Costa Rica

Costa RicaAPPARTENANCE RELIGIEUSE
chrétiens : 97,0 %
autres : 3,0 %

Catholiques : 3 748 000

SUPERFICIE
51 100 km2

POPULATION
4 640 000 habitants

RÉFUGIÉS
19 116

DÉPLACÉS
-


Changements au niveau de la législation

Actuellement, l’article 75 de la Charte Fondamentale dispose : « La Religion Catholique, Apostolique et Romaine est celle de l’État, lequel contribue à son maintien, sans empêcher le libre exercice, dans la République, d’autres cultes qui ne s’opposent pas à la morale universelle ni aux bonnes mœurs ». Toutefois, au cours de l’année, il y a eu des tentatives de remplacement de ce texte par le suivant : « Toute personne est libre d’adopter et de professer une religion qui soit respectueuse des droits de l’Homme ou bien de n’en adopter aucune. L’État sera neutre en matière religieuse, mais garantira l’exercice de cette liberté ». Les députés qui ont présenté le projet considèrent qu’avoir une religion officielle implique une discrimination contre ceux qui professent une autre croyance, et que pour maintenir la liberté religieuse il est nécessaire d’adapter la Constitution.

Parmi les changements constitutionnels proposés par le regroupement d’organisations civiles, académiques et religieuses appelé « Mouvement pour un État laïc au Costa Rica », il y en a eu un qui a tenté de modifier le serment officiel de l’article 194, pour qu’il soit possible de prêter serment si l’on est croyant, ou en revanche que ceux qui le demandent promettent de remplir leur obligation de façon adéquate, affirmant qu’ainsi on respecterait la liberté religieuse des fonctionnaires. L’évêque de Cartago, Mgr Ulloa, a déclaré qu’éliminer Dieu de toute institution publique était un acte de profanation par lequel les parlementaires pensaient par erreur pouvoir tuer Dieu. La Conférence Épiscopale a indiqué que la liberté religieuse était déjà garantie par la Constitution actuelle et qu’éliminer Dieu du serment était une preuve de sécularisme plutôt qu’un moyen de confiner Dieu à la sphère privée.

Même si les réformes étaient approuvées par l’actuelle législature, dans tous les cas elles nécessiteraient l’approbation du Congrès élu au cours de la période suivante. Le projet pourrait donc être reporté pendant des années.

Relation entre l’Église catholique et l’État

Un grand débat a été provoqué par la décision de la Chambre Constitutionnelle de la Cour Suprême de Justice qui a déclaré inconstitutionnel le deuxième paragraphe de l’article 34 du règlement de loi sur la profession d’enseignant (« pour la sélection du personnel consacré à l’éducation religieuse, l’autorisation préalable délivrée par la Conférence Épiscopale Nationale sera une condition indispensable »), annulant la faculté de discernement accordée aux évêques en ce qui concerne l’opportunité d’octroyer la Missio Canónica, ou Envoi Apostolique, aux éducateurs dans le domaine religieux en tant qu’agents pastoraux pour l’enseignement de cette matière dans les centres éducatifs publics.
Les conseillers régionaux pour l’éducation religieuse ont dénoncé la volonté d’éliminer des écoles publiques l’enseignement de la religion catholique, suite au jugement de la Chambre Constitutionnelle. Ils affirment l’existence d’une atmosphère « antireligieuse et laïciste » au Ministère de l’Éducation Publique.
Face à cette situation, l’Église a exprimé son intention de négocier un traité ou un accord réglementant ses relations avec l’État, principalement en ce qui concerne l’administration des biens, les exonérations, l’éducation et les services sociaux. L’idée est de rédiger un projet de concordat qui sera signé par le Saint-Siège.

Un autre point de conflit entre l’Église et le Gouvernement a été dû à des déclarations publiques effectuées en avril 2010 par le Président de la République, Óscar Arias Sánchez, d’après lesquelles « le célibat est une erreur de l’Église Catholique ». Le porte-parole de la Conférence Épiscopale du Costa Rica a dit que les déclarations du Président ne pouvaient « être considérées que comme un avis personnel, dans le contexte d’une société démocratique ». De même, le Président s’est montré favorable à une législation sur les unions homosexuelles ; cela concerne un projet de loi sur les « sociétés de vie en commun », un groupe favorable à la cause gay ayant présenté 12.000 signatures pour que ce soit la société qui vote cette initiative, et non le parlement.

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