Iran :

D’un point de vue politico-religieux, en Iran l’islam shiite s’identifie à l’organisation de l’Etat.

Comme il est spécifié dans l’article 4 de la Constitution, toute loi ou arrêté, qu’elle soit civile, pénale, financière, économique, administrative, culturelle, militaire, politique…  doit être basée sur des critères musulmans. Ce principe s’applique de manière absolue et généralement à tous les articles de la Constitution, mais aussi à tous les autres lois et arrêtés, et les fuqaha’ (théologiens experts en jurisprudence islamique), qui composent le conseil de Vigilance, sont juges en la matière.

Dans l’article 13, l’Etat reconnaît officiellement trois des minorités religieuses présentes dans le pays : les chrétiens, les juifs et les zoroastriens.

La Constitution garantit à ces communautés reconnues le statut de « minorité protégée », leur permettant la liberté de culte, des écoles autonomes, des journaux et un droit de représentation au parlement.

La conversion à des religions autres que l’islam est hostile, bien que la Loi civile n’englobe pas le crime d’apostasie.

Le cas internationalement répandu, impliquant le ministre protestant Youcef Nadarkhani, s’est terminé positivement : il a été acquitté d’avoir apostasié et a été relâché[1].

Un membre de la communauté protestante connue sous le nom d’« Eglise d’Iran », Nadarkhani, a été arrêté le 13 octobre 2009 dans la ville de Rasht, alors qu’il essayait d’enregistrer légalement sa communauté. Initialement, il fut accusé de protestation, mais les charges contre lui se sont transformées en prosélytisme auprès des musulmans.

Le 30 septembre 2001, la Cour de Rasht a confirmé la sentence de mort, mais en mars 2012, à la Commission des Nations Unies pour les Droits de l’Homme à Genève, le représentant de l’Iran, Mohammad Javad Larijani, a refusé d’admettre que la sentence à l’encontre de Nadarkhani puisse être exécutée.

Ces 33 dernières années, a-t-il dit, après la révolution islamique, personne n’a été condamné à mort ou persécuté pour avoir changé de religion ou pour avoir abandonné l’islam[2].

La communauté internationale bahi’a a continué à rendre compte de cas d’arrestation de membres de la communauté, mais les autorités refusent toute motivation religieuse, attribuant les cas signalés aux politiques liées à des activités impliquant des complots contre la sécurité nationale[3].

Aucun rapport mentionnant des changements significatifs de la législation en matière de liberté religieuse n’a été notifié durant la période couverte par ce rapport.



[1] AsiaNews, 08/09/2012

[2] The Huffington Post, 14/03/2012

[3] Baha’i World News Service, 22 et 25/05/2011; 27/07/2011


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