Cuba :

Une situation qui évolue

La situation de transition que traverse le pays est un mélange d’ombres et de lumières. Des progrès remarquables ont été accomplis dans les relations entre le gouvernement et les communautés religieuses, dont l’engagement en faveur de la défense des droits de l’homme a également obtenu de bons résultats sur ce front.

Tout au long de l’année 2011, le gouvernement a autorisé d’importantes célébrations religieuses publiques, dont le point culminant a eu lieu en mars 2012 avec la visite de Sa Sainteté Benoît XVI sur l’île.

Catholiques

Au cours de cette période, les relations entre l’Église catholique et les autorités ont évolué. Ce changement est le résultat du dialogue accompli entre, d’une part le Cardinal Jaime Ortega et Mgr Dionisio García, archevêque de Santiago de Cuba et Président de la Conférence épiscopale de Cuba, et d’autre part le Général Raúl Castro, Président de Cuba.

Le dialogue a commencé grâce à la médiation du Cardinal, qui avait protesté en avril 2010 contre les actes de répression commis à l’encontre des « Dames en blanc (Damas de Blanco) », qui manifestaient chaque dimanche devant l’église Sainte Rita pour exiger la libération de leurs proches, prisonniers d’opinion condamnés à de lourdes peines et reconnus par Amnesty International.

La réponse du gouvernement à la protestation du Cardinal a été une invitation, adressée à l’Église, à servir d’intermédiaire entre les autorités et les « Dames en blanc », pour recevoir leurs demandes.

Cette intervention a eu pour résultat global, en différentes étapes, la libération de plus de 140 prisonniers d’opinion ayant accepté la proposition de sortir de prison et de partir pour l’Espagne[1].

Au cours de cette période, l’Église a pu inaugurer en novembre 2010, à la Havane, un nouveau séminaire dédié à Saint Charles et Saint Ambroise, dont la première pierre avait été bénie par le Pape Jean-Paul II lors de sa visite à Cuba en 1998. Le Président Raúl Castro a assisté à l’inauguration du séminaire. Il s’agit de la première construction d’un édifice religieux à Cuba depuis la révolution de 1959[2].

Au cours de l’année 2012, l’Église a célébré le jubilé des 400 ans de la découverte de la statue de la Virgen de la Caridad del Cobre, patronne de Cuba. L’Église de Cuba a organisé à partir du 8 août 2009 un pèlerinage national au cours duquel la statue de Notre-Dame de Cobre a traversé tout le pays. Les Cubains, même non catholiques, ont conservé une forte dévotion à l’égard de leur Sainte Patronne. Des millions de personnes sont descendues dans les rues, les ruelles et sur les places, pour prier la Vierge. Le pèlerinage national s’est achevé le 30 décembre 2011 à la Havane, par une célébration publique solennelle[3].

En raison de l’année du jubilé, le Conseil d’Etat de Cuba a décidé le 23 décembre 2011 une remise de peine générale qui, conformément à la déclaration faite par le Président Raúl Castro, devrait intéresser 2900 prisonniers[4].

La visite du Pape Benoît XVI, du 26 au 28 mars 2012, qui a bénéficié d’une immense participation populaire et de la présence des plus hautes autorités de l’État lors de tous les actes importants, contribuera sans doute à laisser plus d’espace à l’exercice de la liberté religieuse dans le pays.

Autres confessions religieuses

La plupart des autres groupes religieux ont reçu un plus grand nombre de permis en vue de l’évangélisation, de l’accomplissement d’activités religieuses et de services de bienfaisance. Les groupes religieux ont également fait savoir qu’il était devenu plus facile d’obtenir un permis du gouvernement pour réparer et entretenir les lieux de culte et autres édifices, tandis que l’obtention de permis de construire de nouveaux bâtiments restait toujours très difficile.



[2] Zenit.org, 4/11/2010

[3] www.zenit.org/article-41214?l=spanish

[4] www.zenit.org/article-41186?l=spanish


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