APPARTENANCE RELIGIEUSE
chrétiens : 74,5 %
animistes : 15,3 %
musulmans : 2,3 %
autres : 7,9 %
Catholiques : 14 461 000
SUPERFICIE
9 970 610 km2
POPULATION
33 890 000 habitants
RÉFUGIÉS
169 434
DÉPLACÉS
-
La liberté religieuse est toujours effective au Canada, respectée par les instances gouvernementales en place. Elle est par ailleurs garantie par la Charte des Droits et Libertés enchâssée dans la Constitution canadienne de 1982, et nommée comme telle à l’article 2.A : « Chacun a les libertés fondamentales suivantes : a) liberté de conscience et de religion; ».
« Selon l’article 52 de la Loi constitutionnelle de 1982, toute loi ou règle de droit qui est incompatible avec les dispositions de la Constitution devient inopérante », indique The Canadian Encyclopedia.
Toujours selon cette encyclopédie virtuelle, « le but d’une telle charte est de protéger le citoyen, de l’État, et les minorités, des majorités parlementaires. La Charte canadienne des droits et libertés couvre plusieurs domaines : libertés fondamentales, droits démocratiques, liberté de circulation et d’établissement, garanties juridiques, droits à l’égalité et droits linguistiques. L’égalité des droits pour les deux sexes y est aussi protégée par un article particulier. La Charte respecte en outre les droits et libertés des autochtones. »
Au Canada, la Charte est régulièrement invoquée par des personnes qui s’estiment lésées par des discours qu’ils considèrent offensants ou allant contre ce qu’ils considèrent comme non-conforme à ce que devrait être la société. Les questions sur la morale reviennent ainsi régulièrement sur le devant de la scène, que ce soit la question de l’avortement, de l’union entre conjoints de même sexe ou encore, la liberté en éducation religieuse.
Enfin dans le pays, les différentes cours provinciales entendent régulièrement des causes concernant les questions religieuses, que ce soit sur le port du voile dans les endroits publics ou encore, le droit des parents à exempter leurs enfants du cours obligatoire d’Éthique et de Culture Religieuse (ECR) au Québec, entre autres exemples. Par ailleurs, une association juive constate une augmentation des actes antisémites sur le territoire canadien. Du côté des musulmans et des chrétiens, on remarque aussi des actes de vandalisme et de profanation contre des propriétés publiques leur appartenant : cimetières, mosquées, églises.
« Certains cas de maltraitance sociale ou de discrimination fondée sur l’appartenance, la pratique ou les croyances religieuses ont fait l’objet de signalements », indique le rapport international sur la liberté religieuse 2009 des États-Unis. Il faut savoir que certaines dispositions des lois canadiennes permettent de poursuivre comme criminel quiconque se rend coupable d’actes ou de propagande haineuse envers un groupe religieux.
Concernant la vie religieuse dans la société canadienne : trois exemples
Québec : commission Bouchard Taylor sur les ‘accommodements raisonnables’
Finalement en mai 2008, les commissaires Gérard Bouchard et Charles Taylor ont rendu publiques les conclusions de leur commission itinérante sur ce qui a été nommé, les ‘accommodements raisonnables’. Cette tournée qui a permis de consulter le grand public et des experts a recommandé que, pour conserver la neutralité de l’État, soit interdit aux « magistrats, procureurs de la Couronne, policiers, gardiens de prison et vice-président et président de l’Assemblée Nationale du Québec » de porter des signes religieux ostensibles.
Par ailleurs, « enseignants, fonctionnaires, professionnels de la santé et autres agents de l’État devraient pouvoir continuer à porter des signes religieux ». En 2009, aucune loi n’a émané des recommandations produites par la commission.
Québec : cour d’Éthique et Culture Religieuse (ECR)
Implanté en septembre 2008, le nouveau cours obligatoire ne fait pas l’unanimité. Une famille de Drummondville est même allée jusqu’en Cour supérieure du Québec afin que ses enfants puissent en être exemptés. En 2009, ils ont été déboutés en Cour d’appel du Québec et comptent maintenant se rendre jusqu’à la Cour Suprême du Canada, le plus haut tribunal du pays (avril 2010).
Par ailleurs, dans une décision émise le 24 février 2010, la Cour d’appel du Québec reconnaît aux établissements d’enseignement privés, le droit d’exemption du caractère obligatoire du cours d’éthique et culture religieuse, une décision qui « marque la brèche », indique la CLÉ : Coalition pour la Liberté en Éducation, une association non confessionnelle créée à la suite de l’imposition obligatoire du cours ECR.
Les évêques catholiques du Québec ont, le 15 septembre 2009, émis des réserves quant au cours lui-même, enseignement qui devait donner une place importante à l’étude du christianisme. Dans une lettre, ils indiquaient que les « manuels [scolaires] exposeront les élèves à la diversité religieuse bien plus qu’ils ne les introduiront de façon significative à la connaissance de la tradition chrétienne québécoise ». Une approche qu’ils jugent le plus souvent anecdotique, « tout particulièrement pour ce qui a trait à certains récits fondateurs de la tradition chrétienne … sans aider le jeune à en découvrir la signification », et qu’à cause de cela, « il se pourrait que des préjugés puissent déjà prendre racine dans l’esprit des élèves sur telle ou telle croyance ou pratique religieuse. » Ce qui est contraire à l’esprit voulu par les concepteurs du cours.
D’autres parts, des croyants d’autres traditions religieuses et même des personnes athées ont, tout au long de l’année, émis des réserves importantes, craignant que les enfants, surtout en primaire, ne soient portés à relativiser toutes croyances et à toutes les mettre sur le même pied d’égalité.
Signalements d’ incidents à caractère antisémite
Ils seraient en progression selon l’organisme B’naï Brith. 413 incidents ont été signalés à la police, mais dans seulement 17 cas, des accusations ont été portées. « La hausse de 11,4 % décrite dans ce Rapport en comparaison avec les chiffres de 2008 confirme la tendance à la hausse qui a vu les incidents passer de 280 en 2000 à un sommet de 1 264 en 2009, presque cinq fois plus en dix ans. Les parlementaires de tous les partis ont jugé le problème assez urgent pour convoquer la Coalition parlementaire canadienne de lutte contre l’antisémitisme (CPCCA) et décider de tenir une enquête officielle. »
