APPARTENANCE RELIGIEUSE
chrétiens : 40 %
(pratiquants : moins de 2 %)
Animistes (adeptes de la Santeria)
Athées : 45 %
SUPERFICIE
110 861 km2
POPULATION
11 258 000 habitants
RÉFUGIÉS
454
DÉPLACÉS
-
Actualité: le Pape à Cuba
Nous avons reçu le témoignage de différentes communautés concernant la préparation de l’arrivée du Pape à Cuba pour sa visite pastorale. De nombreux opérateurs pastoraux ont fait du porte-à-porte pour remettre des tracts missionnaires portant une catéchèse qui explique qui est le Pape et quel est le sens de la visite à Cuba de ce « Pèlerin de la Charité ». De nombreuses familles ont placardé une affiche de « Bienvenue au Pape » sur la porte de leur maison, manifestant ainsi leur joie dans l’attente.
La pastorale des jeunes a invité les différents groupes de jeunes des paroisses à des rencontres au niveau local, sur les places et dans les parcs publics, où se sont déroulés des conférences, des prières, des chants et au cours desquelles ont été projetés des films de manière à intéresser le plus de jeunes possible.
« Nous avons reçu la confirmation des pèlerins des Diocèses les plus éloignés de l’île qui arriveront pour participer à la Messe du Saint-Père en provenance des Diocèses de Ciego de Avila et Guantanamo. Demain (aujourd’hui), ils seront à Santiago de Cuba pour célébrer avec le Pèlerin de la Charité » a déclaré le Père Raul Rodriguez à Fides.
« Je connais personnellement le groupe de jeunes qui, suite à de graves problèmes en matière de transports publics, est parti voici deux jours des Paroisses rurales du Diocèse de Santa Clara pour arriver à temps à Santiago de Cuba et donner la bienvenue au Pape. Dans tout le pays, cette attente du Pasteur venu les confirmer dans la foi est vécue dans la joie. »
(Fides 26/03/2012)
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Changements au niveau de la législation
A Cuba, malgré quelques signaux positifs, le panorama de la liberté religieuse dans le pays est encore négatif. Au cours de la période observée, il n’y a eu aucun changement par rapport à la législation antérieure.
Les principales restrictions à la liberté religieuse sont effectuées au moyen de la surveillance, d’infiltrations, du harcèlement des religieux et des laïcs et de l’utilisation abusive de mécanismes administratifs.
Le gouvernement cubain exige que les Églises et groupes religieux s’inscrivent au Registre des Associations du Ministère de la Justice pour pouvoir recevoir la visite d’étrangers, importer du matériel religieux, se réunir dans des lieux de culte approuvés et dans certains cas, voyager pour des motifs religieux. Il y a 50 groupes enregistrés, mais au cours de ces dernières années, le gouvernement n’a reconnu aucun nouveau groupe religieux. Plusieurs des 50 groupes reconnus entretiennent des relations avec le Conseil des Églises de Cuba (CIC), organisme reconnu par le gouvernement.
Ceux qui sont en dehors de ce Conseil ou qui se sont montrés critiques à l’égard du gouvernement ont été espionnés, menacés ou arrêtés. D’après la Christian Solidarity Worldwide, plus de 30 personnes ont été arrêtées pour cette raison. Tel est le cas du Révérend Robert Rodriguez, Président de la Confraternité des Ministres et Pasteurs Évangéliques, qui a été arrêté après s’être plaint de l’interférence du gouvernement au sein du CIC. À son tour, le pasteur Omar Gude Pérez, a été condamné à six années de prison et à la confiscation de sa maison. Avant l’arrestation, des fonctionnaires du gouvernement ont averti le pasteur et sa famille qu’ils devaient laisser de côté leurs activités religieuses. Le pasteur Bernardo de Quesada Saloman et sa conjointe, Damaris Marin, ont également été arrêtés. Même des personnes consacrées au culte traditionnel santería ont été pressées de s’unir à l’Association Culturelle Yoruba, officiellement reconnue.
Malgré cela, il a été noté que le gouvernement n’avait pas interféré avec les activités d’autres groupes non enregistrés, tels que les Baha’is, l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (mormons) et les juifs. En plus de cela, les Témoins de Jehova et les Adventistes du Septième Jour ont rapporté moins de discrimination dans le travail et moins de persécutions que les années précédentes.
Restrictions à la liberté religieuse
La persécution ne se limite pas aux pasteurs, puisque d’après le rapport de la Commission pour la liberté religieuse, des membres d’autres églises non enregistrées ont été abordés par des fonctionnaires gouvernementaux qui les ont menacés de perdre leurs emplois s’ils n’abandonnaient pas leurs groupements religieux. De fait, d’autres formes de restriction de la liberté religieuse se sont manifestées à travers les difficultés administratives pour obtenir des permis de construire pour de nouveaux lieux de culte ou pour réparer ou agrandir ceux existants. Cela a conduit à la création de « maisons église », maisons appartenant à des particuliers chez qui les groupes effectuent leurs services religieux. Cependant, depuis septembre 2005 la loi exige que les maisons église soient enregistrées et informent de leurs activités. Il n’est pas permis d’effectuer plus de trois réunions hebdomadaires dans ces maisons église, les citoyens étrangers ne peuvent pas y prendre part sans une autorisation du gouvernement et deux maisons églises portant la même dénomination n’ont pas le droit d’être éloignées de moins de deux kilomètres l’une de l’autre. S’il y a la moindre plainte portant sur les réunions qui ont lieu dans ces maisons église, les personnes présentes pourront être arrêtées. C’est pour cette raison que plusieurs maisons église ont été confisquées ou détruites depuis 2005. On rapporte aussi que certaines maisons églises ont été obligées de payer de fortes amendes.
