APPARTENANCE RELIGIEUSE
chrétiens : 91,8 %
musulmans : 4,2 %
agnostiques : 3,6 %
autres : 0,4 %
Catholiques : 134 000
SUPERFICIE
131 957 km2
POPULATION
11 183 000 habitants
RÉFUGIÉS
1 695
DÉPLACÉS
-
Aspects législatifs
Pendant la période prise en considération, il n’y a pas eu de changement significatif dans la législation qui règle l’exercice de la liberté de religion. La Constitution garantit à tous les citoyens la liberté de pratiquer la religion de leur choix. Mais en même temps, elle établit que la religion officielle est celle de l’Église orthodoxe de Grèce. Du point de vue législatif, il existe trois grandes confessions religieuses, à savoir l’Église orthodoxe de Grèce, le judaïsme et l’islam. Toutes les autres communautés religieuses, y compris les catholiques, les méthodistes et les mormons, sont considérées comme des « religions connues », ce qui signifie qu’elles ont un noyau doctrinal défini et public, des rites et des célébrations ouverts à tous, qu’elles sont sans but lucratif et qu’elles ont une hiérarchie bien définie.
La Constitution et la loi interdisent toute activité missionnaire dans le pays, ce que déplorent les chefs des groupes religieux minoritaires.
Les groupes chrétiens non orthodoxes disent qu’ils rencontrent parfois des obstacles administratifs ou des limitations juridiques à l’exercice de leurs pratiques religieuses. Ils se plaignent en outre d’être traités avec méfiance par les autres citoyens qui les accusent de ne pas être de vrais Grecs à cause de leurs choix religieux.
Du point de vue financier, le gouvernement grec soutient largement l’Église orthodoxe de Grèce, en versant un salaire à son clergé et en assurant l’entretien de ses bâtiments. D’autre part, il verse un salaire et des remboursements de frais aux trois principaux muftis musulmans et à 183 imams de la région de Thrace. Les autres imams de cette région reçoivent une petite allocation. Depuis 2007, le gouvernement étudie un projet visant à étendre ce soutien financier aux grandes figures spirituelles de la communauté musulmane, et depuis mars 2009, il verse un salaire à 240 autres imams.
Les autres groupes religieux ne bénéficient d’aucun soutien financier, ce dont beaucoup de communautés se lamentent, parmi lesquelles la communauté juive qui réclame l’égalité de traitement de ce point de vue.
Ces chefs religieux se plaignent en outre de subir une discrimination au niveau fiscal par rapport au traitement dont bénéficie l’Église orthodoxe de Grèce.
L’Église catholique, par la bouche de Mgr Frangkiskos Papamanolis, évêque de Syros, a demandé l’aide des pouvoirs publics pour mettre fin aux actes de vandalisme perpétrés contre le cimetière de Chania en Crète. Ce cimetière a déjà été profané quatre fois, et l’évêque a demandé aux ministères de la Justice et de l’Intérieur une protection pour l’Église catholique face à la multiplication des attaques dont elle fait l’objet.
D’autres communautés se plaignent des obstacles qu’elles rencontrent dans leurs rapports avec les autorités pour résoudre les questions administratives. De ce point de vue aussi, l’Église orthodoxe de Grèce, dont la hiérarchie entretient des rapports exclusifs et institutionnalisés avec le ministère de l’Éducation et de la Religion jouit d’une situation privilégiée.
Le conflit entre le monastère orthodoxe d’Esphigmenou et le Patriarcat grec orthodoxe n’est toujours pas réglé. Le monastère a cessé de reconnaître l’autorité du Patriarcat en 1972, et de son côté le Patriarcat affirme qu’il a autorité sur le monastère en tant qu’administrateur de la région depuis 1924 sur autorisation du chapitre du Mont Athos.
Après diverses controverses judiciaires, l’autorité du Patriarcat sur les activités du monastère a été reconnue. Le Patriarcat a demandé l’éviction des moines, mais actuellement ceux-ci occupent toujours les lieux, même s’ils n’ont plus accès ni aux comptes en banque, ni autres biens du monastère.
Les confessions minoritaires se plaignent de l’attitude discriminatoire de l’Église orthodoxe de Grèce à leur égard. Elles disent que certains évêques orthodoxes ont recommandé à leurs fidèles de n’entretenir aucun rapport avec les membres des groupes religieux minoritaires et qu’ils ont dénoncé à la police les missionnaires des autres confessions religieuses pour prosélytisme.
