Le 25 septembre, William Gomes, d’origine musulmane, converti au catholicisme, a fui de chez lui pour échapper à un groupe de militants islamistes qui voulaient les tuer, lui et sa famille (femme et fils), après avoir brûlé leur maison. L’activiste pour les droits de l’Homme a cherché la protection de la police, mais les agents du commissariat de Jatrabri se sont limités à enregistrer la plainte. Gomes raconte que l’officier de garde lui avait garanti l’intervention de la police si les faits se produisaient, et a commenté les menaces en lui disant qu’il ne pouvait pas s’étonner du fait que sa conversion enrage les musulmans.
Déjà le 23 septembre, il y avait eu des signes avant-coureurs. Mohammed Mijan Bandari, leader local du Parti Nationaliste du Bangladesh (BNP), avait attaqué Mohammed Faruk, cousin de Gomes. L’activiste pour les droits de l’Homme était intervenu pour défendre son cousin, recevant des menaces de mort de la part de Bandari et du groupe d’islamistes composé d’une centaine de personnes. Seule l’arrivée de la police avait dispersé la foule et calmé les choses.
Le 27 septembre, quelques membres du mouvement islamique Hizbut Tawhid ont attaqué un étudiant chrétien à Dhaka, en l’accusant d’avoir critiqué Mahomet. Anup Rodrigues, 25 ans, a raconté que quatre inconnus, vêtus d’habits musulmans traditionnels, l’ont agressé en le prenant par les épaules. Un des assaillants a commencé à l’accuser d’avoir outragé le Prophète, en définissant les chrétiens comme « la malédiction de la nation » qui « veulent convertir les musulmans ». « Sans même me donner le temps de parler – affirme l’étudiant – ils ont commencé à me frapper avec des bâtons de fer et de bambou. Pendant qu’ils me frappaient, j’ai prié la Madone de me sauver. Quand j’ai eu un instant pour m’échapper, je suis parti en courant ».
La police ne fait pas assez pour arrêter les violences, à tel point que la mère d’Anup n’a pas porté plainte, parce qu’elle ne sait pas si elle peut se fier aux agents.
Parfois les violences sont également dictées par des motifs économiques.
Le 22 octobre, un groupe de musulmans a tiré des coups de fusil contre la maison de la famille de Sunil Gomes, un catholique de la paroisse Saint Laurent à Dhaka. Le 8 octobre, 150 musulmans avaient déjà envahi la maison et réclamé une partie du jardin. De plus, le groupe musulman a enlevé la plaque, accompagnée d’une petite croix, portant le nom de la famille Gomes, en la remplaçant par une plaque avec l’écriteau « Allah Akbar ». Madame Gomes a déclaré à AsiaNews que « ça faisait longtemps que les voisins musulmans nous poussaient à vendre la maison ». Mais la famille comprend les parents très âgés et malades, qui ne pourraient pas supporter un déménagement forcé. « Puisque nous sommes chrétiens – dit Madame Gomes – personne ne vient nous aider. Les musulmans ont des richesses et sont politiquement puissants ; ils ont des liens puissants avec le parti au pouvoir, l’Awami league ».
Entre la fin d’août et le début de septembre, la communauté catholique de Solepur a été l’objet de nombreuses violences de la part de musulmans qui, par des vols et des menaces, ont cherché à les forcer à partir pour occuper leurs terrains.
Protestants
En 2009, des cas de violences contre les membres de l’Église protestante se sont produits.
Lorsque Kazi Quamrunnessa Luna, ayant déménagé aux Etats Unis après avoir obtenu sa licence au Bangladesh, a décidé de se convertir au christianisme en recevant le baptême au sein de l’United Bengali Lutheran Church of America, sa famille restée au pays a commencé à être marginalisée et menacée par la communauté musulmane.
« Mon frère ne peut même pas aller à la mosquée », raconte Luna. « Nous sommes entourés par un climat d’ostracisme et si Luna rentre au Bangladesh, il est probable qu’ils prononceront une fatwa contre elle et sa vie sera en danger ». La mère de Luna ajoute qu’elle n’arrive plus « à résister aux pressions des gens » pour une décision qui est « seulement celle de ma fille », et elle dénonce un climat général d’« insécurité ».
En juin, Aminul Islam, après avoir découvert que son fils Jahirul s’était converti au christianisme, a commencé à frapper la mère de ce dernier et à la maltraiter régulièrement, car elle lui avait permis d’étudier à l’étranger. Jahirul a suggéré à sa mère de se tourner vers le révérend Alex Khan, et en septembre cette femme a annoncé à son mari qu’elle s’était convertie au christianisme. A l’annonce de cette nouvelle, Aminul Islam, après avoir brûlé la Bible de sa femme, l’a ligotée avec sa fille et les a frappées brutalement. Les deux femmes ont déclaré « avoir eu peur mais avoir été réconfortées par la prière ».
Hindou
Même les hindous font l’objet de discrimination et de persécution. Les attaques survenues en 2009 ont été dictées, non seulement par une haine de nature ethnique et religieuse, mais également par des motifs économiques.
La nuit du 25 juillet à Charsindhu, à 50 kilomètres de Dhaka, un groupe armé composé de membres de la communauté musulmane locale a pris d’assaut quatre maisons hindoues et a pillé le temple de la communauté.
Au cours de la première semaine d’août, vingt familles appartenant à la minorité hindoue des villages de Kalibari, Kajir Hat et Keramotia, dans le sud du Bangladesh, ont été victimes d’extorsions et de chantages de la part de la majorité musulmane. Les musulmans ont commencé par arracher 45.000 taka (environ 470 Euros) à la famille de Nitia Das, et lorsque quelques familles se sont opposées, les musulmans ont commencé à les persécuter. Deux filles ont été séquestrées et n’ont été libérées qu’après le paiement d’une rançon. Un des malfaiteurs a prétendu épouser une fille sans son consentement ni celui de sa famille et, d’après les affirmations de Boloram Das, représentant de la minorité hindoue, « ni les habitants des villages, ni la police n’ont fait quoi que ce soit pour nous aider ». Au moins vingt familles hindoues de la région ne peuvent pas rentrer chez elles, à cause des menaces proférées par des groupes de musulmans.