De la même manière, la liberté religieuse est limitée par la règle établie selon laquelle toutes les publications doivent être enregistrées au Ministère de la Culture. Malgré cela, la Conférence Épiscopale s’est refusée à cet enregistrement, en faisant valoir que cela lui ferait perdre le contrôle sur le contenu et le format des textes. L’augmentation de la pression exercée par le gouvernement au travers d’interrogatoires par des agents de l’État ou le blocage de la distribution de fournitures a eu pour conséquence que plusieurs publications ont dû s’interrompre. Il existe une autre manière de contrôler les fournitures, qui consiste en ce que seules certaines entreprises disposent de l’autorisation spécifique pour pouvoir vendre aux églises des ordinateurs, photocopieuses et autres équipements, et seulement au prix officiel, qui est extrêmement élevé. L’État maintient le monopole de la presse, et d’une façon générale l’accès à Internet est interdit aux organisations religieuses.
En novembre 2009, l’archevêque Claudio María Celli, Président du Conseil Pontifical pour les Communications Sociales, a visité Cuba et a demandé au gouvernement de Raúl Castro que l’Église à Cuba ait un accès « normal », et non « sporadique » aux moyens de communication pour pouvoir jouer « pleinement » son rôle.
En ce qui concerne les prisonniers politiques, ils n’ont pas accès à la pratique de leur religion, les visites d’ecclésiastiques partageant leur foi leur sont généralement refusées, les Bibles et les chapelets leur sont confisqués et on leur interdit l’accès aux services religieux avec les autres prisonniers.
Il y a également eu de la discrimination dans le travail à l’égard de personnes de certaines religions : on ne les embauche pas, on leur refuse des promotions ou des augmentations de salaire ou encore on les invite à abandonner leur emploi. L’exclusion touche spécialement les fonctions dans le journalisme, la diplomatie, la police, l’armée et les forces de sécurité. De même, il y a eu des décrochages scolaires de la part d’étudiants Témoins de Jehova ou Adventistes du Septième Jour qui refusaient de prendre part à des activités patriotiques obligatoires le samedi, de saluer le drapeau ou de chanter l’hymne national. Etant donné que les collèges religieux privés sont interdits, ces étudiants n’ont donc pas eu d’alternatives dans le domaine éducatif.
En janvier, les « dames en blanc », qui sont les femmes d’activistes, de journalistes et de figures politiques de l’opposition arrêtés lors du « printemps noir » de 2003, n’ont pas eu la permission d’assister à une messe à laquelle Cristina Kirchner, actuelle présidente de l’Argentine, a tenu à être présente.
Modestes avancées
Toutefois, quelques modestes avancées se sont produites concernant l’Église Catholique à Cuba. En août 2009, trois évêques et deux prêtres américains ont ainsi effectué comme l’année précédente une visite à Cuba pour favoriser les relations entre les deux épiscopats et canaliser l’aide après les ouragans.
Une collecte nationale pour restaurer le sanctuaire de la Vierge de la Charité del Cobre, patronne de l’île, a été permise. Les collectes sont très inhabituelles à Cuba, encore plus si les fonds sont destinés à des édifices religieux.
En septembre, après 50 années, l’interdiction de célébrer des messes dans les prisons de Cuba a été levée. Jusqu’à présent, elles ne pouvaient être célébrées qu’à des occasions spéciales, comme la Semaine Sainte ou Noël. Au contraire, dorénavant l’eucharistie pourra avoir lieu de façon hebdomadaire et régulière dans les prisons de tout le pays. Non seulement cette mesure profitera aux catholiques, mais aussi elle permettra les cultes évangéliques.
Tout comme en 2008, la célébration de la Vierge de la Charité del Cobre s’est déroulée en différents endroits du pays. De plus, un site web spécial pour la célébration a cette fois été créé, administré par l’Archevêché de Santiago de Cuba. Le site est toujours en activité, il compile des documents pontificaux et des récits portant sur la célébration. Ceci est significatif, premièrement parce que l’accès à Internet est assez restreint à Cuba, et deuxièmement parce que la célébration de la Vierge de la Charité del Cobre était interdite jusqu’en 1997. Les groupes religieux doivent avoir une autorisation préalable du parti communiste pour pouvoir effectuer des processions et des événements en dehors des bâtiments religieux, et ces autorisations ne sont soumises à aucune législation, mais seulement à la libre appréciation des fonctionnaires.
Pour la deuxième année consécutive, il a été permis à l’archevêque de La Havane, le Cardinal Jaime Ortega, de diffuser pendant la nuit de Noël un message de Noël par la télévision d’État de Cuba.
Aux alentours de La Havane, un nouveau séminaire est en cours de construction, financé par les Caballeros de Colón (Chevaliers de Colomb), malgré les difficultés qu’implique l’obtention d’un permis de construire pour des bâtiments religieux à Cuba. C’est le premier projet de construction significatif ayant été entrepris par l’Église Catholique en 50 ans.
Grâce à l’intervention de la Conférence Épiscopale, la marche des Dames en blanc a été autorisée en mai 2010, sans qu’il y ait d’incidents ni d’emprisonnement.
Devant ces avancées, le pape Benoît XVI a manifesté en décembre son espoir que « les signes concrets d’ouverture à l’exercice de la liberté religieuse continuent de se multiplier, comme ça a été le cas au cours de ces dernières années ».
