Irlande

IrlandeAPPARTENANCE RELIGIEUSE
Chrétiens : 94,2 %
Agnostiques : 4,8 %
Autres : 1,0 %

Catholiques : 4 134 000

SUPERFICIE
84 405 km2

POPULATION
4 589 000 habitants

RÉFUGIÉS
9 571

DÉPLACÉS
-


La Constitution irlandaise prévoit la liberté religieuse, et il y a par ailleurs des lois et politiques qui contribuent à la pratique généralement libre de la religion. La Constitution interdit la promotion d’un groupe religieux au détriment d’un autre ainsi que la discrimination basée sur la religion ou la croyance ; le gouvernement ne restreint l’enseignement ou la pratique d’aucune religion. Il n’y a pas de religion d’État.
L’article 44, intitulé « religion », reconnaît que « l’hommage du culte public est dû à Dieu tout-puissant dont le nom sera vénéré en respectant et en honorant la religion ». Ceci est suivi de garanties pour « la liberté de conscience et la liberté de professer et pratiquer sa propre religion », à condition que soient respectés l’ordre public et la morale. Toutes les confessions religieuses ont le droit de gérer leurs propres affaires et leurs biens, de procéder à des acquisitions et de tenir des institutions éducatives et charitables. Le texte ne fait mention d’aucune religion d’État, et la promotion d’une religion plutôt que des autres est interdite, de même que la discrimination sur des fondements religieux dans les écoles.

Éducation religieuse dans les écoles :

Le gouvernement permet, mais n’impose pas, l’instruction religieuse dans les écoles publiques. La plupart des écoles primaires et secondaires sont confessionnelles, et leurs conseils d’administration sont en partie dirigés par les mandataires de l’Église catholique ou, dans des cas peu nombreux, de l’Église d’Irlande ou d’autres confessions religieuses. En vertu de la Constitution, le Ministère de l’Éducation Nationale doit fournir le même financement aux écoles des différentes confessions religieuses, y compris aux écoles islamiques et juives. Bien que l’instruction religieuse fasse partie intégrante du programme d’études de la plupart des écoles, les parents ont le droit d’exempter leurs enfants de cette instruction. La loi de 1998 sur l’enseignement dispose qu’il y ait approximativement 2 heures d’instruction religieuse par semaine. La Loi dispose que chaque école irlandaise soit centrée sur le bien-être moral et spirituel de chaque élève.
En 2003, la Haute Autorité pour l’Égalité a déclaré que les écoles liées à une confession avaient légalement le droit de refuser d’admettre un élève qui ne faisait pas partie de ce groupe religieux si l’école pouvait prouver que son refus était essentiel au maintient de « l’éthique » de l’école (par exemple, trop de catholiques dans une école musulmane pourraient empêcher l’école d’avoir une « éthique musulmane »). Cependant, on n’a rapporté aucun cas d’enfant dont l’admission aurait été refusée par une école pour cette raison. De par la loi, une école confessionnelle a le droit de choisir son personnel sur la base de ses croyances religieuses.

Quelques tensions :

Islam : Bien que les relations entre les institutions et les communautés immigrées soient basées sur le respect et l’égalité des droits, le nombre croissant de demandes présentées par des organismes islamiques a conduit à des problèmes dans l’interprétation de la loi. Les hommes souhaitant obtenir la citoyenneté doivent jurer qu’ils n’épouseront pas plus d’une femme, et ce afin d’éviter la propagation de la polygamie, interdite par la loi pénale irlandaise mais autorisée par la loi coranique.

Sikhs : Au forum annuel de consultation de Garda, le 20 novembre 2009, le Docteur Jasbir Singh Puri, un membre éminent de la communauté sikhe, forte de 2500 membres en Irlande, a dit que les restrictions portant sur les membres utilisant le turban affectaient non seulement les Sikhs naturalisés provenant d’autres pays, mais aussi les enfants sikhs nés en Irlande. Le commissaire adjoint N. Rice a indiqué que l’expérience d’autres pays avait été prise en compte quand il a été décidé de ne pas autoriser les vêtements religieux, et dit « je ne peux vous faire aucune confidence à propos d’un changement à très court terme. »
Le 12 mars 2009, le journal Metro Eireann a signalé que certains restaurants avaient refusé d’employer des Sikhs barbus. Il a également cité le cas d’un étudiant sikh adolescent qui avait été invité à se raser la barbe. Le journal n’a pas publié d’autres détails.