L’Église orthodoxe de Grèce publie sur son site Internet officiel la liste de 74 organisations et pratiques religieuses qu’elle considère comme sacrilèges.
Cependant, sur le plan privé, les rapports entre la hiérarchie orthodoxe et les chefs religieux des autres confessions religieuses ont connu une amélioration, aux dires de diverses organisations.
Le 15 novembre 2009, l’Osservatore Romano a publié une déclaration de Hieronymus II, Archevêque d’Athènes et Primat de l’Église orthodoxe autocéphale de Grèce, sur l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme, qui dit que la présence des crucifix dans les écoles est contraire au droit des parents d’éduquer leurs enfants selon leurs convictions, et au droit des élèves à la liberté de pensée et de religion.
Craignant que ce jugement ne puisse constituer un précédent pour la situation en Grèce, l’archevêque a appelé les catholiques à faire front commun contre cette décision. L’évêque orthodoxe de Thessalonique, Anthimos, a souhaité que le gouvernement grec fasse appel contre toutes les sentences de ce genre.
Islam
Les musulmans de la ville d’Athènes qui, par leur composition démographique, se distinguent de la minorité thrace officiellement reconnue étant en majorité des immigrés des régions d’Asie centrale, Asie de l’Est et Asie du Sud, ont déploré, par la voix de leurs chefs religieux, qu’il n’existe toujours pas de mosquée officielle, ni de cimetière musulman. Il y a neuf ans, le projet de construction d’une mosquée officielle dans le quartier central de Votanikos à Athènes avait été approuvé. Elle devait être construite sur des terrains occupés par le ministère de la Défense, sur lesquels s’élèvent actuellement les bâtiments de la Marine nationale.
La construction de cette mosquée n’a toujours pas commencé. En mai 2009, en réponse à une interrogation parlementaire, le ministre de la Défense a déclaré qu’il n’était pas possible de procéder à l’évacuation du terrain choisi pour y construire la mosquée parce que les opérations de démolition des bâtiments existants coûteraient 91,25 millions d’euros, et que le ministère n’était pas en mesure d’allouer ces fonds.
En mai 2009, plusieurs ministres, toujours en réponse à une interrogation parlementaire, ont fourni des explications contradictoires au sujet de l’absence d’un cimetière musulman à Athènes. Le problème vient du fait que le règlement des cimetières municipaux prévoit l’exhumation des corps après trois ans, une disposition contraire à la loi coranique. En 2005, l’Église orthodoxe de Grèce avait proposé de mettre à la disposition des musulmans un terrain de trois hectares pour en faire un cimetière, mais dans ce cas aussi, les travaux n’ont toujours pas commencé.
D’après les rapports des ministres, le problème est avant tout de trouver un lieu approprié.
Judaïsme
Durant la période prise en examen, on a constaté une nette augmentation des incidents antisémites, surtout à la suite de l’intervention militaire israélienne de décembre 2008 à Gaza.
Ainsi, le cimetière juif de Ioannina a été la cible d’actes de vandalisme en janvier, mars et juin 2009. Les juifs se plaignent aussi de l’état d’abandon où se trouvent en général les cimetières juifs du pays, alors que la loi dit qu’ils doivent être entretenus convenablement.
Par ailleurs, la communauté juive a signalé des passages de la liturgie de la Semaine Sainte du rite grec orthodoxe qu’elle considère comme antisémites, en précisant qu’un dialogue est actuellement en cours en vue de la suppression de ces passages.
La controverse entre l’État et la communauté juive sur la restitution du cimetière juif de Thessalonique n’est toujours pas résolue. Sur le terrain de cet ancien cimetière, exproprié en 1944, s’élève aujourd’hui l’Université publique Aristote. Le ministre des Finances a mis en place un comité d’experts, qui s’est réuni une nouvelle fois début mars pour tenter de résoudre cette question. Fin mars ou début avril, le ministre plénipotentiaire du Département d’État muni de pouvoirs spéciaux pour les questions touchant à l’Holocauste a rencontré les ministres des Finances et des Affaires étrangères pour tenter de trouver une solution à ce problème.
