Kazakhstan :

 

Législation

Après la chute de l’Union soviétique, le Kazakhstan, mené depuis 1989 par le président Nusultan Nazarbaiev, dont la nomination a été confirmée lors de l’élection d’avril 2011 par une majorité de 95 %, a été considéré par beaucoup comme un exemple à suivre à cause des ses progrès sur le chemin de la démocratie et pour le niveau atteint dans le respect des droits humains et du pluralisme religieux[1].

Récemment, le gouvernement a cependant développé son désir de renforcer le contrôle de l’Etat sur toutes les activités religieuses[2]. Une étape supplémentaire dans cette direction a consisté à approuver deux nouvelles lois comprenant de sévères restrictions juridiques envers la liberté religieuse. Passées le 13 octobre 2011 et respectant les souhaits du président, ces lois ont pour but de nationaliser les communautés religieuses suivant le modèle de contrôle appliqué par le gouvernement chinois. Seules l’Eglise orthodoxe russe et la communauté musulmane kazakhe, considérées comme entités de la tradition du pays, sont exonérées de ces restrictions. Afin de survivre au niveau national et éviter des sanctions, d’autres communautés religieuses doivent maintenant prouver qu’elles ont au moins 5000 membres.

Le missionnaire italien et professeur d’université, père Edoardo Canetta, qui a enseigné au Kazakhstan pendant 11 ans, a dit : « Les nouvelles lois concernant l’enregistrement et le contrôle des communautés religieuses font courir à l’Eglise catholique du Kazakhstan le risque qu’on exige aussi des visas pour les chefs religieux étrangers. Près de 50 % des prêtres et évêques catholiques viennent d’autres pays » [3].

L’application des nouvelles lois sur la liberté religieuse a eu pour résultat la disparition de 579 communautés protestantes, sectes musulmanes et communautés de croyants de moins de 50 membres.

D’après Kairat Lama Sharif, responsable des affaires religieuses, le nombre des groupes religieux a chuté de 13 % depuis que les mesures sont entrées en vigueur le 21 octobre. Beaucoup de communautés protestantes, parmi lesquelles les chrétiens baptistes, les Adventistes du 7e jour, vont maintenant être obligés de remplir leur fonctions dans des maisons privées et sous la stricte surveillance des autorités.  Le gouvernement kazakh a envoyé une lettre à toutes les communautés les invitant à se plier aux nouvelles règles ou à cesser instamment leurs activités. Les autorités ont donné un an aux communautés pour prouver qu’elles ont le nombre requis de membres pour être enregistrées. Cependant, durant cette période, aucune communauté de moins de 50 membres ne sera autorisée à remplir des fonctions publiques, même s’il en était ainsi avec la loi précédente[4].

Situation générale

La situation générale se caractérise principalement par les trois éléments suivants :

-  Une augmentation du nombre de communautés musulmanes qui n’appartiennent pas à l’Association Spirituelle des Musulmans du Kazakhstan (SAMK), dont la plupart reçoivent des fonds de l’étranger et dont les membres appartiennent à des groupes plus faibles et les plus marginaux de la société kazakhe, tout en attirant également les jeunes intellectuels de la classe moyenne. ;

-  La division des musulmans sur la base de groupes ethniques due à la kazakhisation imposée par les chefs religieux de la SAMK, afin de contrebalancer le manque d’autorité du groupe ethnique kazakh aux yeux des autres (Ouighours, Ouzbeks, Tartares…) ;

- L’activisme de ceux appelés « groupes religieux non-traditionnels », petites communautés rassemblées autour d’un « professeur » et leur tentative à pénétrer les institutions de l’Etat.

Dans une interview au « Kazakhstanskaja Pravda », le président de l’Agences des Affaires Religieuses (RAA), K. Lama Sharif, a dit que la menace extrémiste dans le pays n’est pas seulement théorique et pour s’y opposer, il est nécessaire que toute la société concentre ses efforts. L’idée consistant à développer l’islam modéré est considéré comme la seule alternative aux diverses idéologies radicales. Dans ce contexte, meetings et cours sur la prévention du terrorisme et de l’extrémisme ont été tenus à travers le pays. Les représentants du SAMK croient que la meilleure garantie pour répandre l’islam modéré est de s’assurer que toutes les mosquées montrent de la soumission à une autorité centrale. L’année dernière, le projet d’enregistrer toutes les mosquées de toutes les régions comme branche de la SAMK a continué. Il faut garder en tête que toute mosquée enregistrée devient la propriété de la SAMK[5].

Diverses organisations ont rapporté qu’il y a eu des violations de la liberté religieuse au Kazakhstan dues à ces mesures prises pour prévenir et combattre le terrorisme et l’extrémisme religieux, tout comme la création de la RAA et l’application de son plan pour répandre l’islam modéré, basé sur le principe « une nation – une religion »[6].



[1] U.S. Department of State – International Religious Freedom Report for 2011

[2] http://www.forum18.org/Archive.php?article_id=1624

[3] AsiaNews,18/10/2011

[4] AsiaNews, 23/02/2012

[5] Institute for Political Solutions www.ipr.kz/analytics, drafted by O. Kuzmina and M. Saldyrbaeva

[6] AsiaNews, 29/07/2011

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