Djibouti

DjiboutiAPPARTENANCE RELIGIEUSE
musulmans : 96,9 %
chrétiens : 1,7 %
autres : 1,4 %

Catholiques : 7000

SUPERFICIE
23 200 km2

POPULATION
879 000 habitants

RÉFUGIÉS
12 111

DÉPLACÉS
-

À Djibouti, l’islam est la religion d’État. Cependant, la Constitution proclame la liberté de professer n’importe quelle religion. Le prosélytisme et la conversion des musulmans sont découragés, mais pas interdits.  
Les groupes religieux sont tenus de se faire enregistrer, et les groupes missionnaires étrangers doivent demander une autorisation au gouvernement local pour ouvrir des écoles.
Le ministre des Affaires islamiques a autorité sur les affaires des musulmans allant de la construction et la gestion des mosquées et des écoles religieuses privées jusqu’aux manifestations religieuses
Des tribunaux spéciaux appliquent la charia aux musulmans sur les questions relatives au mariage, au divorce, aux enfants et aux successions. Les non-musulmans comparaissent devant les tribunaux civils qui appliquent les lois de l’État.
Les mariages civils ne sont autorisés qu’entre ressortissants étrangers non musulmans. L’article 23 de la loi sur la famille interdit aux femmes musulmanes d’épouser un non musulman.
Les chrétiens ont signalé quelques actes d’intolérance contre les non-musulmans.

Le cas De Pretis

En mars 2009, après une audience très courte, le tribunal de Djibouti a condamné le P. Sandro De Pretis, vicaire général du diocèse de Djibouti (à l’époque, ce diocèse comptait en tout trois prêtres pour plus de sept mille fidèles) à trois mois et quatre jours de prison pour « possession de matériel pornographique ». Le 16 avril, le prêtre a été expulsé du pays où il vivait depuis dix-sept ans.
À son retour en Italie, le prêtre a parlé ouvertement des accusations infondées et fallacieuses dont il avait fait l’objet. Il avait été arrêté le 28 octobre 2007 sans aucune accusation, et accusé ensuite de pédophilie. Les chefs d’accusation contre lui ont changé six fois jusqu’à sa condamnation définitive à une peine qui correspond exactement au temps qu’il a passé en prison du 28 octobre 2007 au 21 février 2008 (il a été ensuite assigné à résidence). Les médias ont parlé d’accusations fausses, basées sur des photographies d’enfants nus dont l’un présentait une tumeur sur le bras, chargées dans son ordinateur pour être envoyées à des spécialistes pour avis médical.
Le P. De Pretis a dit qu’il ignore la raison pour laquelle il a été attaqué, mais il croit qu’il a été victime des relations tendues entre le gouvernement local et la France, à l’origine d’une longue campagne dans la presse nationale et d’attaques contre l’Église catholique. Ce petit pays présente une importance stratégique du point de vue militaire pour la France et pour d’autres pays, en raison de sa proximité au Canal de Suez, à la Corne d’Afrique et au Golfe d’Aden, une base utilisée par les pirates somaliens.
L’évêque de Djibouti, Mgr Giorgio Bertin, un franciscain, a toujours pris résolument la défense du P. De Pretis, et pendant sa détention il a parlé d’un procès politique. Maintenant que la page est tournée, il ne veut parler que du travail réalisé à Djibouti. « Notre foi nous invite à partager notre vie de tous les jours avec le peuple, en particulier avec ceux qui sont en difficulté, a déclaré l’évêque » sur Missionline. Ce partage se manifeste notamment par le travail social de Caritas et par l’ouverture d’écoles pour éduquer les jeunes et lutter contre l’illettrisme qui, d’après Mgr Bertin, est à l’origine de la pauvreté et des injustices.


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