APPARTENANCE RELIGIEUSE
chrétiens : 87,5 %
agnostiques : 10,1 %
animistes : 1,6 %
autres : 0,8 %
Catholiques : 12 410 000
SUPERFICIE
756 626 km2
POPULATION
17 135 000 habitants
RÉFUGIÉS
1 539
DÉPLACÉS
-
Initiatives législatives
En février 2010, la Présidente Michelle Bachelet a transmis au Congrès un projet de loi visant à modifier la loi actuelle sur le statut juridique des Églises et des organisations religieuses (loi 19 638), qui n’a pas encore été examiné en assemblée. Le débat sur ce texte sera une occasion pour évaluer l’application de cette loi, dix ans après sa promulgation, dans des domaines qui sont de toute première importance pour la liberté religieuse.
Ce projet de loi prévoit, entre autres, que soient considérées comme Églises, confessions ou entités religieuses toutes les institutions qui, bien que s’inspirant d’une confession religieuse donnée, pousuivent principalement un but de bienfaisance, recherche ou études philosophiques, ainsi que les associations et communautés dont le but est d’améliorer la santé physique ou spirituelle des citoyens. En ce qui concerne l’accompagnement religieux, ce projet de loi prévoit que le personnel des forces armées et des forces de l’ordre, les personnes hospitalisées dans les établissements nationaux, et les détenus, puissent bénéficier d’un accompagnement spirituel de la part des aumônereries de leur confession ou autre organisme ecclésiastique, qu’ils appartiennent ou non à cette confession, compte tenu des réglements et des limites de leur situation.
En ce qui concerne le régime de reconnaissance civile du mariage religieux aux termes de la loi de 2004, certains secteurs sensibles au thème de la liberté de religion demandent que le délai d’inscription soit allongé et que les documents puissent être présentés par une autre personne que les futurs époux.
En ce qui concerne les autres dispositions en rapport avec la liberté religieuse, la citoyenneté chilienne honoraire a été attribuée à six prêtres (Joseph Alfred León Sirvin, Michel Marie Edouard Bourguignat Girard, John Joseph O’Reilly, Herbert Albert Becker Rawn, Gérard Ouisse, Frederick Joseph Hegarty Keane), ainsi qu’à Christiane Raczynski von Oppen, présidente de la branche chilienne d’Aide à l’Église en Détresse.
L’érection de monuments à la mémoire de Jean-Paul II a été autorisée aux passages frontaliers des Andes, dans la région de Valparaiso, et de Puyehue, dans la région de Los Lagos.
Le règlement de mai 2008 sur l’accompagnement religieux dans les casernes des forces armées et des forces de l’ordre est entré en vigueur, et un aumônier national a été désigné.
En ce qui concerne le patrimoine religieux (matériel et immatériel), la Commune de Petorca, dans la Région V, a décidé que les fêtes de Notre-Dame des Grâces et de Notre-Dame du Rosaire feront partie dorénavant du patrimoine culturel et religieux. En décembre, le Conseil des monuments nationaux du Ministère de l’Éducation nationale a publié un décret qui prévoit la restauration d’un certain nombre de biens culturels s’apparentant à des entités religieuses, tels que l’église de la Viñita à Recoleta, dans la région de Santiago, et la statue de Notre-Dame de Lorette de la paroisse d’Achao, à Chiloé. Enfin, le rejet de la demande d’ériger un monument à Jean-Paul II en souvenir de sa visite au Chili, a donné lieu à un débat intéressant dans la société, non pas pour des motifs religieux, mais pour des raisons architecturales, esthétiques et urbanistiques.
Deux cérémonies ont été organisées en l’honneur de Notre-Dame du Mont Carmel, l’une à l’École militaire où son image est exposée auprès de la « Croix de la Victoire », l’autre à la Basilique du Sanctuaire national de Maipú, avec la distinction du Président de la République.
L’une des conséquences non prévues de l’épidémie de grippe porcine a été l’adoption, de la part des autorités civiles, de mesures administratives aboutissant à la suspension de certaines célébrations religieuses catholiques, en accord avec les autorités religieuses. Ainsi en juillet 2009, la fête de la Tirana en l’honneur de Notre-Dame du Mont Carmel, et en août celle de saint Laurent, ont été suspendues à titre préventif pour éviter la contagion. Parmi ces mesures administratives, il y avait l’interdiction de faire du camping et d’installer des tentes ou autres abris similaires dans les espaces publics et privés de ces localités, ainsi que tout type de commerce. Il y avait en outre des restrictions aux autorisations municipales d’installation temporaire de locaux et autres lieux de réunion et de transport de passagers vers ces localités, dont l’accès avait été barré à tous les véhicules des non-résidents, à l’exception des véhicules municipaux et des services d’urgence, avec la collaboration de la gendarmerie nationale.
