APPARTENANCE RELIGIEUSE
chrétiens : 81,5 %
agnostiques : 14,1 %
musulmans : 3,7 %
autres : 0,7 %
Catholiques : 7 713 000
SUPERFICIE
30 528 km2
POPULATION
10 698 000
RÉFUGIÉS
15 545
DÉPLACÉS
Législation
Depuis décembre 2009, la Commission pour la réforme institutionnelle du Sénat belge a examiné en détail une proposition de loi du Sénateur socialiste Philippe Mahoux, soutenue par ses collègues Paul Wille, Jean-Jacques De Gucht, Christine Defraigne, Josy Dubié et Olga Zrihen, prévoyant une interdiction de porter le voile pour toutes les employées du secteur public, ou n’importe quel symbole manifestant une conviction religieuse ou philosophique, et interdisant par ailleurs aux membres de l’administration publique d’exprimer leurs opinions religieuses ou orientations idéologiques personnelles. Par ailleurs, le texte prévoirait l’obligation d’ôter tout symbole religieux des espaces publics.
Cependant, le débat à l’intérieur de la société belge a principalement concerné certaines pratiques islamiques ainsi que la laïcité des institutions, suite à la jurisprudence des tribunaux civils et aux décisions du Conseil d’État, et compte tenu de la nécessité de réglementer les nombreuses dispositions administratives adoptées par des autorités locales et scolaires en ce qui concerne la licéité de l’utilisation du voile dans les lieux publics. Le 22 avril 2010, par un vote à la quasi-unanimité, la Chambre basse a approuvé en première lecture une loi interdisant l’utilisation du voile intégral dans tous les lieux publics. Si le Sénat belge confirme lui aussi la mesure, alors les personnes qui « se présenteront dans l’espace public le visage masqué ou dissimulé, en tout ou en partie, par un vêtement de manière telle qu’ils ne soient plus identifiables » seront punies d’une amende et / ou d’une peine de prison de un à sept jours.
Suite à une étude publiée dans la « Libre Belgique » et « Le Figaro » (du 21 Mars 2008) concernant l’avenir de la population musulmane de Bruxelles, la conclusion à laquelle on parvient est qu’au cours des 20 prochaines années, la capitale de la Belgique deviendra à majorité musulmane.
Église catholique
Une résolution d’avril 2009, approuvée par la Chambre, a exprimé à une large majorité une censure à l’encontre du Pape Benoît XVI, responsable, selon les parlementaires, d’un « crime contre l’humanité » pour avoir affirmé que la distribution de préservatifs n’aidait pas à prévenir la diffusion du HIV/ SIDA. Commentant l’attaque portée contre le Saint Siège, le directeur de la salle de presse du Vatican, le Père Federico Lombardi, l’a définie comme étant « surprenante » et a réaffirmé « la liberté du Saint Père d’exprimer ses positions », rappelant par ailleurs les études effectuées par différents chercheurs et agences internationales, y compris l’Organisation Mondiale de la Santé, qui démontraient que les meilleures campagnes de prévention contre le sida étaient justement celles faisant la promotion de la chasteté et de la fidélité dans les rapports sexuels. L’absence d’approbation de la part du Sénat a fait échouer la motion le 28 avril 2009.
Les attaques à l’encontre de l’Église ont cependant continué dans certains organes de presse nationaux qui ont pris pour cible les sacrements avec un acharnement de nature à offenser les fidèles catholiques, provoquant ainsi l’indignation de Hans Geybels, porte-parole du Cardinal Godfried Danneels.
Dans un autre domaine, l’église grecque melchite de Saint Jean-Chrysostome, à Bruxelles, a été incendiée pendant la nuit du 11 au 12 décembre 2008. Les enquêtes qui ont suivi ont établi qu’il s’agissait d’un acte criminel.
Le 24 juin 2010, la police a effectué des perquisitions au siège de la Conférence épiscopale belge et dans la Cathédrale de Malines, dans le cadre d’une enquête pour délit lié au crime de pédophilie, saisissant toute la documentation possédée par la commission mixte qui enquêtait sur les cas d’abus sexuels contre des mineurs. A cette occasion, les évêques belges ont été empêchés de se déplacer pendant neuf heures, provoquant une réaction de la part du Saint Siège qui a qualifié cet épisode d’« inadmissible ». Le 2 Juillet suivant, la Conférence épiscopale belge a réaffirmé dans un communiqué que les évêques ne contestaient pas le droit des autorités judiciaires de mener une perquisition, à condition que ce droit soit exercé dans le cadre légal prescrit et se base sur des indices légitimes et spécifiques, usant de moyens proportionnés. Au contraire, les évêques rejettent les modalités ayant eu cours dans les locaux de la Commission pour traiter les dénonciations pour abus sexuels. « La saisie de tous les dossiers portant sur les victimes – observe la Conférence épiscopale – a clairement empêché la Commission de poursuivre sa délicate mission ». Les évêques étaient déjà intervenus à ce sujet par trois communiqués officiels, tous datés du 25 juin. Dans le premier, ils observaient qu’en procédant à une perquisition au siège de la Conférence épiscopale, « la justice avait montré un manque de confiance dans le travail de la Commission ». Comme on le sait, l’intervention de la police judiciaire s’est déroulée pendant que les évêques étaient réunis en assemblée. Assemblée au cours de laquelle l’archevêque de Malines-Bruxelles, André-Joseph Léonard, Président de la Conférence épiscopale belge, avait encore une fois réaffirmé la nécessité de pratiquer une politique de « tolérance zéro » en matière d’abus sexuels sur mineurs.