Laïcisme : Le 26 février 2007, à l’inauguration du « Dialogue organisé avec les Églises, les Communautés religieuses et les Institutions non confessionnelles », le premier ministre Bertie Ahern s’est exprimé contre le laïcisme agressif qui ignore l’importance de la dimension religieuse et souhaite confiner la religion dans la sphère privée. Il a dit qu’il croyait que « si l’on retirait à l’Irlande moderne son fond de croyances religieuses, notre culture et notre société s’en trouveraient séparées de leurs racines profondes et de l’une des sources les plus fécondes pour leur croissance et leur orientation pour l’avenir ». Dans un discours tenu le 11 mai 2010, Mgr Diarmuid Martin, archevêque de Dublin, a dit : « A l’avenir, l’Église catholique en Irlande va devoir trouver sa place dans une culture très différente, beaucoup plus sécularisée, et parfois même dans une culture hostile. L’Église catholique doit réexaminer le rôle dominant qu’elle a assumé dans la société irlandaise, en même temps sans renoncer à son rôle prophétique dans la société et dans la formation des consciences par l’ouverture à l’enseignement de Jésus-Christ ».


Certaines pressions sur la liberté religieuse :

Société : la société consumériste moderne dénigre et raille la culture de l’Église. Il y a un détournement de l’imagination religieuse des gens, et les modes de vie religieux sont en train d’être remplacés par un sécularisme doux et pernicieux et un individualisme matérialiste qui permettent au fonctionnement de la société de consommation d’apparaître comme normal, inexorable et juste. Au sein du « tigre celtique », beaucoup de gens ont adopté et célébré le consumérisme, le matérialisme et l’avidité. Ceci s’est fait au prix d’une considérable diminution des traditions irlandaises de la famille élargie, de la communauté, de l’accueil de l’étranger et de l’attention portée aux malades et aux personnes âgées.
Il y a des exemples anecdotiques de discussions / polémiques autour de l’utilisation des symboles religieux dans les lieux publics – par exemple retrait des crucifix des écoles et des salles d’hôpital ; disparition des crèches et des statues des lieux publics.

Loi sur la radiodiffusion de 2009 :
Cette loi continue d’interdire en Irlande la radiodiffusion de la publicité ayant un but religieux quel qu’il soit.
Le rédacteur du journal catholique irlandais Garry O’Sullivan a signalé que plusieurs annonces publicitaires pour le Irish Catholic avaient été interdites par des stations de radio.
Veritas, une centrale de vente administrée par les évêques catholiques, a pour l’essentiel été empêchée par la Commission de radiodiffusion d’Irlande (BCI) de diffuser une annonce publicitaire sur RTÉ Radio, en novembre 2009, qui devait permettre au magasin d’annoncer sa présence sur le marché de Noël pour y vendre ses produits.
Les organisations religieuses ont accueilli favorablement l’annonce faite par le Ministre des communications, Eamon Ryan, selon laquelle il prévoyait d’assouplir les restrictions à la publicité religieuse à la télévision et à la radio.

Le texte sur la diffamation est devenu la loi du 23 juillet 2009 :

Ce texte définit quelque chose de « blasphématoire » comme étant quelque chose « qui est excessivement diffamatoire ou insultant à l’égard de questions considérées comme sacrées par une religion quelle qu’elle soit, causant de ce fait un outrage à un nombre substantiel d’adeptes de cette religion » si « l’intention de la publication de la chose concernée est de causer un tel outrage ». Certains considèrent cette loi comme étant contraire au principe d’égalité devant la loi, que l’on trouve à l’article 40.1 de la Constitution irlandaise, et au principe de liberté de conscience et de religion, que l’on trouve aux articles 44.2 et 44.2.3 de la Constitution irlandaise, qui proclame que l’État n’imposera aucune restriction ou ne fera aucune discrimination en vertu de la confession, de la croyance ou du statut religieux. Le gouvernement envisage maintenant de procéder à un référendum sur la question.

Le projet de loi de Pacte civil n° 44, 2009

Le projet de loi a été initié le 24 juin 2009. Certains considèrent que dans la structure de ce projet de loi, le gouvernement n’a pas respecté de façon adéquate la liberté de conscience et de religion. Ce projet de loi continuera d’être discuté au sein de la société irlandaise au cours de l’année à venir.

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