Relations entre l’Église catholique et l’État
En janvier 2009, la Cour d’appel de Santiago a rejeté un recours visant à interdire un défilé de mode intitulé « Vierges », dans lequel des mannequins et des travestis revêtaient des tenues et prenaient des attitudes imitant les représentations de la Vierge Marie, avec rosaires et auréoles, dans une intention de provocation. La Conférence épiscopale a considéré cette initiative comme un manque de respect envers les Chiliens, qui ont une grande vénération pour la Vierge Marie.
Au mois de novembre, ont eu lieu les cérémonies commémoratives du 25e anniversaire du Traité de Paix et d’Amitié entre le Chili et l’Argentine, conclu grâce à la médiation du Pape Jean-Paul II, demandée par les deux parties. À cette occasion, les deux présidents ont rendu visite à Benoît XVI et sont allés déposer une couronne de fleurs sur la tombe de Jean-Paul II.
Au cours de l’année 2009, la discussion au Parlement d’un projet de loi sur l’information, l’orientation et les prestations en matière de régulation de la fécondité a été une source constante de heurts entre l’Église catholique et le gouvernement. Parmi les mesures de ce projet, devenu aujourd’hui loi, il y a l’accès à la pilule du lendemain comme méthode anticonceptionnelle d’urgence, en dépit d’un jugement de la Cour constitutionnelle qui interdit sa distribution dans les hôpitaux publics. Les jeunes filles de moins de 14 ans pourront désormais utiliser la pilule avec le conseil et l’accompagnement d’un adulte responsable.
En outre, pendant toute l’année 2009 et le début de 2010, une série d’initiatives parlementaires ont été présentées en faveur des unions de fait, tant hétérosexuelles qu’homosexuelles. À ce propos, l’Église a souligné l’importance du mariage et de la famille, notamment dans une déclaration du Comité permanent de la Conférence épiscopale du Chili en faveur du mariage, diffusée au mois de novembre et intitulée : « Valorisons le mariage, un bien pour le Chili ».
Communautés chrétiennes non catholiques et autres religions
Les candidats à l’élection présidentielle ont fait de gros efforts pour attirer les voix des croyants. Pour cela, ils ont fait diverses propositions et promesses. Voici quelques-unes des propositions faites par le président élu Sebastián Piñera : égalité entre les différentes religions ; égalité de culte dans les forces armées ; égalité de chances pour les différentes religions dans l’accès aux subventions et aux avantages fiscaux ; facilitations en vue de la création de moyens de communication destinés à transmettre le message évangélique ; et cours de religion dans la tradition évangélique aux élèves qui le demandent dans tous les établissements non confessionnels subventionnés par l’État.
Au mois de décembre, a été célébrée pour la première fois au Palais présidentiel (La Moneda) la Fête juive des Lumières (Hanukkah) en présence du Ministre Secrétaire général de la République et des principaux représentants de la communauté juive du Chili.
En avril 2010, la première Chambre du Tribunal du travail de Santiago a condamné l’employeur d’une femme de religion musulmane pour discrimination religieuse, et pour avoir enfreint son droit à « la non discrimination pour des motifs religieux ».
Reconstruction après le tremblement de terre
Après le tremblement de terre qui a ravagé le Chili au mois de février, diverses initiatives de restauration et conservation du patrimoine culturel religieux ont été entreprises.
D’après les chiffres fournis par la Conférence épiscopale, 47 % des églises catholiques du Chili ont été endommagées par le tremblement de terre et le raz-de-marée du 27 février, comme l’indique un rapport de son Bureau des statistiques sur les dommages subis par le patrimoine religieux. Sur les 27 diocèses existants dans le pays, 12 ont été touchés, et 545 édifices religieux catholiques ont été endommagés, dont 440 églises. Parmi ces dernières, 19 % ont subi des dommages graves nécessitant une démolition totale, 14 % ont subi des dommages graves mais sont récupérables, 25 % ont subi des dommages réparables, et 32 % ont subi des dommages légers.
L’association Aide à l’Église en Détresse a lancé une campagne intitulée « Chapelles d’urgence, pas de nouveau Chili sans le Christ », destinée à construire des chapelles de fortune pour les communautés qui se trouvent sans église depuis le tremblement de terre.
Par ailleurs, le Conseil National de la Culture et des Beaux Arts a fait faire une étude sur le patrimoine immatériel endommagé par le tremblement de terre, pour le compte du gouvernement chilien. À cause du lien indissoluble entre le patrimoine immatériel et les églises, chapelles, et sanctuaires, dont beaucoup sont toujours gravement endommagés, on a estimé qu’au moins 190 fêtes religieuses risquent de devoir être annulées.
